Simin Palay

Simin Palay, de son vrai nom Maximin Palay, est un auteur prolifique. Il aborde tous les genres littéraires : poésies, romans, théâtre, lexicographie, chroniques, livre de cuisine. Il reste cependant relativement méconnu.

Une enfance bercée par l’écriture et par le gascon

Simin Palay en 1909
Simin Palay en 1909 (35 ans)

Simin Palay (1874-1965) nait à Castèida (Castéide-Doat), petit village béarnais à quelques kilomètres de Vic de Bigòrra (Vic en Bigorre).

Son père Yan fréquente l’école jusqu’à 12 ans, puis devient tailleur d’habits et agriculteur. Tout d’abord, il écrit des chants patriotiques et des pastourelles en français avant de se tourner vers le gascon, sa langue maternelle. Ses 22 contes en vers gascons parus en 1907, les Coundes biarnés / Condes biarnès / Contes béarnais, sont un succès.

Déjà, le grand-père de Simin Palay écrit des poèmes en français et en gascon. Malheureusement, aucun ne nous est parvenu, sans doute perdus dans les nombreux déménagements de la famille.

En 1888, la famille Palay s’installe à Vic en Bigorre où le père tient une boutique de tailleur. L’atelier devient rapidement le centre de rencontre des intellectuels et des artistes locaux. Parmi eux, on citera Norbert Rosapelly, Xavier de Cardaillac, le poète Cyprien Dulor, le sculpteur Edmond Desca, le peintre Lestrade, etc.

Lous coundes lous mey beroys de Yan Palay (edition de 1948)
Lous coundes lous mey beroys, Yan Palay, édition de 1948

À leur contact, Simin Palay découvre les grands poètes du moment. Il dira : Magnifique époque, en vérité, que celle où l’on pouvait lire chaque jour des œuvres nouvelles de Verlaine, de Mallarmé, de José-Maria de Heredia.

Et lui-même, malgré son jeune âge, écrit des poèmes en français. Bien sûr, il connait les œuvres en occitan des poètes ouvriers que lit son père comme Jasmin, Reboul ou Théodore Blanc. Mais c’est à l’âge de 16 ans qu’il découvre vraiment la littérature d’oc et fait la rencontre de Miquèu de Camelat, le fils du cordonnier d’Arrens (Arrens-Marsous). De cette rencontre naitra une longue amitié.

La Félibrée de Tarbes de 1890

Miqueu de Camelat
Miqueu de Camelat

Les Cigaliers de Paris, une association félibréenne, sont en voyage dans le sud-ouest. Simin Palay dira : ce magnifique pèlerinage en Gascogne d’où ressortirait le renouveau littéraire qui a fait jaillir en Languedoc et en Gascogne une foule de talents voués probablement à la nuit totale si l’occasion ne leur eût été donnée, alors, de se découvrir eux-mêmes. Rappelons que le félibrige est un mouvement de défense et de promotion des langues régionales.

En aout, les Cigaliers sont à Tarbes où une Félibrée est organisée. Yan Palay est primé pour le conte Lou curè dé Cérou è casaüsus / Lo curè de Seron e Casausus / Le curé de Séron et Casausus. Miquèu Camelat est aussi primé pour son poème En Grounh tiré d’une légende du val d’Azun.

Pour Simin Palay qui a tout juste 16 ans, c’est une révélation. Il dit : Je fis à cette occasion la connaissance – spirituelle – des grands félibres dont j’ignorais jusque-là les noms et les œuvres : Mireille, La Miugrano entreduberto, Lous cants dou soulel, etc. De plus, la prestation de Miquèu de Camelat l’impressionne. L’année suivante, Simin Palay passe à Arrens. Il rencontre Camelat. Que’s pot dise qu’aquet die lo yermi de l’Escole Gastoû Febus qu’ère semiat. / Que’s pòt díser qu’aqueth dia lo germi de l’Escòla Gaston Febus qu’era semiat. / On peut dire que ce jour-là le germe de l’Escòla Gaston Febus était semé.

Simin Palay et Miquèu de Camelat, fondateurs du Félibrige gascon

1er numéro de Reclams (février 1897) - Auteurs : Isidore Salle, Camélat Yan Palay, Simin Palay, J-V Lalanne, etc.
Reclams de Biarn e Gascounhe n° 1 de février 1897, auteurs : I. Salle, M. Camélat,  Yan Palay, Simin Palay, J-V. Lalanne, etc.

En 1893, parait l’Armanac patouès dé la Bigorro qui reçoit un excellent accueil. L’année suivante, il prend le titre d’Armanac Gascou – Bigorre – Béarn –  Armagnac – Lanes. En même temps, ils lancent un concours littéraire dont le succès a surpris même ses auteurs !

Simin Palay et Miquèu de Camelat veulent fonder un groupement félibréen. C’est chose faite en 1895. Mais Simin Palay ne figure pas parmi les sept signataires car il fait son service militaire et ne peut être membre d’une assosication. L’année suivante, le groupement devient l’Escole Gastoû Fébus. Puis, le 1er février 1897, parait le premier numéro de la revue Reclams de Biarn e Gascougne. Elle existe encore aujourd’hui sous le titre de Reclams. Et c’est la plus ancienne revue littéraire.

Pourtant, tous les poètes gascons n’adhèrent pas. Certaines personnes réfrènent même l’enthousiasme des fondateurs. Pour eux, la revue fait une part trop belle au français. Et ses abonnés sont surtout des notables. Tout cela va conduire à une crise interne en 1909.

La naissance de La Bouts de la Terre

Simin Palay, qui réside à Gélos depuis 1902, fonde, avec Miquèu de Camelat, le journal La Bouts de la Terre (….) qui s’adresse à toute la population. C’est le journalét qui clame dus cops per més / jornalet qui clama dus còps per mes / le petit journal qui parait deux fois par mois. Très vite, les jeunes auteurs gascons rejoignent le journal. Le dernier numéro parait le 1er septembre 1914 et ne sera pas relancé après l’Armistice. Pour autant, Simin Palay n’a pas coupé les ponts avec la revue Reclams dans laquelle il écrit encore quelques articles.

i 1914- un des derniers numéros
La Bouts de la Terre de mai 1914, une des dernières parutions

Puis, Simin Palay est élu Majoral en 1920 (un des 50 qui composent le consistoire, gardien de la philosophie du mouvement). Dès lors, il participera activement au Félibrige. Peu après, en 1923, il devient Capdau de l’Escole Gastoû Fébus (président) et le reste jusqu’à sa mort en 1965. Son ami Miquèu de Camélat en sera le Secrétaire jusqu’en 1962.

Simin Palay, 75 ans d’écriture

Revue régionaliste des Pyrénées Mars-Avril 1919, en V, article de S. Palay : « Le paysan béarnais »

Simin Palay est un grand chroniqueur en gascon. La majorité de ses articles et chroniques paraissent dans la revue Reclams et dans le journal La Bouts de la Terre.

Il écrit aussi régulièrement dans des journaux en français qui laissent une place au gascon comme Le Patriote des Pyrénées de Pau. C’est d’ailleurs pour devenir collaborateur de ce journal quotidien que Simin Palay quitte Vic en Bigorre en 1902.

Il écrit encore, en français cette fois-ci, dans La revue régionaliste des Pyrénées dont il est l’un des fondateurs en 1917. Naturellement, il y publie aussi quelques poèmes en gascon.

 

 

 

La cuisine du pays de Simin Palay
La cuisine du pays, Simin Palay

En 1921, Simin Palay publie un livre qui sera le plus connu de ses ouvrages : La cuisine du pays. Il contient 600 recettes et tout un tas de proverbes béarnais. Ce best seller connaitra plus de 11 rééditions et continue à être édité par les Editions Marrimpoey

Enfin, comme de nombreux Félibres, Simin Palay publie ses mémoires en 1961 dans Petite Bite e bite bitante et Memori e Raconte. Volontairement, il se limite à la période de sa jeunesse, de 1874 à 1888. Outre ses souvenirs personnels, il décrit la société paysanne de son village de Castèida. Ainsi, c’est un témoignage incomparable de la vie rurale à cette époque.

Le poète et le dramaturge

Simin Palay - "Praube Caddetou"
Praube Caddetou, Simin Palay

Simin Palay est un poète assez méconnu. Pourtant, il publie plusieurs recueils, notamment : Bercets dé Youénèsse è Coundes enta rise / Versets de jeunesse et contes pour rire en 1899, Sounets e Quatourzis / Sonnets et Quatorzains en 1902, Las Pregàries e las Gràcies / Les Prières et les Grâces en 1926. En 1909, il publie même un poème épique de 828 vers sur la guerre des Albigeois, primé aux Jeux Floraux de Toulouse.

Simin Palay est aussi l’auteur de 80 pièces de théâtre. La plus célèbre est Lou Franchiman / Le Français publiée en 1896 qui fera plus de 1 000 représentations jusqu’en 1944. La Peleye dous Arrasims / La dispute des Raisins, publiée en 1901, est une pièce pour les jeunes, jouée par des jeunes. Pansard e Lamagrere sort en 1919, Caddetoû en 1922, Lou marcat de la Trouje / Le marché de la Truie en 1927, Lou terrible medeci / Le terrible médecin en 1934, Lou Biadje de Cauterés / Lo voyage de Cauterets en 1949, …

L’œuvre majeure de Simin Palay, le Dictionnaire

Le Dictionnaire du Béarnais et du Gascon modernes - Edicions Reclams 2020
Le Dictionnaire du Béarnais et du Gascon modernes, Simin Palay,  Edicions Reclams 2020

Le Dictionnaire du Béarnais et du Gascon modernes est l’œuvre majeure de Simin Palay. 

En fait, dès 1887, Vastin Lespy publie un dictionnaire de béarnais ancien et moderne. Cénac-Montaut en fait autant pour le Gers. Puis Fernand Sarran toujours pour le Gers. Le dictionnaire de Sarran ne sera pas publié à cause du décès de l’auteur mais sera utilisé pour enrichir le « Palay ». Moureau pour le pays de Buch. Des lexiques des Landes, du val d’Azun ou du Médoc paraissent également. Aucun ouvrage ne regroupe les parlers de la Gascogne.

Si l’Escòla Gaston Febus a l’idée de ce dictionnaire, la réalisation est difficile. Elle met en place une commission du dictionnaire dès 1902, mais, faute de méthode et de direction, il n’avance pas. Finalement, c’est Simin Palay qui le dirigera et permettra sa réalisation trente ans plus tard.

Ainsi, l’Escòla Gaston Febus le publie en 1932 (tome 1) et 1934 (tome 2), puis le CNRS en 1961, 1974, 1980 et 1992. Enfin, de nouveau l’Escòla Gaston Febus – Edicions Reclams le publie en 2020 avec l’aide de Lo Congrès permanent de la lenga occitana. C’est sans conteste l’ouvrage le plus connu et le plus utilisé par les étudiants, les enseignants et les chercheurs.

Ce qu’en a dit le poète Tristan Derème

Tristan Derème (1889-1941)

C’est une mine, et n’est-ce pas un divertissement charmant que de feuilleter de la sorte une collection de mots qui ne sont point pareils à des papillons morts sous une vitrine, mais au contraire, qui demeurent bien vivants et battent des ailes, dès que nous nous prenons à les considérer. Ils volent de-ci, de-là, et si nous nous abandonnons à les suivre, nous pénétrons avec eux en une province aux belles montagnes blanches et bleues et dont les torrents chantent sous les noisetiers, cependant que nous entendons sonner non pas un langage méprisable, mais une langue, sœur de la nôtre.

Les Français ont leur Larousse, les Gascons ont leur Palay !

Serge Clos-Versaille

écrit en orthographe nouvelle

Références

Simin Palay (1874-1965) par Jean-Pierre BIRABENT, coédition du Cercle Occitan de Tarba et des éditions du Val d’Adour, 2010.
Ensag de bibliografia de las obras editadas de Simin Palay, Reclams,  François Pic, 2004.
Bibliothèque de l’Escòla Gaston Febus
Le dictionnaire de Palay enfin réédité, Escòla Gaston Febus, 2019
La bouts de la tèrre – Une tentative de presse régionaliste en Béarn au début du siècle, David Grosclaude, Editions Per Noste.
La Bouts de la terre d’Armagnac Biarn, Bigorre e Lanes, Bibliothèque Escòla Gaston Febus (collection avec quelques lacunes).




Bons plans de l’été : lieux et livres

Au commencement des vacances d’été, l’Escòla Gaston Febus vous propose quelques bons plans. Mission de l’association oblige, nous restons dans les livres et vous recommandons quelques coins de Gascogne pour découvrir des lieux de vie d’écrivains gascons.

À l’ombre d’un marronnier ou d’un pin, quoi de mieux que des bons livres ? Un livre court, des nouvelles, des articles littéraires, un bon roman d’amour et de soleil. Ou bien encore, pour les jours de pluie, un roman classique dont il faut laisser résonner la musique de la langue dans sa tête et son cœur…

Reclams et les livresEn tous cas, la littérature gasconne est bien assez fournie pour que chacun y trouve plaisir. Reclams edicions nous incite à plonger dans cette richesse en mettant cet été des œuvres incontournables – gasconnes ou bilingues –  à notre disposition, et ce, à moitié prix. Belle occasion, n’est-ce pas, d’explorer la littérature gasconne?

Comminges

Lieux et livres - Cazères sur Garonne (31)
Cazères sur Garonne (31)

Si vous allez dans le Comminges ou le Couserans, c’est l’occasion de passer par Casèras (Cazères sur Garonne), grosse bastide de 4800 habitants, où Pierre Bec vécut enfant. Lors de la croisade des Albigeois, à l’hiver 1218, Amaury de Montfort attaqua Cazères et son château. Victorieux, il brûla château et village et tua tous les habitants. Cazères sera rebâtie en 1282 par Eustache de Beaumarchais, pour en faire une bastide.

En bordure de Garonne, vous pourrez flâner dans le jardin des senteurs, le jardin des fruits, ou le jardin des sensations et vous asseoir au bord de l’eau pour lire quelques livres du grand linguiste et grand romaniste Pierre Bec. Quelques nouvelles dramatiques ou fantastiques pourraient peut-être vous séduire : Entà créser au món, ou Racontes d’ua mòrt tranquilla, le tout dans un gascon très abordable.

Bigorre

Dans les Pyrénées, nous proposons un arrêt en Bigorre. Vous aurez en poche Blind date de Jean-Louis Lavit, superbe roman d’amour tragique, dans un gascon qui coule vif comme une Neste.

Le château de Mauvezin (Hautes-Pyrénées) et sa bibliothèque de livres gascons
Le château de Mauvezin (Hautes-Pyrénées)

Et vous visiterez peut-être le château de Mauvezin (65). Ce château a une fort belle histoire. Ayant vu le jour au XIe siècle sur une motte cadastrale, il fut d’abord un casterar, une tour en bois de 3 m. de haut entouré d’une palissade. Gaston Febus le récupère en 1379 et ordonne à son architecte Sicard de Lordat d’en faire un beau et fort château (lire l’article sur l’histoire du château). Puis, après bien des péripéties, des vaillances et des oublis, le château devient bien national à la Révolution et il ne reste plus que des ruines à la fin du XIXe siècle.

C’est là qu’Albin Bibal, membre de l’Escòla Gaston Febus, l’achète et le donne à l’association. Des passionnés se retroussent les manches pour nous offrir, aujourd’hui, après 20 ans de travaux, un château dominant les vallées de toute sa splendeur retrouvée. À l’intérieur, outre les évocations du Moyen-Âge ou des guerres de religion, vous verrez aussi des portraits ou des bustes des grands écrivains gascons qui marquèrent l’Escòla à ses débuts. Et vous verrez les quelques 2500 livres que l’Escòla a conservés et conserve encore dans sa bibliothèque.

Béarn

Vue des Pyrénées depuis le square Aragon à Pau

Peut-être vous arrêterez-vous à Pau, capitale du Béarn depuis 1450, pour visiter le château où naquit notre bon roi Henri IV ? Grand lieu de villégiature depuis 1850, fort d’une grosse colonie anglaise. Là, tout en admirant le pic du Midi d’Ossau, vous découvrirez quelques livres d’auteurs béarnais. Vous pourrez vivre l’histoire de cet enfant pris dans la tourmente de la guerre d’Algérie et obligé de rejoindre, dans le Béarn, une famille qu’il ne connait pas vraiment. Il s’agit du roman dont le succès ne se démentit pas, L’òra de partir de Serge Javaloyès. Vous avez moins de temps ? Isabèu de la Valea, recueil de nouvelles dramatiques, drôles ou fantastiques du linguiste et écrivain Eric Gonzalès vous satisfera.

Pas envie de tout lire en gascon ? Que l’aperavan Colorado est pour vous. Cinq nouvelles, en collection bilingue, de cette langue éblouissante que manie Albert Peyroutet, professeur de français aux Etats-Unis puis d’anglais et d’occitan à Pau.

Gers

Si vous vous promenez dans l’Armagnac noir, vous passerez peut-être par Le Houga, ancienne juridiction fondée vers 1060. Son nom, vient du gascon heugar, lieu planté de fougères, et les habitants s’appellent des Folgariens. Pour découvrir ce pays, que diriez-vous de commencer par vous en imprégner, appuyé contre le mur de l’église Saint-Pierre, en lisant l’Armanhac negre (livre bilingue) de Raymond Lajus dit Ramonet deu Pè de la Vit ?

Le parc de loisir de Gondrin

Vous emmenez vos enfants sauter dans l’eau du parc de loisir de Gondrin ? Ce village du Gers était le fief d’une branche de la grande famille de Pardalhan, et c’est la seconde femme d’Antoine Arnaud, Paule de Saint Lary de Belle Garde, qui en favorisa l’essor au XVIIe siècle. Tout en dégustant un bout de foie gras local, plongez dans une poésie d’André Pic tirée de ce bijou qu’est son recueil Proses e pouesies (en gascon seulement).

Landes

Maison de l'Ecomusée de Marquèze (40) et lire Manciet
Maison de l’Ecomusée de Marquèze (40)

Vous voulez vous replonger dans l’histoire des Landes du XIXe siècle par une visite à l’écomusée de Marquèze ? Vous êtes à Sabres. Ayez une pensée pour Bernard Manciet (1923 – 2005), un des plus grands écrivains gascons. Toute son œuvre, même en prose, respire la poésie. Ses livres, bilingues, sont juste magnifiques. Par exemple, Ulysse au fleuve vous raconte l’épopée d’Ulysse remontant la Garonne ! Et vous pourrez entrer dans les secrets qui étouffent une famille landaise menacée par la ruine, l’isolement et la mort avec son chef d’œuvre,  Lo gojat de noveme (Le jeune homme de novembre). Ce livre constitue un excellent prolongement de ce que vous aurez vu à l’écomusée.

Et pour les enfants ?

Un site gascon dédié aux enfants

Bloqués à l’intérieur de votre chambre, vous voulez les occuper ? Z’ont pas envie d’un livre ? L’Escòla a créé pour eux le site L’arraton deu casteth– ils sont si accro au digital ! – où ils découvriront la Gascogne par des jeux, des chansons, des contes…

Qui est le géant gascon avec un œil au milieu du front, le lutin facétieux ou l’homme qui vécut mille ans moins un jour ? Qu’arrive-t-il à la pauvre mouche de Joan Francés Tisnèr ? …

Bonnes vacances ! Et découvrez la Gascogne par ses livres… en gascon!

Références

Entà créser au món, Pierre Bec, 8€
Racontes d’ua mòrt tranquilla, Pierre Bec, 7€
Blind date, Jean-Louis Lavit, 8€
L’òra de partir, Sèrgi Javaloyès
Isabèu de la Valea, Eric Gonzalès
Que l’aperavan Colorado, Albert Peyroutet, 6€
Armanhac negre, Lo Ramonet deu Pè de la vit, 6€
Proses et pouesies, Andrèu Pic, 5€
Ulysse au fleuve, Bernard Manciet, 7€
Lo gojat de noveme, Bernard Manciet, 9€

Catalogue Reclams à prix cassé pour l’été

Notes historiques & archéologiques sur Cazères (Hte-Garonne), Emile Espagnat
Cazères et ses environs, 3 tomes, Anne et Robert Foch
Image d’entête par StockSnap de Pixabay 


Image par<a href= »https://pixabay.com/fr/users/StockSnap-894430/?utm_source=link-attribution&amp;utm_medium=referral&amp;utm_campaign=image&amp;utm_content=925589″>StockSnap</a> de <a href= »https://pixabay.com/fr/?utm_source=link-attribution&amp;utm_medium=referral&amp;utm_campaign=image&amp;utm_content=925589″>Pixabay</a>




Soyez bon pour les vieux livres

Vieux livres - Portrait de l'Abbé J-B Laborde-Escola Gaston Febus
Portrait de l’Abbé J-B Laborde-Escola Gaston Febus

La nécessaire conservation des vieux livres

Les vieux livres nous racontent des histoires du passé. Soyez bons pour eux. C’est la conclusion d’une conférence prononcée par l’Abbé Jean-Baptiste Laborde au Grand Séminaire de Bayonne, le 21 février 1921. Une invitation qu’entendent tous les amoureux des livres. Et en particulier ceux qui souhaitent préserver et partager les « vieux livres » de la Bibliothèque de l’Escòla Gaston Febus !

Une page est consacrée à Jean-Baptiste Laborde (1878-1963), prêtre, historien et écrivain béarnais.

Extrait de la conférence   « A propos du Catéchisme à l’usage du Diocèse d’Oléron »

« J’ai fini, Messieurs. Pour observer les règles, il faut une conclusion et je vais conclure en effet par une petite remarque qui n’a pas plus de prétention que le modeste livre qui a servi de thème à cette causerie. Je finis, comme dans un prospectus de Société protectrice, en vous disant : Soyez bons pour les vieux livres. Quand vous découvrirez quelqu’un de ces livres d’autrefois, misérable et abandonné, ne le condamnez pas au feu, comme on fait souvent.

Arrachez-le à la poussière et à la dent des rats. Ces vieux livres sont souvent très intéressants. À qui sait les interroger, ils racontent des histoires du passé, de ces histoires qui rendent souvent plus indulgent pour le présent ou qui aident à oublier un moment les brutalités ou les soucis de l’heure. C’est un acte de vertu et de charité chrétienne de traiter avec égards ces vénérables bouquins. Je lisais dernièrement que sainte Thérèse aima fort les livres, tout enfant, elle fut une lectrice intrépide. Plus lard elle leur garda un respect si attentif que, dans ses Constitutions, elle va jusqu’à prévoir une pénitence pour celui qui les traite sans soin.

En apercevant quelqu’un de ces bouquins mal peignés et crasseux comme un vieux mendiant, quelque malin sera tenté d’appeler votre bibliothèque un hôpital ou une infirmerie pour livres estropiés ou malades. Laissez dire avec philosophie. Quelque esprit pratique vous classera parmi les originaux ou les maniaques, à côté des collectionneurs d’assiettes de Samadet ou de timbres-poste. Il n’y a là rien d’infamant. Pour ma part je me console en pensant que cette catégorie ne se trouve pas dans la série des sept péchés capitaux. »