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Les châteaux de Gaston le bâtisseur

Gaston Febus est un personnage connu du sud-ouest de la France. Il est aussi un bâtisseur qui a laissé une dizaine de châteaux aux frontières de son pays. Que diriez-vous de voyager de l’un à l’autre?

Gaston Febus avait un grand territoire. Il était puissant – nul ne pouvait circuler entre Foix et Orthez sans son autorisation. Il était craint – nul, d’Albi à Bayonne, n’osait toucher à un poulet d’autrui.

Febus avan, Febus en avant

Les débuts de la Guerre de Cent Ans (1337-1453)

En particulier, face aux menaces liées à la Guerre de Cent ans, les Capitouls de Toulouse demandèrent à Gaston III de les protéger contre les troupes anglaises. Un accord des plus intéressants. Il lutta contre le comte d’Armagnac, allié du roi de France et lieutenant du roi en Languedoc. Le 5 décembre 1362, Febus battit le clan des Armagnacs à la bataille de Launac. Il fit un grand nombre de prisonniers qu’il enferma dans son château de Foix, en retira rançons et immense fortune. Ce qui lui permit de financer des travaux…

Un château-fort vaut mieux qu’une promesse

Pour assurer sa puissance dans le temps, certes il y avait des accords et des mariages. Toutefois, on n’est jamais trop prudent, il lui fallait exhiber une armée puissante et des places fortes. Alors Fébus entreprit dans les années 1370 une ambitieuse campagne de construction ou restauration de châteaux. En limite de territoire ou dans des endroits-clés comme la traversée d’une rivière, Febus disposa des châteaux de défense et aussi, c’est son originalité, des châteaux de résidence.

Le système des châteaux-forts entre Foix et Béarn
Le système fortifié entre Foix et Béarn

L’architecte fuxéen Sicard de Lordat, chevalier, seigneur de Lordat et d’Urs (Ariège), s’occupa des travaux et on peut reconnaître quelques caractéristiques. Par exemple, il utilisa un modèle en plan centré dit fébusien (les édifices sont disposés autour d’un centre), adossa les bâtiments à l’enceinte, préféra les briques aux pierres pour les murs…

Les châteaux de l’ouest

Sauveterre de Béarn et son château pour contrôler le passage du Gave d'Oloron
Sauveterre de Béarn

Sauveterre de Béarn à l’ouest du territoire de Febus gardait le passage du gave d’Oloron. Il permettait de contrôler les venues d’Espagne et de la Soule. Car c’était un haut lieu d’échange entre les marchands venus de Pampelune et de Bayonne. À 13km, Labastide-Villefranche, était une enclave dans la Navarre et la Gascogne qui intéressait moins notre vicomte, ce qui ne l’empêcha pas de s’occuper du château. Puis Bellocq, à 15 km au nord-ouest. Construit entre 1250 et 1280, ce château était sur un lieu de traversée du Gave et faisait face aux Anglais. Febus le renforça en 1370.

Orthez

Le château d'Orthez, lieu de résidence de Febus en Béarn
La tour Moncada

Il était le château principal de la vicomté, la cour y vivait depuis un bon siècle, depuis que Gaston VII Moncada (1229-1290) fit d’Orthez sa capitale pour symboliser la réorientation du Béarn vers la Gascogne. Ce rapprochement avec les rois d’Angleterre valurent à Gaston VII Moncada de recevoir de l’argent qui lui permit de construire la tour Moncade. La ville était à la croisée de l’axe Toulouse – Bayonne et Huesca – France. Febus y fit des travaux en 1368, pour ajouter des niveaux résidentiels dont son appartement. Il y résidait assez souvent, y recevait avec faste et y gardait ses coffres.

Les châteaux du centre du Béarn

Le donjon en briques du château de Pau
Le donjon en briques du château de Pau

Morlanne est un magnifique exemple des châteaux fébusiens en brique. C’était surtout Arnaut Guilhem de Bearn, le demi-frère de Febus, qui y séjournait et surveillait ainsi la Gascogne anglaise. Febus fit aussi renforcer le château de Pau, à 34 km du précédent. Sicard de Lordat construisit la Tour de la Monnaie, l’aile sud et un haut donjon en briques. Ces donjons imposants où on gravait Febus me fe (Febus me fit) étaient un marqueur de la puissance du maître des lieux

Morlaàs

Capitale du Béarn avant Orthez, Morlaàs était une ville importante même si elle a pâti économiquement de la perte de son autorité. Elle est située à 14 km de Pau. Febus remania profondément le château en ajoutant la tour de brique et la tour du moulin, le tout bien sûr dans son style usuel. Si ce fut un centre de défense décisif, le comte en fit aussi une résidence luxueuse où il aimait résider.

Les châteaux de l’expansion territoriale

Le château de Montaner, l'expansion de Gaston Febus vers la Bigorre
Le château de Montaner

Le château de Montaner, à 80 km d’Orthez, avec un grand donjon de 40 mètres, fut construit entre 1373 et 1380. Sa rapidité de construction est liée à l’utilisation de brique rouge mêlée à des cailloux, comme le souhaitait Sicard de Lordat. Très stratégique malgré sa situation éloignée des grandes voies de communication, il abritait une garnison importante pour surveiller les Anglais, L’Armagnac et la Bigorre. En fait, Montaner c’est le témoignage de la réunification cherchée par Febus du comté de Foix et de la vicomté du Béarn. Montaner se tourne clairement vers la Bigorre, cette région qui intéressait particulièrement le puissant seigneur et qu’il obtint par contrat.

Mauvezin

Le château de Mauvezin
Le château de Mauvezin

Probablement construit au XIe siècle, le château n’était à l’époque qu’une tour en bois, Gaston Febus le reçoit en 1379 par le traité d’Orthez entre Monsenhor Johan per la gracia de Diu, comte d’Armagnac, de Fezensac, &c. (…) e Mossen Gaston, per la gracia medisssa, comte de Foix… L’architecte Sicard de Lordat transforme la tour en pierre, ajoute un donjon de 37 m, fait rehausser les remparts.

Situé en plein Nebouzan, il est au centre du territoire de Febus, à 180 km d’Orthez et 150 km de Foix. Il est un bon lieu de chasse, l’activité préférée du comte.

Les châteaux des origines du comte

Le château de Foix, berceau de la famille de Gaston Febus
Le château de Foix

Febus fit construire le château de Mazères, en Ariège actuelle, entre 1365 et 1380, muni de six tours et d’un pont-levis. Quand il allait en Ariège, c’était sa résidence préférée. Il y rédigea son Livre de chasse. Il y invita le roi Charles VI le 7 janvier 1390. Et pour montrer son faste, il alla lui-même à Toulouse avec 200 chevaliers et 600 chevaux porter son invitation !

Et puis, bien sûr, le château de Foix c’est celui d’où vient la famille. Le plus ancien, il date du Xe siècle. Febus y fit des aménagements mais y alla très peu.

Politique ou château-fort ?

Gaston Febus (extrait du Livre de Chasse)
Gaston Febus (extrait du Livre de Chasse)

Durant le règne de Gaston Febus, ses châteaux-forts ne furent pas attaqués. Il faut dire que Febus excellait dans la diplomatie. À quoi servaient-ils alors ? Probablement à démontrer son pouvoir et sa magnificence. Les constructions étaient imposantes, hautes, massives et luxueuses. Quelques salles font plus de 300 m2 de superficie. Elles sont ornées de blasons, de portraits, de tapisseries.

Reférences

Gaston Febus prince des Pyrénées (1331-1391), Pierre Tucoo-Chala, 2008
Les résidences de Gaston Febus en Béarn, Archéologie du Midi Médiéval
, Françoise Galès, 2006; p 151-164
Château de Montaner
Château de Mauvezin




L’Elucidari, le wikipedia de Gaston Febus

Ceux qui s’intéressent à Gaston Febus savent souvent que le comte était un homme cultivé, amoureux des lettres et des arts. Pour lui et sa bibliothèque, plusieurs livres ont été traduits dans la langue d’Oc. Parmi ces livres, on trouve l’encyclopédie De proprietatibus rerum de Barthélémy l’Anglais, devenu après traduction Elucidari de las proprietatz de totas res naturals. […]. Une encyclopédie qui compile les savoirs de l’époque, témoignage exceptionnel de la vie culturelle.

Maurice Romieu, ancien maître de conférences à l’Université de Pau, nous présente les deux ouvrages et nous en montre toute l’importance dans l’histoire des idées. Pour juger de la qualité de la connaissance de l’époque, vous pourrez lire deux extraits : De Vasconia o Gasconha (Sur la Gascogne) et De ciconia o ganta (Sur la cigogne)

L’article vous propose d’explorer :
De proprietatibus rerum (DPR)
L’Elucidari de las proprietatz de totas res naturals
L’extrait De Vasconia o Gasconha, qui présente ce qu’était alors la Gascogne
L’extrait De ciconia o ganta, qui présente le comportement des cigognes.

De proprietatibus rerum (DPR)

Bartholomeus Anglicus - Elucidari
Bartholomeus Anglicus

Cet ouvrage a été écrit en latin, vers 1240, par un moine franciscain anglais Bartholomeus Anglicus (Barthélémy l’Anglais). Ce moine a enseigné la théologie successivement à Paris et à Magdebourg, en Saxe.

Le DPR a eu un succès considérable. Il a été traduit en occitan (vers 1345-1350) par un auteur anonyme, en français (vers 1372) par Jean Corbechon, sous le titre Livre des propriétés des choses. Il a été traduit aussi en anglais (vers 1398), en espagnol, en italien et en flamand, au siècle suivant. Il n’existe qu’un seul manuscrit de la traduction en occitan. En revanche, pour la traduction française, environ une trentaine de manuscrits ont été conservés. Ils datent du XIVe et XVe siècles.

Leur ont succédé différentes éditions imprimées (incunables), la première de 1472, la dernière de 1609. (On désigne par le nom « incunables » les textes imprimés aux premiers temps de l’imprimerie, généralement avant 1500.)

La nature et l’objectif du De proprietatibus rerum

Lettrine -Elucidari
Texte au-dessus de la lettre C: INCIPIT PROHEMIUM DE PROPRIETATIBUS RERUM FRATRIS BARTHOLOMEI DE ORDINE FRATRUM MINORUM (Commence le prologue [du livre] des propriétés des choses, du frère Barthélémy de l’ordre des frères mineurs.)

Le DPR est un ouvrage qui explique les choses, le mot « choses » désignant les éléments de la création. Ces éléments sont classés et hiérarchisés : on commence par Dieu puis on évoque les anges. On passe ensuite à l’homme (l’âme d’abord, puis le corps) et on termine par l’évocation de toutes les réalités matérielles existant dans le Ciel et sur la Terre. Le tout divisé en 19 livres.

Dans un prologue, l’auteur explique son objectif.  « Comprendre ce qui est obscur dans les saintes écritures, ce qui est donné de façon cachée par le Saint-Esprit derrière les figures et les paraboles…». En fait, il s’agit d’accéder à l’immatériel en partant du matériel, de ce qui est visible, perceptible.

L’auteur explique aussi sa méthode : procéder à une recension de toutes les connaissances. « Dans ces livres, j’ai peu ou rien mis du mien mais tout ce qui y est je l’ai pris des livres authentiques des saints et des philosophes et je l’ai rassemblé, compilé brièvement. ».

Le DPR est donc une compilation de caractère encyclopédique qui expose l’ensemble des connaissances de l’époque (début du XIIIe siècle).

Les sources du De proprietatibus rerum

L’auteur a pris les éléments de son livre là où ils se trouvaient, notamment chez différents auteurs grecs comme Aristote, latins comme Varron (auteur du De rusticis ; mais la plus grande partie de son œuvre a été perdue), Pline l’ancien, auteur d’un ouvrage à caractère encyclopédique appelé Naturae historiarum libri (Livres des histoires de la Nature)37 livres). Ces auteurs étaient déjà des compilateurs.

Isidore de Séville

Isidore de Séville

Cependant l’auteur qui a été le plus mis a contribution pour le DPR reste Isidore de Séville (fin VIe – début VIIe). Son ouvrage en 20 livres intitulé Etymologiae a circulé dans toute l’Europe et a été largement utilisé par Barthélémy l’Anglais. Isidore de Séville est unanimement considéré comme le père fondateur de l’encyclopédisme médiéval. Il se revendique compilateur et donne à ce nom une connotation positive :
« Le compilateur est celui qui mélange des choses dites par d’autres avec les siennes propres, à la façon des marchands de couleurs qui ont coutume de mélanger différentes substances dans le mortier… »

Isidore utilise une méthode qui lui est propre, celle de l’étymologie. Chaque chose est désignée par un mot et l’analyse du mot fournit des éléments sur la chose. La recherche des différentes étymologies d’un mot permet de mieux cerner la chose. Un bref exposé sur les particularités de la chose ou une citation viennent souvent confirmer ou préciser la chose.

Prenons par exemple la présentation de l’ours.  « L’ours est ainsi nommé parce qu’il forme ses petits avec sa gueule (ore suo), quasiment orsus. On dit en effet qu’il engendre des petits informes qui naissent comme des morceaux de chair que la mère transforme en membres en les léchant.» De là ce qui suit :  « L’ourse façonne avec sa langue le petit auquel elle a donné naissance.» On croyait que l’ourse ne portait que trente jours, ce qui expliquait la naissance de petits informes, cf. l’expression française « un ours mal léché » = une personne au caractère grossier.

Les compilateurs d’Isidore

Les compilateurs d’Isidore et notamment Barthélémy l’Anglais dans le DPR ont généralement repris les éléments qu’il avait exposés dans les Etymologiae. De leur côté, les traducteurs du DPR ont généralement suivi de près le texte latin, sans le modifier fondamentalement. Voici, à titre d’exemple, le texte de la version occitane concernant l’ours, tel qu’il a été traduit à partir du texte latin du DPR :

« Ursus o urs pren aquest nom quar amb la bocca que es dita « os », lepan, forma los orsatz, quar deformatz los engendra quaysh com pessas de carn las quals la mayre ab la lengua figura e dona faysso de membres… (L’ours porte ce nom car, avec sa bouche qui est dite « os », en les léchant, il donne forme aux oursons car lorsqu’ils naissent, ils n’ont pas de forme. Ils sont des sortes de morceaux de chair que la mère met en forme et transforme en membres avec sa langue.)

Le contenu du De proprietatibus rerum ?

De proprietatibus rerum – P. 1 d’un incunable imprimé à Lyon en novembre 1482 par un certain Pierre Ungar.

Le titre parle de « choses ». Ces choses sont au nombre de dix-neuf, chacune étant traitée dans un livre. L’ensemble est donc structuré en 19 livres qui sont eux mêmes organisés en chapitres qui commencent généralement par une lettre ornée. Et les chapitres sont subdivisés en paragraphes signalés par un signe spécifique, sans alinéa.

1 – Dieu ; 2 – Les anges, bons et mauvais ; 3 – L’âme ; 4 – La substance corporelle ; 5 – Le corps humain et ses différentes parties ; 6 – Les âges de l’homme ; 7 – Les maladies et poisons ; 8 – L’univers et les corps célestes ; 9 – Le temps et les divisions du temps ; 10 – Les matières, les formes et leurs propriétés ; 11 – L’air et les vents ; 12 – Les oiseaux ; 13 – L’eau et les poissons ; 14 – La terre et ses parties ; 15 – Les provinces ; 16 – Les pierres et métaux ; 17 – Les plantes et les arbres ; 18 – Les animaux ; 19 – Les couleurs, odeurs et saveurs.

Cette organisation méthodique correspond à une nécessité de clarté. Mais cela ne nuit pas à l’objectif premier qui est de présenter la création comme un ensemble dont les éléments sont indissociables. Cet ouvrage est donc conçu pour être lu en entier.

Cependant, dès le XIIIe siècle, dans ce genre d’ouvrages, commencent à apparaître des tables alphabétiques qui permettent aux lecteurs désireux de rechercher une information précise et de la trouver sans avoir à lire un livre entier ou a fortiori la totalité de l’ouvrage. Cette tendance s’est développée dans les traductions apparues un siècle plus tard environ. Celle du traducteur occitan par exemple. L’Elucidari, en effet, a intégré ces innovations.

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L’Elucidari de las proprietatz de totas res naturals

Le nom Elucidari

Ce nom est un emprunt au latin médiéval elucidarium : « livre qui éclaire, qui révèle ». C’est un dérivé du verbe elucidare « éclairer », d’où « rendre clair, expliquer ». Ce verbe latin a été emprunté par le français sous la forme élucider : « rendre compréhensible, tirer au clair ». Il est d’un emploi courant en français moderne : « élucider une affaire »Elucidarium, c’est le titre d’un ouvrage écrit vers 1100 par un certain Honorius Augustodunensis, moine ayant vécu en Bavière, à Ratisbonne. Malgré son titre, cet ouvrage n’a rien à voir avec l’Elucidari, version occitane du De proprietatibus rerum de Barthélémy l’Anglais.

Le contenu de l’Elucidari de las proprietatz de totas res naturals

La traduction occitane du DPR reprend de façon assez littérale le texte de Barthélémy l’Anglais. Cependant certains passages sont des adaptations plutôt que des traductions. Le traducteur anonyme a aussi repris le plan d’ensemble du DPR. Cependant, pour des raisons qu’il n’explique pas, il a ajouté un chapitre 20 qui parle des nombres, poids et mesures.

En fait, il semble qu’il ait divisé en deux parties le livre 19 du DPR. Il a réservé le chapitre 19 aux couleurs, saveurs et odeurs. Et il a créé le chapitre 20 qu’il a consacré aux nombres, poids et mesures qui, il faut bien le reconnaître, n’avaient aucun rapport avec les couleurs, saveurs et odeurs.

Les particularités et les innovations de l’Elucidari

elucidariLe traducteur a rajouté après l’index, un assez long chapitre sur ce que l’on pourrait appeler des recettes médicales destinées à soigner les maux les plus courants. L’Elucidari comporte ainsi des développements qui ne figurent pas dans le DPR. Ils en font un ouvrage non plus conçu comme une somme mais bien comme un livre consultable capable de répondre aux besoins ponctuels des lecteurs :

  • une table initiale qui donne la liste des chapitres classés par ordre alphabétique au premier mot de la phrase qui commence chaque chapitre. Par exemple : Barba es ornament…, Vasconha o Gasconha es… Milh a mot menut gra… avec un renvoi au folio où se trouve le chapitre en question. Cette table comporte 16 folios sur deux colonnes.
  • un index final où sont classés par ordre alphabétique les noms qui désignent des objets ou des notions : Barba, Vasconha… avec renvoi au folio où se trouve étudié l’objet ou la notion. Cet index comporte 10 folios sur trois colonnes. Mais la correspondance n’est pas toujours parfaite. Le nom milh, par exemple, ne figure pas a l’index final.

Il faut enfin noter que le texte proprement dit, c’est-à-dire celui qui correspond à la traduction du DPR, est précédé d’un poème en vers intitulé : Le Palaytz de Saviesa, 46 quatrains monorimes en vers de 10 syllabes. C’est un texte original qui met en scène le jeune Gaston et dame Sagesse. Celle-ci rappelle au jeune chevalier (donzel) qu’il doit s’instruire dans tous domaines pour mieux assurer son futur rôle de prince.   

Peut-on parler d’encyclopédie à propos de l’Elucidari?

Le nom encyclopédie n’existait pas au Moyen âge. Ce nom emprunté au grec enkuklopaideia (déformation de la forme originelle enkukliopaideia) par l’intermédiaire du latin médiéval encyclopedia, n’apparaît qu’au XVIe siècle en français. Il a été de plus en plus employé à la Renaissance et au cours des siècles suivants, plus particulièrement au XVIIIe siècle.
Le nom grec enkukliopaideia se traduit littéralement par « enseignement circulaire », que l’on peut interpréter comme « enseignement qui fait le tour de toutes les connaissances », le cercle représentant métaphoriquement la perfection.

Si pour le De proprietatibus rerum, l’Elucidari et d’autres livres de ce genre on ne peut pas parler d’encyclopédie au sens moderne du terme, en revanche on peut les qualifier d’ouvrages à caractère encyclopédique car leurs auteurs y ont répertorié l’ensemble des connaissances de leur époque pour les rendre accessibles à un public non spécialiste.
Néanmoins, ces ouvrages restent fondamentalement des compilations dont le contenu est plutôt hétérogène puisqu’ils juxtaposent des informations d’origine grecque, latine, arabe ou médiévale.

Cependant, les auteurs de ces compilations ne se contentent pas de recopier purement et simplement les textes qu’ils utilisent (la propriété littéraire n’existait pas au Moyen âge !). Ils les structurent. Souvent ils les reformulent pour les rendre tout à fait accessibles car leur objectif premier est didactique : il s’agit de faire passer un savoir. En effet, à partir du XIIe siècle, apparaît dans les sociétés occidentales, un désir profond de connaissances, de culture, qui rend nécessaire la création d’ouvrages qui puissent dispenser un savoir ordonné aussi vaste que possible.

Quand et à l’initiative de qui a été écrit l’Elucidari?

Gaston Febus (Livre de la Chasse – BNF)

L’Elucidari ne comporte aucune date. Dans le Palaytz de Savieza, le jeune Gaston est désigné par le terme bèl donzèl qui désigne généralement un jeune gentilhomme qui n’avait pas encore été reçu chevalier.

Sachant que le prince Gaston est né en 1331, qu’il est devenu comte à la mort de son père en 1343, à l’âge de 12 ans, alors qu’il n’était encore qu’un enfant, ce terme n’a pu lui être appliqué que quelques années plus tard, vers 1350. Il avait alors 18/19 ans.

Sachant d’autre part que dans le Palaytz de Savieza, le jeune comte n’est jamais appelé « Febus », surnom qui, d’après les historiens, n’apparaît qu’après l’expédition en Prusse (1357-1358), on pourrait en conclure que la composition de l’Elucidari pourrait se situer vers 1350-1355. Compte tenu que le travail de traduction a pu prendre plusieurs années (4 à 5), la commande pourrait remonter à 1345. Le jeune Gaston a alors 14/15 ans.

Dans cette hypothèse, il est peu vraisemblable que l’initiative en revienne à Gaston lui-même. Elle a donc dû venir de son entourage, peut-être de sa mère Aliénor de Comminges chargée d’assurer une semi-régence et soucieuse de donner à son fils la meilleure préparation possible à ses futures responsabilités. Ou peut-être de ses précepteurs. Le père mort prématurément en 1343 n’avait pas pu former lui-même son fils.
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Maurice Romieu

Extraits de l’Elucidari

      L’extrait De Vasconia o Gasconha, qui présente ce qu’était alors la Gascogne

Cigogne 40x40 - Elucidari      L’extrait De ciconia o ganta, qui présente le comportement des cigognes.




Gaston Febus construit le château de Mauvezin

Le château de Mauvezin, lo castèth de Mauvesin, dans toute sa splendeur retrouvée du XIVe siècle, domine les Baronnies, la vallée de l’Arros et l’abbaye de l’Escaladieu. Quelle est donc son histoire ? Albin Bibal, membre de l’Escòla Gaston Febus, qui acheta puis donna le château à l’Escòla, raconte.

Les premières traces

Chateâu de Mauvezin - une tour de quelques mètres sur sa motteLe château de Mauvezin a probablement été construit au XIe siècle. Enfin quand on dit château… il s’agissait, à l’époque, d’une tour en bois de 3 m de haut, ua toròta, entourée de palissades en bois, construite sur une hauteur que l’on appelait mòta, motte. Pourquoi le lieu a-t-il été appelé Mauvesin, mau vesin, mauvais voisin ? On ne sait…
On attribue à Centolh 1er, Centulle 1er, la construction de ce casterar.

En 1133, les grands de Bigorre se réunissent à Mauvezin pour borner le comté avec celui de Labarthe. Les seigneurs sont alors Beatrix II de Bigorre et Pierre de Marsan son époux. Ce sont eux qui favorisent l’installation de l’abbaye de l’Escaladieu, au pied du château de Mauvezin.

De maison en maison

Château de Mauvezin - une possession des comtes de Bigorre (blason)En 200 ans, la Bigorre passe par plusieurs maisons seigneuriales, au gré des mariages et des cessions, au rythme d’un changement tous les 50 ans environ : Bigorre, Foix, Béarn, Marsan, Comminges. Cela va s’accélérer avec Pétronille de Comminges (1186-1251), la petite fille de Centolh III, célèbre pour ses cinq maris. Elle passera le flambeau, pour quatre ans à la maison de Montfort, à l’occasion de son troisième mariage avec Guy de Montfort, le fils de Simon, celui qui se fit remarquer dans la guerre des Albigeois. Puis maison du Chabanais, de nouveau Béarn… Même le roi de Navarre récupèrera ces terres en 1265. À se demander si les paysans avaient le temps de savoir qui étaient leurs seigneurs !

Le 8 mai 1360, par le traité de Brétigny entre le roi de France et le roi d’Angleterre, le comté de Bigorre et notre château de Mauvezin reviennent au roi d’Angleterre. Le duc d’Anjou, pourtant fils du roi de France, et lieutenant-général en Languedoc, s’en moque. Il assiège les Anglais à Mauvezin, reprend le château et le donne à Jean 1er d’Armagnac. Gaston Febus ne l’entend pas de cette oreille. Alors, il part en guerre contre son voisin.

Gaston Febus prend possession du château de Mauvezin

Enfin le 20 mars 1379, le traité d’Orthez, rédigé en gascon par Pey de Mayres, notari reyau, met fin au différend entre les deux seigneurs.

Château de Mauvezin - attribution à Febus par le Traité d'orthez-introduction
Traité en gascon, entre Monsenhor Johan per la gracia de Diu, comte d’Armagnac, de Fezensac, &c. (…) e Mossen Gaston, per la gracia medisssa, comte de Foix…

Le traité comprend six items. Le premier est le mariage de Beatrix d’Armagnac (fille de Jean) et du jeune Gaston de Foix (fils de Febus) pour garantir la pérennité des accords. Avec le deuxième, Armagnac cède la tour de Couffoulens et le reste de la terre d’Albigeois au comte de Foix. Il lui accorde dans le troisième, l’usufruit du lieu et de la Châtellenie de Saint-Julien et lui attribue (quatrième item) à perpétuité, Mauvezin et Godor : item, la begarie de Maubesin & de Godor demoren ab lodit monsenhor de Foix à perpetualitat, per si e per sos.

En revanche, cinquième item, Febus et sa lignée renoncent à toutes prétentions sur le comté de Comminges. Le traité se conclue par l’échange réciproque de prisonniers (sixième item).

Afin d’assurer l’application de ce traité, il est bien précisé que les seigneurs ont juré serment sur le corps de Jésus Christ, devant Monseigneur Beguer, évêque de Lectoure, avec toutes les conséquences s’ils venaient à le rompre :
& en cas que en res hi faillissen volen aver renegat Diu, loquau los fossa contra & à dampnacion de lors corps e de lors ammes, preneon lo diable per senhor & eslegin los soboltures en enfern, are per labets & labets per are ; ...

Qu’ils se le tiennent pour dit !

Gaston Febus donne au château de Mauvezin sa splendeur

Château de Mauvezin - le donjon construit par Gaston Febus
Le donjon construit par Gaston Febus

Gaston Febus fait édifier de vraies forteresses pour défendre tout son territoire d’Orthez à Foix. Travaux qu’il confie à l’architecte languedocien Sicard de Lordat. Mauvezin sera une de ces forteresses. L’architecte transforme la tour en pierre (que l’on voit toujours dans la cour intérieure), ajoute un donjon de 37 m, fait rehausser les remparts. Bref, le château médiéval de Mauvezin est prêt pour de nouvelles aventures. De casterar, le château devient casteràs.

Et, si le cœur vous en dit, vous pouvez aujourd’hui l’admirer, le visiter, participer aux fêtes médiévales de la dimenjada du 15 août. Il a été restauré pour s’approcher au mieux de ce que Febus en avait fait.

Anne-Pierre Darrées

Références

Histoire chronologique du vieux château-fort de Mauvezin et ses destinées, Albin Bibal, 1913.
Histoire générale de Languedoc Avec des Notes & les Piéces justificatives, tome quatrième, 1742, p. 354 – 357, textes rassemblés par un religieux bénédictin de la congrégation de Saint Maur.




Gaston Febus prince troubadour

La cour de Febus, une cour recherchée

Troubadour - chanter les exploits de Marco Polo
Débarquement dans un port chinois, Devisement du monde, Marco Polo

Gaston III de Foix ou Gaston Febus est un lettré. Ainsi, il entretient un scriptorium, atelier avec des copistes, à qui il demande des travaux qu’il suit de près. Lui-même parle et écrit gascon, sa première langue, la langue d’Oïl, le catalan, le latin et la lenga mondina ou langue de troubadour. Il aime la musique, l’écoute, la compose comme ce motet sur un texte latin Inter densas admirabile est nomen tuum. Il collectionne de grands manuscrits, il les lit, parfois les fait traduire en gascon. Ce sont de livres scientifiques ou techniques comme la fameuse grande encyclopédie Le grand miroir de Vincent de Beauvais, 1258, ou bien des livres chevaleresques, épiques ou romanesques comme le Devisement du monde de Marco Polo, 1298. Febus échange aussi des manuscrits avec d’autres seigneurs.

Des troubadours à la cour de Febus

Aussi se pressent à sa cour trobadors e jonglaires (troubadours et jongleurs) et les grands seigneurs de l’Europe. Le chroniqueur Jean Froissart, ébloui, n’hésite pas à décrire la cour de Moncade comme supérieure à toute autre de son temps.
Febus entretient plus particulièrement un troubadour, Pèire de Rius, dont nous est resté le poème qu’il écrit sur le comte, Armas, amors e cassa, Armes amours et chasse. Ici une courte biographie de Pèire de Rius, les conditions de découverte de son poème et le poème lui-même.

Febus, troubadour : [A]ras can vey del boy fuylar la rama

Troubadour, Gaston Febus prince troubadour
Canso de mossen Gasto

Avec un tel amour des lettres, il fallait bien que le comte s’essayât à l’écriture ! Une canso est parvenue jusqu’à nous, [A]ras can vey del boy fuylar la rama, Ores quand je vois du bois feuillir la rame. Si elle a été conservée, c’est parce qu’il l’avait présentée aux Jòcs floraus de Tolosa. Il a même gagné le prix de poésie, la violette d’or appelée joya.

Consulter le texte original, sa traduction en français ainsi que des éléments de contexte.

 

Le groupe ÒmiOrs propose une version contemporaine et étonnante de ce texte.

Au-delà de la poésie, on peut apprécier l’ancien gascon dans les deux textes présentés dans cet article, du XIVe siècle, et peut-être penser qu’il reste lisible pour un contemporain. Les passionnés pourront même s’amuser à repérer les évolutions de la langue et des graphies.

grafia originau

canso
Gasto
aras
rama
etc.

grafia felibrenca

cansoû
Gastoû
are – ares
rame

grafia classica

cançon
Gaston
ara
rama

Anne-Pierre Darrées

 

 




Les devises de Febus, comment les écrire ?

Devises de Gaston Febus - Febus me feTrois devises pour Gaston Febus

Trois devises sont attachées à Gaston Febus. On peut lire Febus me fe sur la tour du château de Pau ou de Montaner. Febus aban est son cri de guerre, pourrait-on dire. Enfin, la troisième est Tòcas-i se gausas (en graphie occitane actuelle) ou Touches-y si tu oses (en français).

Comment écrire ces devises

Seulement voilà. Comment Gaston Febus et ses contemporains du XIVe siècle écrivaient-ils cette fière menace ?

Et pour la réponse, un linguiste, Jean Lafitte nous fait une proposition grâce à une recherche documentée et précise. Les visiteurs pressés pourront aller directement à la troisième page, chapitre Conclusion ou à la page du site La devise de Gaston Febus.




Gaston Febus, un seigneur lettré

Febus est connu pour sa force, son sens politique et diplomatique et moins sur sa culture. Pourtant, il fait partie de ces seigneurs lettrés (senhor letra-herit) dont la Cour était recherchée.

Trois passions et une quatrième : la culture

Culture et livre de chasse de Gaston Febus - scène de présentation des cygnesLes passions de Febus sont Armas, amors e cassa (Armas, amors e caça en graphie classique) disait Peyre de Rius, son trobador. Mais de quels amours parle-t-il ? En ce temps d’amour courtois et de chansons, peut-être faudrait-il se rappeler combien Gaston Febus était un homme de culture, un lettré. Son gout pour la poésie ou la musique, sa bibliothèque de grands auteurs en témoignent.

Gaston Febus maitrise cinq langues, écoute les chansons des grands poètes de l’époque, écrit surtout des cançons et gagne même un grand prix littéraire, las Joyos del Gay Saberorganisé par le Consistori del Gay Saber e de la Gayo sienço installé à Toulouse.

Lettres et sciences

Les lettres et les sciences trouvent leur place dans cette bibliothèque avec notamment une traduction de la Chirurgie d’Abulcasis, œuvre fondamentale de médecine d’origine arabe (Xe siècle), et une traduction en occitan du De proprietatibus rerum de Barthélémy l’Anglais intitulée L’Elucidari de las proprietatz de totas res naturals. Il s’agit d’un ouvrage encyclopédique sur les choses (éléments de la Création) dont vous trouverez des informations plus précises ici.

Rappelons-nous aussi que Febus ou Phebus est le nom d’Apollon en latin, dieu des arts, du chant, de la musique, de la beauté masculine, de la poésie, et conducteur des neuf muses. Est-ce pour cela que Gaston a choisi ce surnom ? Nul ne le sait vraiment même si de nombreux travaux proposent de pistes.

Febus le lettré a-t-il écrit ?

Il nous reste peu de choses de son œuvre. Toutefois, on lui attribue la chanson Eras can vey del boy fuylar la rama, avec laquelle il gagna le prix du Gay saber.  La bibliothèque de Catalogne la garde aujourd’hui (mn. 146).

De même, on lui attribue, mais sans certitude, la chanson Aqueras montanhasdite aussi Se canti, qui est une chanson si populaire dans le sud de la France qu’elle est parfois considérée comme l’hymne des Occitans.

De façon plus certaine et plus connue, il écrit deux livres. Son Livre de chasse témoigne à la fois de sa passion pour la chasse et, surtout, de sa vision de l’art de la chasse, où cet exercice prend un aspect moral et rédempteur. La chasse y apparait comme un art philosophique, un art qui élève les vertus de l’homme. Il est dédié à Philippe le Hardi, duc de Bourgogne. De qualité, il est resté pendant plusieurs siècles une référence pour l’éducation des nobles. Une copie du Livre de chasse est exposé au château de Mauvezin.

Dans son Livre des oraisons, Febus témoigne de sa foi. Les deux premiers chapitres sont écrits en latin et rappellent Les confessions de Saint-Augustin par leurs expressions de contrition. Les trente-quatre autres peuvent être considérés comme des psaumes faisant appel à la miséricorde divine. Gaston, comte de Foix, aurait-il des choses à se faire pardonner ? C’est l’avis de nombreux historiens, sns que l’on sache vraiment quoi..

Anne-Pierre Darrées

écrit en orthographe nouvelle

Plus d’information sur : Gaston Febus un seigneur lettré

 




Découvrir Gaston Febus par les livres

Une bibliographie sur Gaston Febus à l’occasion de l’exposition Gaston Febus 2018

Bibliographie Gaston Febus - Blason de Foix BéarnDans le cadre de la nouvelle exposition sur Gaston Febus présentée au château de Mauvezin, nous proposons de découvrir ce personnage à travers une bibliographie des livres disponibles à la Bibliothèque de l’Escòla Gaston Febus. Une version électronique est disponible sur le site de la bibliothèque, pour les titres précédés d’une icône de tablette.

Rappelons que la Bibliothèque a été voulue par les fondateurs de l’Escòla Gaston Febus dès sa création et qu’il était prévue de l’abriter au Château de Mauvezin dès l’attribution du château à l’association en 1907.

Bibliographie Gaston Febus : ce que possède la Bibliothèque de l’Escòla Gaston Fébus


tablet-tool_icon-icons.com_56222 Le livre des oraisons, Gaston Febus, 1387
tablet-tool_icon-icons.com_56222 Le livre de la chasse, Gaston Febus, 1389
tablet-tool_icon-icons.com_56222 Froissart à la cour de Gaston Febus, conférence de Frédéric Soustras, 1868
tablet-tool_icon-icons.com_56222 Coutumes municipales de Foix sous Gaston Phoebus, F. Pasquier, 1891
 tablet-tool_icon-icons.com_56222  Gaston Febus en Prusse, étude d’après des documents inédits, F. Pasquier, 1893
 tablet-tool_icon-icons.com_56222  Le vieux château de Mauvezin et sa devise, Albin Bibal, 1907
 book_icon-icons.com_66124  Gastou Febus, Miquèu de Camelat, 1914
 book_icon-icons.com_66124  La vie aventureuse de Gaston Phoebus, Jean de Sault, 1958
 book_icon-icons.com_66124  La vie fabuleuse de Gaston Phoebus, Le lion des Pyrénées, tome 1, Myriam et Jean de Béarn, 1959
 book_icon-icons.com_66124  La tour de Moncade et Gaston Phoebus, Eric Gildart, 1972
 book_icon-icons.com_66124  La vie fabuleuse de Gaston Phoebus, Landry des bandouliers, tome 3, Myriam et Jean de Béarn, 1974
book_icon-icons.com_66124  Gaston Febus un grand prince d’occident au XIVe siècle, Pierre Tucoo-Chala, 1976
 book_icon-icons.com_66124  La vie fabuleuse de Gaston Phoebus, Les créneaux de feu, tome 2, Myriam et Jean de Béarn, 1978
 book_icon-icons.com_66124  Gaston Febus seigneur de Foix-Béarn et le Prince noir, Pierre Tucoo-Chala, 1985
 tablet-tool_icon-icons.com_56222  Gaston Febus et la fortune, Paul Mironneau, 1993
 book_icon-icons.com_66124  Gaston Febus grand prince médiéval, Pierre Tucoo-Chala, 1996
book_icon-icons.com_66124 Voyage dans les Pyrénées à la rencontre de Fébus, Jean Froissart, 2003
book_icon-icons.com_66124 Gaston Febus, le prince et le diable, Claudine Pailhès, 2007
book_icon-icons.com_66124 Gaston Febus, prince des Pyrénées, Pierre Tucoo-Chala, 2008