La devise de Gaston Febus

La devise de Gaston III de Foix Béarn ou Gaston Febus (1331 – 1391) est connue. En français : Touches-y si tu oses. Une devise fière, menaçante.

Le Comte de Foix estoit fort cruel et n’épargnoit homme vivant, quand il luy déplaisoit et nul tant hardy estoit qui de sa délivrance osast parler sous peine d’avoir pareille pénitence.

prévient le chroniqueur Froissart (1337 ? – 1410 ?). Peut-être une devise qui allait bien au personnage !
Cette devise a été gardée par la ville d’Orthez, lieu où vivait souvent le comte de Foix et de Béarn.

Le livre d’Eric Gildard fait le point

L’Histoire des événements et des hommes d’ici, le Gascon, l’identité régionale culturelle, le patrimoine et les ressources du terroir… c’est toujours la trame des ouvrages publiés par Eric Gildard. Homme de radio, de presse, de télévision locale, de communication, créateur d’associations, Eric Gildard se soucie dans ce 19e ouvrage, Touches y si tu l’oses, de la transmission de nos savoirs à travers les us et coutumes. Pourquoi et par quels miracles de survie, la devise d’une ville, vieille de plus de six cents ans peut elle encore être en usage de nos jours ? Qui s’en sert et dans quel but ?
Eric Gildard en profite pour nous faire revenir aux sources de l’histoire de la ville d’Orthez à travers une observation unique : Comment se fait-il que la devise soit écrite de 46 façons différentes ? Comment a-t-on pu en arriver là…

46 façons d’écrire en gascon Touches i si tu l’oses

Eric Gildard nous propose deux pages de son livre pour nous donner une première idée de la diversité, la fantaisie ou peut-être même dérive de l’écriture de la devise :

Comment Febus écrivait-il cette devise de son vivant ?

Le linguiste Jean Lafitte nous propose ses recherches auprès d’experts de Febus comme Pierre Tucoo-Chala, de sources internet diverses ou de textes anciens. Nous vous invitons à les lire : J. L. – Toque-y si gauses

Et sa conclusion  est :

Tout me porte donc à conclure que du temps de Gaston Fébus, l’on écrivait « Toque y si gauses » sans aucun signe complémentaire. On devait le prononcer [tokœy si gawze], en mettant l’accent tonique sur les syllabes en gras, [œy] se disant comme le français œil et [aw] comme ow dans les mots anglais now ou cow.
Et aujourd’hui, je conseillerai instamment d’écrire « Toque-y si gauses ». Le trait d’union, voulu par les normes fixées en 1900-1905 par les Félibres de l’Escole Gastoû Febus, permet de marquer le rattachement phonétique du pronom y au verbe, au plus près de la prononciation correcte comme œil. Ce qui me donne l’occasion de rappeler que ces normes furent préparées principalement par des instituteurs béarnais, sous la direction du très grand linguiste, spécialiste des langues romanes, Édouard Bourciez (1854-1946).