Ferdinand Foch (1851-1929)

Ferdinand Foch
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Ferdinand Foch (1851-1929) est né à Tarbes. Après une carrière militaire brillante, en mars 1918, Clémenceau le charge de coordonner l’action des troupes françaises et britanniques. Il devient Maréchal de France en 1918.

Ferdinand Foch choisit l’armée

Maison natale de Ferdinand Foch, rue de la Victoire à Tarbes © Wikipedia
Maison natale de Ferdinand Foch, rue de la Victoire à Tarbes © Wikipedia

Ferdinand Foch est le fils de Bertrand Foch, originaire de Valentine (Haute-Garonne) et secrétaire général de la préfecture des Hautes-Pyrénées au moment de sa naissance, et de Marie Dupré, originaire d’Argelès-Gazost (Hautes-Pyrénées). La famille est nombreuse (sept enfants) et il est le sixième. La famille suit le père lors de ses mutations successives. C’est d’abord Montréjeau, puis Rodez et Lyon. À chaque fois, Ferdinand étudie dans les plus grands collèges.

En 1870, il se trouve à Metz où il prépare son entrée à l’école Polytechnique. Cependant, c’est la guerre contre les Prussiens. Alors, il décide de s’engager au 4ème régiment d’infanterie qui n’a pas le temps de se battre.

Germain Foch (1889-1914)
Germain Foch (1889-1914) © Nos ancêtres les Poilus

L’année suivante, après la guerre, il intègre l’école Polytechnique (il en sortira en 1873) et devient officier d’artillerie au 24ème régiment d’artillerie de Tarbes. Nommé capitaine en 1879, il part pour Paris au dépôt central de l’artillerie à Paris.

En 1883, le jeune officier épouse Julie Bienvenüe (1860-1950) avec qui il aura deux filles et deux garçons dont le premier, Jules, ne survivra pas, et le deuxième, Germain sera tué d’une balle au front lors de son premier combat à Ville Houdlémont.

Ferdinand Foch, collégien, polytechnicien, capitaine d’artillerie, général de brigade © Loucrup65.fr

Ferdinand Foch, une carrière militaire exemplaire

Foch, colonel, chef de corps du 35e régiment d'artillerie (1903) © Wikipedia
Foch, colonel, chef de corps du 35e régiment d’artillerie (1903) © Wikipedia

Les choses vont vite : colonel en 1903 puis général en 1907, il prend en 1913 le commandement du 20ème corps d’armée basé à Nancy. Entre-temps, il enseigne à l’école militaire et se fait remarquer pour son analyse critique des guerres napoléoniennes et de la guerre de 1870.

 

 

 

 

 

Émile Combes (1835-1921) © Wikipedia
Émile Combes (1835-1921) © Wikipedia

Pourtant, sa carrière aurait pu être courte. En effet, le gouvernement est anticlérical et un frère de Ferdinand Foch est jésuite. Lui-même a étudié dans des collèges jésuites. De plus, il se trouve mêlé à « l’affaire des fiches » qui éclate en 1904, dans laquelle tous les officiers sont fichés. Ces fiches prennent le pas sur les dossiers militaires. L’affaire provoque d’ailleurs la chute du gouvernement d’Émile Combes.

La guerre de 1914-1918

Carte de la Bataille de Lorraine du 5 août 1914 au 15 septembre 1914 © Wikipedia
Carte de la Bataille de Lorraine du 5 août 1914 au 15 septembre 1914 © Wikipedia

Lorsque la guerre se déclare, Ferdinand Foch commande le 20ème corps d’armée de Nancy, sous les ordres du général aveyronnais Édouard de Castelnau, un fin lettré qui a même été mainteneur des jeux Floraux de Toulouse (plus vieille académie de lettres de France).

Il participe à la bataille de Lorraine des 19 et 20 aout, empêche des Allemands de franchir la Meurthe et protège Nancy. Il s’y fait remarquer pour son esprit d’offensive ; cela étonne particulièrement les Allemands alors que les troupes françaises perdent du terrain.

Général Joffre en 1915 (1952-1831)
Général Joffre en 1915 (1852-1931)

À la bataille de Morhange du 20 aout, Foch attaque la ville alors que ses ordres étaient de ne pas bouger et de tenir sa position. Pris dans un piège, les Français reculent. Ferdinand Foch reste sur place, fait donner toute l’artillerie de son 20ème corps d’armée et protège la retraite des soldats. Il commande, dit-on, en fumant le cigare. Le 28 aout, le général Joffre l’appelle pour le promouvoir. Pourtant, c’est à la suite de cette bataille qu’on désignera les soldats du 15ème corps, tous méridionaux, comme les responsables de la défaite.

Ferdinand Foch commande maintenant la IXe armée pendant la bataille de la Marne. Il coordonne déjà les armées françaises, britanniques et belges. Il aurait dit : « Pressé fortement sur ma droite, mon centre cède, impossible de me mouvoir, situation excellente, j’attaque ». Et il repousse toutes les attaques des Allemands.

Toutefois, sa doctrine de l’attaque provoque d’énormes pertes, alors on le relève de son commandement en 1916. Mais il revient l’année suivante comme chef d’état-major général affecté aux opérations inter alliées. On l’envoie en Italie après la défaite italienne de Caporetto.

Foch, généralissime de toutes les armées

Le 26 mars 1918, Ferdinand Foch est chargé de la coordination des troupes françaises et anglaises avec le titre de généralissime. À Doullens, petite ville de Picardie, le Président Raymond Poincaré, le président du Conseil Georges Clémenceau, les généraux Pétain et Weygand, ainsi que l’état-major britannique, prennent la décision. Plus tard, ils étendent ses pouvoirs à l’Italie.

Georges Clémenceau dira : « Je me suis dit : Essayons Foch ! Au moins, nous mourrons le fusil à la main ! J’ai laissé cet homme sensé, plein de raison qu’était Pétain ; j’ai adopté ce fou qu’était Foch. C’est le fou qui nous a tirés de là ! ».

Mairie de Doullens (80600) - Salle de réunion du 26 avril 1918 pour un commandement unique des troupes françaises et britanniques © Office de Tourisme du Territoire Nord Picardie
Mairie de Doullens (80600) – Salle de la réunion du 26 mars 1918 pour un commandement unique des troupes françaises et britanniques © Office de Tourisme du Territoire Nord Picardie

Car Foch a une puissante force de conviction, une grande énergie, associées à des principes et des modes d’action forts.

Les bâtons de maréchal de de Grande-Bretagne, de France et de Pologne (de g. à dr.) © Wikipedia
Les bâtons de maréchal de Grande-Bretagne, de France et de Pologne (de g. à dr.) © Wikipedia

D’ailleurs, Foch bloque toutes les offensives allemandes. Grâce à son offensive générale, il contraint les Allemands à demander l’armistice. Et il fait partie des signataires de l’accord dans la clairière de Rethondes.

Ferdinand Foch est fait maréchal de France en 1918, maréchal du Royaume-Uni en 1919, maréchal de Pologne en 1923. Il est nommé à l’académie des Sciences, puis à l’académie française. Que d’honneurs pour ce soldat tarbais !

Lors du traité de Versailles, il s’écrie : « Ce n’est pas une paix, c’est un armistice de vingt ans ». Hélas, la suite lui donnera raison.

Ferdinand Foch écrit un ouvrage : Mémoires pour servir à l’histoire de la guerre de 1914-1918, Des principes de la guerre, qui sera publié après sa mort : Le Mémorial de Foch (résumé de son testament politique et militaire).

La visite triomphale à Tarbes du Maréchal Foch

Foch est invité dans tous les pays. Il y donne des conférences, y préside des cérémonies officielles militaires ou civiles, y parraine des œuvres de charité.

Arrivée du Maréchal Foch à la Mairie de Tarbes © Loucrup.65.fr
Arrivée du Maréchal Foch à la Mairie de Tarbes le 27 septembre 1919 © Loucrup65.fr

Mais il n’oublie pas son département de naissance, ni Tarbes où il fait une tournée triomphale de trois jours en 1919. Il arrive le 27 septembre à la gare de Tarbes, acclamé par une foule immense massée le long du parcours qui le mène à la mairie.

Après les discours et les réceptions de personnalités, il inaugure le monument aux morts, alors situé place de Verdun. S’ensuit un grand banquet.

Il va ensuite à Lourdes pour une visite privée. Là, il assiste à la messe dans la basilique et se recueille dans la grotte. De retour à Tarbes, il va visiter l’hôpital, puis sa maison natale.

Le lendemain, il se rend à Argelès-Gazost pour diner chez des amis. Il s’arrête à Ossun et à Lourdes pour une réception dans les hôtels de ville. Il part ensuite pour Arreau inaugurer une plaque sur la maison de sa grand-mère maternelle. Pour l’occasion, on baptise l’école d’Arreau, école Maréchal Foch.

Il franchit ensuite le col d’Aspin et se rend à une réception au casino de Bagnères. Le 2 octobre, il part pour Valentine (Haute-Garonne).

Partout des foules immenses sont venues l’acclamer. À coup sûr, elles gardent dans leur mémoire cette visite inoubliable.

Que reste-t-il de Ferdinand Foch ?

Tombeau du Maréchal Foch aux Invalides
Tombeau du Maréchal Foch aux Invalides

Ferdinand Foch meurt à son domicile parisien le 20 mars 1929. Des obsèques nationales ont lieu. Il repose aux Invalides depuis 1937. Le souvenir du Maréchal Foch est encore très présent.

On baptise de son nom des bâtiments publics et des voies publiques. Rares sont les villes à ne pas l’avoir fait. On en retrouve même dans les anciens pays alliés, en Grande-Bretagne, au Canada et même en Pologne ou en Équateur. L’Afrique du Sud nomme une ville Fochville.

De grands bâtiments de guerre portent son nom. Un porte-avion en France.

Statue équestre du Maréchal Foch à Tarbes
Statue équestre du Maréchal Foch à Tarbes

On érige un peu partout des statues, le plus souvent équestres. À Tarbes, bien sûr, mais aussi à Saint-Gaudens, à Londres, à Paris et sur les lieux des principales batailles auxquelles il a participé.

Tarbes lui consacre un musée dans sa maison natale. Ses papiers personnels sont conservés aux Archives Nationales, cote 414AP.

Serge Clos-Versaille

écrit en orthographe réformée (1990)

Références

Ferdinand Foch sur Wikipedia
Foch à Tarbes
Chemins de mémoire  (divers articles consacrés au maréchal Foch).:
Ministère de la défense : www.terremag.defense.gouv.fr.
Le mémorial de Foch : mes entretiens avec le maréchal, Raymond Recouly, 1932, Gallica
Escola Gaston Febus : 14 – 18 vue par les Gascons : Le choc du retour à la maison

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2 réflexions sur “Ferdinand Foch (1851-1929)

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