François Caneto, Gascon, prêtre et historien

Auch - Le Palais archiépiscopal
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François Caneto est un prêtre et un archéologue spécialiste de la Gascogne paléochrétienne. Il est surtout un immense érudit et son influence est considérable au XIXe siècle.

François Caneto et sa mère

François Caneto
François Caneto

 

François Caneto nait le 17 février 1805 à Marciac dans le Gers. Sa mère, Marie Caneto, n’est pas mariée et l’enfant n’aura pas de père.  Marie travaille chez le juge Bernard Joseph Abeilhé.

Toute sa vie, François Caneto montrera un attachement à sa ville et une affection dévouée à sa mère. D’ailleurs, à sa mort, afin de consacrer sa mémoire, il se fera représenter dans une des verrières de l’église de Marciac, en habits sacerdotaux, et agenouillé sur la tombe maternelle. Il faut dire qu’il fit plusieurs dons (verrière, chaire) à cette église.

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Les études

 

L'Abbé Caneto offrant un vitrail pour l'église de MarciacLe petit François montre un gout prononcé pour les études et pour les monuments religieux. Il est vif, intelligent et a du caractère. Aussi M. Abeilhé s’occupera de son éducation. Il l’envoie à Auch, chez des parentes, Mesdemoiselles de Castéran, nièces de l’abbé de Castéran, d’abord à l’école primaire puis au collège qui est alors géré par les Jésuites.

Mais le jeune homme est attiré par l’Église et entre au grand séminaire. Son protecteur n’est autre que l’abbé Abeilhé qui allait rapidement en devenir le directeur. Aucune matière ne résiste à cet esprit curieux.  François est brillant en philosophie ou en théologie et encore plus en sciences. D’ailleurs ses contemporains notent son attitude pénétrée, sa capacité de décision, sa rigueur logique et ses aptitudes pour la recherche.

 

François Caneto l’enseignant

Léonce Couture
Léonce Couture

Le 4 avril 1829, il est ordonné prêtre. Il débute sa carrière comme professeur de philosophie au petit séminaire, puis, en 1833, quelques années plus tard, professeur de physique au grand séminaire.

Il se révéla un professeur hors pair dans cette discipline. Le grand Léonce Couture (1832-1902) raconte : « M. Canéto, déjà supérieur du Petit Séminaire, trouva bon d’employer quelques séances à exposer les éléments de la cosmographie à une salle d’étude entière, de quatre-vingts élèves environ, appartenant à presque toutes les classes et dépourvus de toute préparation. C’était merveille devoir tous ces ignorants boire cette parole précise, claire et vive. On était vraiment sous le charme : l’intérêt des questions saisissait l’auditoire jusqu’aux moelles, et tout le monde comprenait ! Je déclare n’avoir jamais plus été à pareille fête ».

D’ailleurs, le 4  février 1853, il recevra le titre d’Officier de l’Instruction Publique.

François Caneto le supérieur

En 1838, le cardinal lui signifie sa nomination comme supérieur du petit séminaire. Craignant son refus, il précise : « Nous ne vous ferons point observer que vos nouvelles fonctions ne seront nullement incompatibles avec, l’étude des sciences que vous aimez. »

L’abbé Caneto modifiera l’institution révisant l’organisation, la discipline, la distribution du travail, l’enseignement… La réputation du séminaire en sera grandie. En particulier, les élèves du séminaire se révèleront souvent des universitaires talentueux.

Cependant, Léonce Couture commente : Il animait de son esprit, il formait par ses avis et plus encore par ses exemples, il soutenait de son autorité tous nos surveillants […] On était habitué à le voir circuler dans les récréations et survenir, sans avis préalable, dans les classes et surtout, dans les salles d’étude. Quant aux dortoirs, ils étaient, ce semble, son domaine spécial, où son ombre au moins passait et repassait sans cesse dans le demi-jour des veilleuses.

Il faut dire que l’homme ne dormait que 4 ou 5 h par nuit. Sa fermeté l’avait fait surnommé par les étudiants le petit caporal. Bref il inspirait admiration, crainte et même terreur. Il tiendra ce rôle pendant vingt ans.

Caneto l’archéologue

molaire de dinothérium
Molaire de dinothérium

Le 23 janvier 1837, le supérieur du Grand Séminaire d’Auch, M. Abeilhé, forme une vaste collection scientifique d’ossements fossiles, de coquillages marins et autres fossiles,  de médailles et monnaies anciennes ; en général tout ce qui a rapport à la géologie et à l’archéologie. Une collection qui intéresse le jeune professeur Caneto.

Un jour,  le curé de Labastide-d’Armagnac envoie pour le cours d’histoire naturelle du petit séminaire, un fossile qui est en fait une molaire de dinothérium (un ancien cousin de l’éléphant). Caneto rédige un rapport pour le présenter au monde savant. C’est le début de la notoriété.

Sous son impulsion, l’activité scientifique des deux séminaires redouble.

Production

Sainte-Marie d'Auch - Dessin tiré de la Monographie de Sainte-Marie d'Auch par l'Abbé Caneto (1850)
Sainte-Marie d’Auch – Dessin tiré de la Monographie de Sainte-Marie d’Auch par l’Abbé Caneto (1850)

 

L’abbé va écrire une quarantaine d’ouvrages sur des monuments ou des personnes. En particulier, il en écrira plusieurs sur la cathédrale Sainte-Marie d’Auch. Il écrit aussi sur l’archéologie comme Les deux couteaux de silex trouvés dans le département du Gers en 1865 et 1868 ou Questions d’archéologie pratique ou étude comparée de quelques monuments religieux du diocèse d’Auch… Ses écrits sont précis, détaillés.

Sa réputation s’élargit. Il entre à la Société Géologique de France dès 1837, puis à la Société d’Archéologie Nationale. Et ça s’accélère. Entre 1848 et 1852, il devient correspondant de l’Instruction Publique pour les Travaux Historiques, de l’Académie Nationale des Sciences, Inscriptions et Belles-Lettres de Toulouse, de la Société des Antiquaires de Picardie, de la Société d’Émulation de Bayonne, de la Société Archéologique du Midi, etc.

Il rejoint le Conseil départemental des bâtiments publics auprès de la Préfecture du Gers, devient membre de la Commission de topographie des Gaules (créée en 1858 par Napoléon III). Puis, en 1875, il est nommé correspondant du Comité des travaux historiques et scientifiques qui est un institut rattaché à l’École nationale des Chartes.

François Caneto et la revue de Gascogne

L'Eglise de l'Assomption de Marciac
L’Eglise de l’Assomption de Marciac

Entre-temps, en 1857, il est nommé Grand Vicaire. Il s’intéressera particulièrement à la construction et à l’entretien des églises du diocèse.  En particulier, il suivra de près les travaux de Notre-Dame-de-l’Assomption, à Marciac.

Parallèlement, il se lie d’amitié avec l’archevêque d’Auch, Antoine de SALINIS (1798-1861).

Antoine de Salinis
Antoine de Salinis

 

Deux ans plus tard, ce dernier crée une société savante, le Comité d’histoire et d’archéologie de la province ecclésiastique d’Auch, qui deviendra la Société historique de Gascogne en 1869. En fait, Caneto en est le président effectif et le premier directeur de la Revue de Gascogne. Il le restera jusqu’à sa mort le 14 août 1884, qui le surprend à Auch dans sa quatre-vingtième année.

Anne-Pierre Darrées

écrit en orthographe nouvelle

Références

Revue de Gascogne, M. l’abbé F. Caneto, Léonce Couture, 1884
blogmarciac
Le Gers – Dictionnaire biographique de l’Antiquité à nos jours, Société Archéologique et Historique du Gers, 2007
Bibliographie de François Caneto
Différents ouvrages disponibles à la bibliothèque de l’Escòla Gaston Febus.

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