La vallée du Ciron (ou Siron) en Gironde

Le Ciron en aval du pont de la Trave à Préchac (Gironde)
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Le Ciron ou Siron en gascon, est une rivière gasconne située au sud de la Gironde. Elle est remarquable pour être bordée d’une hêtraie dans un paysage de monoculture du pin.

Découvrons le Siron

La Vallée du Ciron ou Siron
La Vallée du Ciron © vallee-du-ciron.com/

Le Ciron ou Siron est un affluent de la Garona (Garonne). Il la rejoint à Barçac (Barsac), près de Lengon (Langon), à une trentaine de kilomètres au sud de Bordèu (Bordeaux). Il n’en a pas toujours été ainsi puisqu’au Moyen-âge, il s’y jetait à Seron (Cérons), limitrophe de Barçac, auquel il a d’ailleurs donné son nom.

Le Siron a un cours de 97 kilomètres de long. Il nait à Lubbon dans les Landes, traverse quatre communes du Lot-et-Garonne avant de s’épandre en Gironde.

L’humidité du Siron favorise les brumes matinales nécessaires au développement du champignon noble (Botrytis Cinerea). Un champignon qui fait la qualité et la réputation des vignobles de Barçac et de Sautèrnas (Sauternes). Mais le réchauffement climatique pourrait augmenter sa température et modifier son climat humide si propice à la vigne.

De plus, le tracé de la future ligne à grande vitesse (LGV) de Bordeaux à Toulouse fait craindre des perturbations du microclimat du Siron.

La rivière est bordée par le château de Cazeneuve qui a appartenu aux rois de Navarre. Il a reçu des visiteurs célèbres comme Louis XIII se rendant à Pau en 1620 pour rétablir le catholicisme en Béarn. Ou encore Louis XIV lors de son voyage de 1660 à Saint-Jean-de-Luz pour son mariage avec Marie-Thérèse d’Autriche.

Dans la vallée du Ciron, le Château Royal de Cazeneuve (Gironde) @ Wikipedia
Dans la vallée du Ciron, le Château Royal de Cazeneuve (Gironde) @ Wikipedia

Un poumon économique

Le Siron est flottable sur une grande partie de son cours. Il a servi au flottage du bois pour le chauffage de Bordèu, le transport des échalas pour les vignes puis des poteaux de mine qui partaient pour l’Angleterre.

Le Barrage de la Trave sur le Ciron à Préchac Wikipedia
Le Barrage de la Trave sur le Ciron à Préchac @ Wikipedia

Tout d’abord praticable sur 24 kilomètres, des travaux permettent en 1780 d’aménager son cours et le rendre flottable jusqu’à la Garonne. Cela évite de décharger les bateaux pour finir la route avec des charrettes tirées par des bœufs.

Le transport du bois s’est considérablement développé puisqu’en 1923, on en compte 900 000 tonnes. De plus, la plantation de pins entraine le développement du gemmage. Dans certaines communes traversées par le Siron, on compte jusqu’à 80 % de la population qui vit du gemmage. Mais, le transport du bois et le gemmage cessent dans les années 1930.

Parallèlement, la force de l’eau entraine la création d’une petite industrie sur ses rives : moulins à farine, verreries, forges, papeteries, et même une centrale hydroélectrique. L’État en est devenu propriétaire après l’arrêt de la production électrique en 2010. Il envisage d’ailleurs sa destruction pour restaurer la continuité écologique du Siron, au grand dam des riverains qui y voient plutôt l’occasion de produire une énergie renouvelable.

Un patrimoine naturel remarquable

Une forêt-galerie enveloppe le Siron ; elle est essentiellement composée de haus (hêtres). On en compte plus de 7 000. C’est assez remarquable dans un pays largement dominé par le pin de culture. Lo hauar (la hêtraie) ressemble aux forêts pyrénéennes où se mélangent haus (hêtres), tilhs (tilleuls) et aseròus (érables). Mais ici, c’est le hau qui domine très largement.

On trouve aussi des hauars plus petits près de Dax, près de Casteljaloux, à Roquefort ou dans l’Entre-deux-mers, à chaque fois dans des cours d’eau encaissés comme le Siron.

D’après des analyses de datation au Carbone 14, le hauar du Siron existerait depuis au moins 43 000 ans et a persisté durant la dernière glaciation. Cela montre assez le microclimat exceptionnel de la vallée.

Génétiquement, le hau de la vallée du Siron est différent de celui du reste des landes ou de celui des Pyrénées. Cette différence pourrait s’avérer très utile pour renforcer la diversité génétique des haus qui dépérissent partout ailleurs, victimes du réchauffement climatique.

Ce patrimoine végétal remarquable abrite une faune et une flore tout aussi remarquables. Des espèces devenues rares par ailleurs s’y épanouissent : vison d’Europe, loutre, écrevisses à pattes blanches, cistude d’Europe ou 17 espèces de chauve-souris. On y a même découvert en 2015 une nouvelle espèce de brochet. Une véritable Arche de Noé !

On trouve dans la vallée du Ciron la Cistude et la Loutre d'Europe © PNRLG
Cistude et Loutre d’Europe © PNRLG

La flore est riche et comprend beaucoup d’espèces devenues rares dans les Landes : des variétés de charmes, de tilleuls, d’érables, de fougères, de lichens ou de champignons.

Lo hauar a reculé dans la vallée en raison de l’exploitation forestière. Sur 35 kilomètres en 1993, il n’en reste plus que 5 kilomètres aujourd’hui.

Le Syndicat Mixte de la vallée du Siron

Le territoire du Syndicat du Ciron en 2019 (63 communes) © Syndicatduciron.com
Le territoire du Syndicat du Ciron en 2019 (63 communes) © syndicatduciron.com

En 1968, se crée le Syndicat Mixte d’Aménagement du Bassin Versant du Ciron (CMABVC). Il regroupe 65 communes réunies en 5 communautés de communes et mène des actions de préservation de la nature et de développement du territoire.

Parmi ses actions, on peut citer la création d’une frayère à poissons, la réouverture de zones humides, des aménagements piscicoles, la lutte contre les espèces invasives comme l’écrevisse de Louisiane, le crabe chinois, le poisson-chat, le ragondin ou le raton-laveur.

Pour restaurer la continuité écologique, on dérase des seuils d’anciens moulins ou d’anciennes retenues d’eau. La ripisylve (forêts sur les rives) fait l’objet d’une replantation à certains endroits déforestés. Pour cela, on utilise des graines ramassées sur place, sélectionnées, et des plants élevés pour assurer leur parfaite reprise.

Et bien évidemment, on enlève les dépôts d’ordures sauvages qui encombrent le Siron, de même que les embâcles qui abiment les berges.

Et, bien sûr, le hauar du Siron fait l’objet d’une attention particulière. on inventorie les arbres, on les étudie sous toutes les coutures et on replante pour conserver l’espèce et restituer la forêt d’origine chaque fois que c’est possible.

L’essor touristique

L'équipe d'animation du Syndicat du Ciron © syndicatduciron.com
L’équipe d’animation du Syndicat du Ciron © syndicatduciron.com

Bien sûr, le travail scientifique de conservation et de restauration du Siron par le Syndicat Mixte n’empêche pas son développement touristique. Au contraire, l’équipe de techniciens est là pour vous parler de son travail.

On aménage le Siron pour une randonnée tranquille, où la promenade est ponctuée de belvédères, et de sentiers d’interprétation. On peut aussi se promener en VTT sur l’un des circuits aménagés.

Les amateurs de canoé-kayak bénéficient de bases aménagées. Ils peuvent découvrir de plus près les gorges et les canyons du Siron.

Et si le sport ne vous tente pas trop, choisissez les visites. Les abords du Siron sont riches en vignobles (Sautèrnas ou Barçac) et en monuments à visiter.  Par exemple, le château de Cazeneuve ou le château de Villandraut ayant appartenu à Bertrand de Goth, plus connu sous le nom de Pape Clément V.

Enfin, si vous passez au mois d’aout, ne manquez pas la fête nautique de Bòmas (Bommes) avec ses canoës fleuris.

Château d'Yquem, producteur du seul sauternes classé premier cru supérieur © Adobestock
Château d’Yquem, producteur du seul sauternes classé premier cru supérieur © Adobestock

Serge Clos-Versaille

écrit en orthographe réformée de 1990

Références

Syndicat Mixte du Ciron (SMABVC)
Photothèque Ciron sur Wikimedia

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