Escaladieu, monastère cistercien

En 1955, Ivan Douglas Frossard est propriétaire de l’abbaye de l’Escaladieu. Il écrit une monographie sur ce monastère, son histoire, sa description. Et ajoute de nombreux dessins qu’il réalise lui-même. Abbaye que vous aurez peut-être envie de visiter ?

Les débuts du monastère d’Escaladieu

Scala Dei (Escaladieu) au XIIe siècle, dessin de Ivan Douglas Frossard
Scala Dei au XIIe siècle, dessin de Ivan Douglas Frossard

Vaucher, moine de Citeaux, fonde en 1136 une petite abbaye au lieu-dit Capador [Source de l’Adour] sur les pentes du Tourmalet.

Bernard de la Barthe, l’abbé qui succède à Vaucher obtient des comtes de Bigorre de transférer cette abbaye dans un endroit plus hospitalier, au pied du château de Mauvezin. Grâce à la générosité des comtes, le bâtiment grandit en beauté.

En 1160, l’abbaye est consacrée sous la protection de la Vierge, au nom de Notre Dame de Scala Dei, Scala Dei en latin ou Escaladiu en parler local, Échelle vers Dieu. L’austérité qui y règne lui vaut le surnom d’école de vertu. C’est vite une halte pour les pèlerins.

Les miracles de Bertrand de Comminges

Escaladieu - Saint-Bertrand de CommingesBertrand de Comminges (1050 – 1123), l’évêque célébré à Saint-Bertrand de Comminges (Haute-Garonne), grand personnage gascon de l’époque, réalise un ou des miracles à Escaladieu, lui donnant ainsi un renom particulier.

Vital, notaire auscitain du Saint-Siège, qui écrit une biographie de Bertrand, s’étend longuement sur les récits des miracles que l’homme de Dieu aurait accomplis en plusieurs lieux. Certains miracles sont en lien avec la vie de la population : il soulage des paysannes en désherbant définitivement une récolte (9ème récit), il remplit de vin le tonneau d’un hôtelier (11ème récit), etc. D’autres sont en lien avec le travail de réforme de l’Église d’alors : lutte contre les trafics des sacrements, les combines pour les charges pastorales, le concubinage des prêtres, l’ingérence des laïcs…

Quelques événements à Escaladieu

Clocher de l'abbaye de l'Escaladieu du XVIIe siècle, dessins d'Ivan Douglas Frossard
Clocher de l’abbaye de l’Escaladieu du XVIIe siècle, dessins d’Ivan Douglas Frossard

En 1251, Pétronille, la célèbre comtesse de Bigorre, est enterrée dans l’église du monastère.
Au XIVe siècle, Duguesclin s’installe à l’Escale Dieu pendant l’attaque de la garnison du Prince Noir.
En 1548, Fontaraille et ses huguenots pillent le monastère et détruisent les archives.
En 1567, Jean Guilhem, chef huguenot de la vallée d’Aure attaque l’abbaye ainsi que le château de Mauvezin. Capturé, il est pendu à Toulouse.
En 1569, le comte de Montgomery occupe l’abbaye à la demande de Jeanne d’Albret.
En 1675, les moines qui avaient été chassés, reprennent le monastère par les armes ! Le monastère est reconstruit. Mais il ne fonctionne plus vraiment comme un monastère. En 1793, il est vendu à Messieurs Amand, Dubernet et Nairac. Il devient un rendez-vous de chasse.
En 1825, les bâtiments deviennent la propriété de la famille Frossard de Bagnères-de-Bigorre.
En 1997, il sera racheté par le Conseil général des Hautes-Pyrénées.

La légende du frère Raoul

Escaladieu - Légende de Scala Dei, dessin d'Ivan Douglas Frossard
Légende de Scala Dei, dessin d’Ivan Douglas Frossard

L’abbaye de l’Escaladieu, comme beaucoup de vieux monuments, possède sa légende. Frère Raoul est moine à Escaladiu. Or, Frère Raoul a une jeune sœur, belle comme le jour. Celle-ci est la fiancée d’un jeune et beau chef d’une bande de huguenots.

Mais voilà que ces bandits attaquent le monastère ! Dans la lutte, Frère Raoul tue le malheureux fiancé. Sa sœur en meurt de chagrin. On peut encore voir son ombre passer tristement dans les cloîtres à la recherche de son amour perdu.

Inconsolable d’être la cause du malheur de sa sœur, Frère Raoul ne peut trouver le repos et hante toujours les pièces du monastère.

L’Escaladieu

Comment s’y rendre ? 

Références

Article basé sur le livre Escaladieu, monastère cistercien des XIIe et XVIIe siècles, Douglas Frossard, 1955
Amplissima collectio veterum scriptorum et monumentorum, pères Martenne et Durand, tomus 6, p. 1022 et suivants : Vitas Bertrandi convenarum episcopi – en latin

 

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