Le Circuit du Comminges

Affiches du Grand Prix du Circuit automobile du Comminges
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Lorsqu’on arrive à Saint-Gaudens en venant de Montréjeau, on est surpris par les immenses gradins qui se trouvent sur le côté gauche de la route. Ce sont les vestiges du circuit  du Comminges.

Pourquoi le Circuit du Comminges à Saint-Gaudens ?

Le Sénateur Eugène Azémar (1877-1940)
Le Sénateur Eugène Azémar (1877-1940)

Après la « Grande Guerre », les « Années Folles » voient exploser l’industrie automobile. On organise des courses sur de grands circuits comme à Pau, au Mans ou à Montlhéry. Alors, pourquoi pas à Saint-Gaudens ?

C’est en tout cas l’idée du Sénateur Eugène Azémar (1877-1940), le président fondateur du Syndicat d’Initiative de Saint-Gaudens, et lui-même amateur de sports mécaniques.

Il inaugure le circuit en 1925 et la première « Semaine Automobile du Comminges » se déroule du 31 aout au 6 septembre. Au programme, un rallye entre les stations thermales, un gymkhana (épreuve sur un parcours hérissé d’obstacles et de difficultés diverses, destinée à montrer l’adresse des pilotes) à Luchon et un autre à Saint-Gaudens, une course de côtes de Montréjeau et du col de Peyresourde, un kilomètre lancé du Bazert, un concours d’élégance à Luchon, et les grands prix auto et moto du dimanche à Saint-Gaudens.

William Grover, vainqueur du Grand Prix 1928 sur Bugatti T35C devant les tribunes en bois de la Garenne
William Grover, vainqueur du Grand Prix 1928 sur Bugatti T35C devant les tribunes en bois de la Garenne

Devant le succès de cette première édition, les communes traversées se disputent pour verser une contribution financière et accueillir équipages et spectateurs.

Parallèlement, en 1925, on construit des tribunes en bois sur le bord de la route, elles seront en béton en 1933. Ce sont les tribunes de La Garenne qui existent encore ; elles peuvent accueillir 12 000 personnes.

Entre 1925 et 1954, ont lieu 18 grands prix automobiles et 15 grands pris moto sur le circuit du Comminges.

Les courses automobiles

En fait, la première course à Saint-Gaudens date de 1922. Mais, c’est un rallye de 200 kilomètres qui dépasse les frontières du Comminges. On y voit des voitures, des motos, des sidecars concourir ensemble. Bien sûr, les quarante concurrents déclenchent des applaudissements sur leur passage. C’est un véritable succès populaire.

Alors, encouragés par le succès du rallye, on voit apparaitre des animations dans tout le pays. Des courses hippiques, des kermesses, des concerts, des journées de bienfaisance. Le clou de la saison est bien sûr le Rallye du Comminges qui clôture la Semaine automobile.

Trois ans plus tard, en 1925, est créé le Grand Prix du Comminges. C’est une des plus grandes courses de France. Aussi, toutes les écuries automobiles y participent : Bugatti, Maserati, Porsche, Delahaye, Alfa-Roméo, Talbot, Gordini, Ferrari, etc. Et même, le Grand Prix donne lieu à l’un des toutes premiers reportages radiophoniques de France.

Le Circuit Automobile du Comminges de 26,3 km (1925-1932)
Le Circuit Automobile du Comminges de 26,3 km (1925-1932)
Robert Benoist en 1927
Robert Benoist en 1927

Les plus grands champions viennent courir sur le circuit du Comminges. Ainsi, en 1936, on admire Robert Benoist, grand prix d’Italie à Monza, grand prix d’Angleterre à Brook Lands, grand prix d’Espagne à Saint-Sébastien, grand prix de France à Montlhéry. Et tout çà la même année. Excusez du peu !

Malheureusement, le sport automobile se professionnalise. Et on doit annuler les Rallyes de 1927 et de 1928 par manque d’inscrits. De plus, les prix proposés au vainqueur et les primes sont insuffisants.

Le Circuit du Comminges

Le départ du Grand Prix du Comminges est donné à Saint-Gaudens. Il passe par Valentine, Pointis de Rivière, Huos, Gourdan-Polignan, Montréjeau, Villeneuve de Rivière et revient à Saint-Gaudens.

Le circuit fait 26,3 kilomètres ; les concurrents font 12 tours. Puis, on ramène le circuit à 11 kilomètres en 1932, et à seulement 4,4 kilomètres en 1952.

Grand Prix du Comminges 1928 © Musée du <yoastmark class=

Louis Chiron en 1931
Louis Chiron en 1931

Toutefois, le Grand Prix reste un immense succès populaire. On traverse même la Garonne à pied pour ne pas payer l’entrée. On dresse des kiosques dans les maisons qui bordent le circuit et on invite la famille et des amis. D’ailleurs, certains propriétaires forment un syndicat pour faire payer les spectateurs installés sur leurs terrains.

Des scouts et des étudiants viennent assurer le service d’ordre avec les gendarmes. En 1935, on fait même venir une compagnie de tirailleurs Sénégalais de Cahors. Mais, ce n’est pas du gout de tout le monde.

Pendant la guerre, le circuit est fermé. Il ne rouvrira qu’en 1946. En 1947, le XIVe Grand Prix du Comminges se déroule devant 50 000 spectateurs. On compte 35 inscrits de plusieurs pays alors que les autres courses en ont à peine 20. De même, l’édition de 1948 est aussi un triomphe. Aussi, en 1949, l’Automobile Club de France décide de décerner un de ses Grands Prix à Saint-Gaudens.

Le 36ème Grand Prix de l’ACF – Journal Les Actualités Françaises – 11.08.1949 – 00:52 – Vidéo sur la course de 1949.

Toutefois, il n’y a pas de course en 1950, en 1951 et en 1953. Et le circuit s’arrête en 1954, faute de moyens financiers suffisants pour récompenser les pilotes professionnels.

Comment la presse en parle ?

La presse nationale, régionale et sportive se fait l’écho du Grand Prix du Comminges.

L’Avenir de Luchon du 8 juillet 1928 fait le point sur « La semaine Automobile du Comminges » et trouve que les 45 000 Francs de subvention de la part de Luchon sont disproportionnés. Des 150 000 visiteurs qui devaient arriver et en partie loger dans les hôtels de Luchon, « S’il y eût à Saint-Gaudens dimanche quelque animation, elle fut provoquée par des visiteurs de la région qui arrivés le matin repartirent le soir. À Luchon nous n’en avons pas vu un ». Il est vrai qu’en Comminges, hormis à Saint-Gaudens, les retombées sont minimes.

Le France Olympique du 2 août 1935 annonce le Grand Prix du Circuit du Comminges
France Olympique du 2 août 1935

Le journal L’Auto du 12aout 1932 annonce la course et fait la liste des grands champions inscrits et des voitures en compétition. Le journaliste commence son article par : « Comment la petite ville de Saint-Gaudens est-elle devenue l’un des plus grands centres du sport automobile, le siège d’une course de haute réputation, qui toujours grandit et gagne en valeur ? Alors que tant de cités françaises n’ont pu maintenir un effort du même ordre, malgré des moyens supérieurs, et qu’il est même facile de citer telle ou telle ville de plus de 100 000 habitants n’ayant jamais donné leur nom à un Grand Prix ».

La France Olympique sort un numéro gratuit, le 2 aout 1935, entièrement consacré aux courses à Saint-Gaudens. Il titre en gros caractères : « Les bolides, dimanche, à Saint-Gaudens – Sur l’admirable circuit de la Garenne le XIe grand prix du Comminges mettra aux prises les plus réputés pilotes européens – Formidable duel de marques et de pilotes ». S’en suivent des articles sur les pilotes inscrits, aussi bien pour les épreuves autos que de motos, le tout accompagné de pronostics sur les machines engagées et les pilotes.

Comme on le voit, « La Semaine automobile du Comminges » est fortement commentée dans la presse locale, régionale et spécialisée.

Le souvenir du Grand Prix du Comminges

Philippe Etancelin en 1935
Philippe Étancelin en 1935

Le souvenir du Grand Prix du Comminges est encore présent dans les mémoires.

Saint-Gaudens a donné le nom des plus grands champions à ses rues : Etancelin (coureur à la casquette à l’envers, les lunettes sur la nuque et qui courait toujours en indépendant), Vimille (mort à Rio en voulant éviter un enfant lors des essais), Sommer (appelé « Le Sanglier des Ardennes », il a conduit 20 heures d’affilée au Mans alors que son co-équipier est malade), Dreyfus (connu pour son dérapage contre un arbre à Saint-Gaudens ; malgré le choc violent, il se retrouve assis, sa voiture sur ses quatre roues et aucun spectateur n’est blessé), Chiron (deux fois vainqueur à Saint-Gaudens), etc.

Pour le cinquantenaire du circuit, l’Écurie Automobile du Comminges fait revivre le circuit en organisant en 1985 deux jours de course. Le public est au rendez-vous.

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Un Musée du Circuit du Comminges a ouvert au-dessus des tribunes de La Garenne. Il fait revivre l’épopée du circuit au travers de photos, de documents, d’articles de presse, d’affiches, le tout dans un cadre d’époque reconstitué.

Serge Clos-Versaille

écrit en orthographe réformée (1990)

Références

Le circuit du Comminges, Revue du Comminges et des Pyrénées centrales, tome CXII, 1997, Victoria Azémar.
Site du Musée du Circuit du Comminges

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2 réflexions sur “Le Circuit du Comminges”

  1. merci je connaissais la randonnée cyclotouriste du Comminges organisée par la fédération française de cyclotourisme

  2. Bonjour,
    C’est avec beaucoup d’intérêt que je lis vos articles. J’ai découvert dernièrement le Château de Mauvezin ainsi que son ancien propriétaire né à Aiguillon proche de chez moi ! Je fais partit de l’association des Amis du poète occitan agenais Jasmin et vos parutions sont à chaque fois un plaisir de découverte que je partage avec mes amis d’Agen.
    Je donne régulièrement des conférences et j’édite des articles pour certains magazines et journaux, que je peux vous adresser. Ils sont libres de droit.
    Bien cordialement,
    Christian Moulié AGEN Tél : 06 23 62 98 13

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