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Le Parc Naturel Régional d’Astarac

La Gascogne compte un Parc National, le Parc National des Pyrénées. Elle a quatre Parcs Naturels Régionaux : Landes de Gascogne, Médoc, Pilat, Pyrénées Ariégeoises. Le Parc d’Astarac devrait être le cinquième parc naturel. Un sixième est en train de naitre en Comminges.

Qu’est-ce qu’un Parc Naturel Régional ?

Un Parc Naturel Régional a pour vocation de protéger et valoriser le patrimoine naturel, culturel et humain de son territoire. Il met en œuvre une politique d’aménagement et de développement économique, social et culturel, respectueuse de l’environnement.

Les collectivités dans le périmètre du futur parc naturel portent le projet. Le Conseil régional le crée. Un décret du Premier ministre le classe pour douze ans renouvelables. Un syndicat mixte en assure la gestion.

La charte du Parc Naturel Régional fixe les objectifs à atteindre, les orientations de protection, de mise en valeur et de développement du Parc Naturel Régional, ainsi que les mesures à mettre en œuvre. Elle associe les collectivités territoriales, les organismes socioprofessionnels, les associations, les agriculteurs, les producteurs, etc.

Parmi les actions d’un Parc Naturel Régional, on peut citer la protection de la flore et de la faune, la restauration et la protection des paysages, l’insertion du bâti dans les paysages, la mise en valeur de la culture et des savoir-faire locaux, l’organisation de manifestations culturelles, le soutien à l’agriculture durable, l’aide au maintien des services en zone rurale, l’information touristique…

Le projet de Parc Naturel Régional d’Astarac

Parc Naturel Régional d’Astarac
Le Parc d’Astarac

L’idée de Parc Naturel Régional d’Astarac est née en 2017 entre les trois communautés de communes de Cœur d’Astarac en Gascogne, d’Astarac-Arros en Gascogne et de Val de Gers. Elles couvrent le territoire de l’ancien comté d’Astarac.

Le département du Gers et la région Occitanie s’associent au projet. Une entente intercommunautaire est créée pour mener à bien le projet.

Des études de faisabilité ont lieu. Elles affinent le périmètre du futur Parc Naturel Régional, évaluent les forces et les faiblesses économiques et démographiques de l’Astarac, ainsi que la richesse de son patrimoine (flore, faune, paysages, bâti, savoir-faire, etc.).

Ce travail permet de constituer le dossier de candidature du Parc Naturel Régional d’Astarac. La région Occitanie l’approuve en mars 2021 et transmets au ministère de l’environnement pour son approbation et son classement.

On associe constamment les populations ainsi que les organismes socioprofessionnels, les associations, les agriculteurs, les artisans et chefs d’entreprise, etc.

Les richesses du Parc Naturel Régional d’Astarac

Le territoire du Parc Naturel Régional d’Astarac est d’une exceptionnelle richesse.

Il se caractérise par une alternance de coteaux dissymétriques faits de sèrras (versants courts), de bobeas (versants longs) et de ribèras (vallées) dessinées par des cours d’eau orientés sud-nord. La polyculture et l’élevage y dominent.

C’est le pays de la vache mirandaise, de l’oie de Masseube, de la poule noire d’Astarac, du dindon noir du Gers ou du Bleu de Gascogne (race de chien). Le Parc Naturel Régional d’Astarac veut promouvoir l’élevage de ces races pour développer des filières d’élevage et améliorer le revenu des éleveurs.

Habitat traditionnel dans le Parc Naturel Régional d’AstaracL’habitat traditionnel fait appel au pisé et au torchis, autant d’éco-matériaux que le Parc Naturel Régional d’Astarac veut valoriser dans une filière du bâtiment. Les vielles fermes ont un plan en équerre avec des treillis en bois pour éclairer et ventiler les bâtiments.

Ses habitats naturels (lacs, bois, marécages, mares, …) sont divers. Le Parc naturel régional d’Astarac offre un refuge à de nombreuses espèces animales et végétales. Certaines sont protégées ou menacées.

Au fait, l’Astarac c’est où ?

Mirande capitale du Parc Naturel Régional d’AstaracLe comté d’Astarac se situe en Gascogne, englobant des terres du sud du département du Gers et du nord des Hautes-Pyrénées. Le comté d’Astarac était divisé en quatre châtellenies, Castèthnau Barbarens [Castelnau-Barbarens], Durban [Durban], Montcassin [Moncassin] et Vilafranca [Villefranche].

Corps de bâtiment de l'abbaye de Berdoues.
Corps de bâtiment de l’abbaye de Berdoues

On a trace des comtes d’Astarac quand, en 920, Arnaut dit Nonnat, fils de Gassia Sans, duc de Gascogne, reçoit l’Astarac. Cette lignée traversera habilement les événements locaux comme la croisade contre les cathares, et continuera jusqu’en 1511. À cette date, Marthe, l »héritière, transmet le comté au comte Gaston III de Fois Candale [Gaston III de Foix Candale].

En 1134, est fondée une abbaye cistercienne, l’abbaye de Berdoas [Berdoues], grâce à une donation de Bernart II, comte d’Astarac. Avec l’accord des seigneurs, l’abbaye fonde Miranda [Mirande] en la dotant d’institutions libérales. Cette bastide, surnommé Mirande la Jolie, très prospère, deviendra la capitale de l’Astarac dès 1297.

Connaissez-vous l’Astaracien ?

Chalicotherium goldfussi astaracien
Chalicotherium goldfussi astaracien

Ce n’est pas le nom des habitants de l’Astarac. Ce n’est pas le nom d’un animal….

C’est le nom donné à une période préhistorique située entre – 15 et – 13 millions d’années. On a fait des découvertes de fossiles de cette période au sud d’Auch. Castelnau-Barbarens, Sansan, Simorre, Tournan et Villefranche d’Astarac. C’est une appellation  bien connue des préhistoriens mais parfois ignorée du public. En effet, Édouard Lartet découvre en 1834 le site de Sansan. La mâchoire fossile d’un singe remet en question la vision biblique de l’origine de la vie. Elle démontre celle de l’évolution des espèces de Darwin.

Le Parc naturel régional d’Astarac compte développer cet attrait touristique si particulier.

Le territoire de Parc naturel régional d’Astarac compte aussi de nombreux vestiges gallo-romains, comme la pile (tour de pierre) de Saint-Lary, des abbayes et leurs granges, des châteaux et des bourgs médiévaux qui constituent sa trame urbaine : castèthnaus et bastidas.

L’identité du territoire

L’identité du territoire, c’est aussi la langue locale que le parc naturel régional compte sauvegarder et mettre en valeur.  Très récemment, Jacques Tujague a publié un dictionnaire de ce parler dans lequel il signale quelques particularités comme le s final, en particulier du pluriel, qui se prononce comme un h nettement expiré : los chivaus (louh chibauh), les chevaux. Ou encore le s franchement chuinté : a nosta (a nouchto), chez nous.  Écoutons-le raconter l’histoire du diable dans l’église.

      1. Istoèra deu diable de la glèisa

Il n’y a plus qu’a attendre le classement du Parc Naturel Régional d’Astarac. Pour en faire la destination de vos prochaines vacances !

Serge Clos-Versaille

écrit en orthographe nouvelle

Références

www.parcs-naturels-regionaux.fr
Vers un parc naturel régional en Atarac
L’abbaye de Berdoues
À la découverte de l’Astarac