Les maisons à pans de bois dans la vallée d’Aure

L’abbé Marsan et les maisons à pans de bois

François Marsan manuscrit
Manuscrit de François Marsan prêt à être publié

La maison des fleurdelys, magnifique maison à pans de bois attire le visiteur à Arreau. Que fait-elle là ?

L’abbé François Marsan (1862 – 1944), curé de Saint-Lary, parcourut longuement la vallée d’Aure, fouilla bien des papiers et des greniers de maison. Il nous permet ainsi de connaître quelques trésors dont certains ont disparu. Il publia de nombreux articles dont les curieux trouveront ici une liste.

En particulier, il écrivit il y a cent ans, donc en 1918, un article d’une vingtaine de pages, Vieilles maisons à pans de bois dans la vallée d’Aure. Ses recherches permettent d’éclairer l’histoire de trois maisons : la maison des fleurdelys à Arreau, la maison du procureur à Guchen, Le Castel de Fisse à Tramezaïgues.

Les maisons à pans de bois, qu’es aquò ?

C’est une maison présentant des « murs » (pans) de bois. On les superpose souvent en encorbellement afin de gagner de la place dans les étages sur la voie publique. Cela constitue un bon isolant thermique. Ce qui n’est pas à dédaigner dans nos montagnes.

A la Renaissance, la vallée d’Aure est prospère grâce à l’industrie des draps et à son commerce avec le royaume d’Aragon. C’est donc un moment où on construit des maisons de qualité. Maisons de pierre à portes avec archivoltes et croisées à meneaux y voisinent avec les maisons à pans de bois ornés de Croix de Saint-André et d’écharpes, écrit Marsan.

La Maison des fleurdelys d’Arreau

Maisons à pans de bois - La maison aux lys d'Arreau en vallée d'Aure - photo du livre de François Marsan

Vous pourrez admirer, entre autres, le tympan avec son monogramme de Jésus IHS, surmonté de la croix, et entouré de la couronne d’épines que supportent deux anges agenouillés. On notera aussi les baies en anse de panier, les deux étages en encorbellement avec au centre de chacun de leurs pans une fleurdelys. Classée monument historique en 1913, elle a été magnifiquement restaurée.

En 1918, la maison appartient à Lucien Labat. Et auparavant ? C’est toute cette histoire que va exposer notre historien en soutane. Fin XVIe siècle, Jean Passarieu s’installe à Arreau et fait construire la maison des fleurdelys. Son fils Jean est marchand et bourgeois de la ville. Sa femme est Jeanne de Vignec. L’abbé présente les éléments qu’il a collectés sur cette famille.

Quatre siècles plus tard, le rez-de-chaussée de la maison est toujours utilisé comme un commerce.

La maison du procureur à Guchen

Maisons à pans de bois - La maison du procureur à Guchen en vallée d'Aure - photo du livre de François Marsan

D’autres maisons à pans de bois ont attiré l’attention de l’abbé Marsan, comme la maison du procureur à Guchen, datant aussi du XVIe siècle et plus précisément de 1594. Henri III, roi de France, pourvoit par lettre du 5 avril 1579, Maître Dominique Marsan, notaire et avocat, de la charge de substitut du procureur du Roi dans la judicature d’Aure. Henri IV le confirmera en 1602. L’abbé présente la lettre dans son article.

Un document des plus savoureux liste les dépenses du voyage de Gilles de Souvré (1596 – 1631), évêque de Comminges, en visite dans son diocèse. On sait ainsi qu’il s’arrêta trois jours chez Geoffre d’Ancizan (Ancizan est à côté de Guchen). L’évêque a dîné chez Monsieur Marsan le vendredi 21 août 1620, donc dans la maison du procureur. La liste montre qu’on se nourrit de pain, de vin, de viande et de fromage. Finalement, de bons basiques !

La maison, 32 route de l’Arbizon, déjà en mauvais état quand Marsan la décrit, a subi depuis de nombreuses transformations. En particulier le pan de bois est détruit !

Le Castel de Fisse à Tramezaïgues, haute vallée d’Aure

Maisons à pans de bois - Le Castel de Fisse à Tramezaïgues en haute vallée d’Aure - dessin du livre de François Marsan

Tramezaïgues est un village situé au pied du pic de Tramezaïgues (2 548 mètres). Son nom a évolué de Castellum de Trames Aquas (cf. cartulaire de bigorre, en 1180), Tramasagas (actes Bonnefont, XIIIe siècle), de Trambis Aquis (pouillé du Comminges, 1387) jusqu’à Tramesaigues avec ou sans « s » dans les registres du XVIIIe siècle. Ce nom veut dire Entre deux eaux.

Le village est bien pourvu de curiosités pour le visiteur : château-fort du XIIe siècle dont la tour de Cadéac, surveillant la frontière. Des gisements gallo-romains… et trois maisons à pans de bois dont une, remarquable, le Castel de Fisse. Hélas pour un élargissement de la route, il fut tout simplement… détruit. Heureusement, notre abbé avait déjà fait faire un photographie en 1886 et le dessin ci-contre.

Le castel est dans la famille Fisse depuis le XVIe siècle. C’est une famille de notables, avec Benoit Ferras dit de Fisse, prud’homme, puis Pierre Fisse, syndic et député dès 1663, etc. Citons aussi Jean-Bernard Campassens (début XIXe siècle), fils de Dominiquette Fisse, surnommé le baronnet. Il est propriétaire de la montagne d’Estaragne, Artigusse, Paret, Baranne, Barannette et Cap-de-Long.  Son hospitalité est devenue légendaire dans la vallée d’Aure, précise Marsan.

Cet article s’appuie sur le livre Vieilles maisons à pans de bois dans la vallée d’Aure de l’abbé François Marsan. Un exemplaire est à la bibliothèque de l’Escòla Gaston Febus  avec une version pdf du texte complet de François Marsan, téléchargeable sur le site. Les photos et dessin proviennent du livre.

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