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Gasconnismes, faut-il se soigner ?

Gasconnismes - la couverture du livre de M. DesgrouaisLes gasconnismes : Henri IV en faisait lui aussi

Bien parler une langue, tout un programme ! Quand nous nous y essayons, nous traduisons parfois quelques locutions de notre langue maternelle, qui sont impropres dans la langue d’élocution. Les Gascons n’échappent pas aux gasconnismes quand ils parlent français.

Notre Henri IV, parfaitement instruit, utilisait lui aussi, quelques gasconnismes. Vastin Lespy en releva quelques-uns dans les lettres du roi. Par exemple, Je ne me suis pu trouver sur le port à votre arrivée. Les Gascons reconnaitront la position du personnel et le choix de l’auxiliaire No’m soi podut trobar…

Plus tard, au XVIIIe siècle, M. Desgrouais, professeur au collège royal, entreprend d’éduquer ses concitoyens. Il relève avec attention les « erreurs » des Gascons. Il voudrait les aider à corriger leurs gasconnismes dans leur façon de parler le français.

Quelques gasconnismes courants au XVIIIème siècle

D’accord, en ce temps-là on appelait Gascons tous les méridionaux. Et l’auteur, M. Desgrouais étant de Carcassonne, peut-être s’agit-il plus de languedocianismes que de gasconnismes. Toujours est-il qu’il était fort choqué de ce français approximatif qu’il entend à Paris, de ce baragouinage de nos chers aïeux.

Nous sommes-nous soignés depuis ? Vous pouvez le vérifier en parcourant ce livre où les mots sont classés par ordre alphabétique, comme dans un dictionnaire. Et, en avant-gout, quelques exemples de ces horreurs.

 

Nous disons

Nous manquâmes tomber dans l’eau,
–   au lieu de : nous manquâmes de tomber dans l’eau.
Il accourut à moi et me sauta dessus,
–   au lieu de : il accourut et sauta sur moi.
J’en voudrais plus,
–    au lieu de : j’en voudrais davantage.
Prenez garde que cet enfant marche droit,
–    au lieu de : ayez soin que cet enfant marche droit.
Je me gèle quoiqu’auprès d’un bon feu,
–    au lieu de : je gèle quoiqu’auprès d’un bon feu.
Je ne me bougerai pas d’ici,
–    au lieu de : je ne bougerai pas d’ici.
Je veux venir chez vous ce soir,
–    au lieu de : je veux aller chez vous ce soir.

 

 

Anne-Pierre Darrées

écrit en orthographe nouvelle