Gaston Febus prince troubadour

image_printImprimez la page

La cour de Febus, une cour recherchée

Troubadour - chanter les exploits de Marco Polo
Débarquement dans un port chinois, Devisement du monde, Marco Polo

Gaston III de Foix ou Gaston Febus est un lettré. Ainsi, il entretient un scriptorium, atelier avec des copistes, à qui il demande des travaux qu’il suit de près. Lui-même parle et écrit gascon, sa première langue, la langue d’Oïl, le catalan, le latin et la lenga mondina ou langue de troubadour. Il aime la musique, l’écoute, la compose comme ce motet sur un texte latin Inter densas admirabile est nomen tuum. Il collectionne de grands manuscrits, il les lit, parfois les fait traduire en gascon. Ce sont de livres scientifiques ou techniques comme la fameuse grande encyclopédie Le grand miroir de Vincent de Beauvais, 1258, ou bien des livres chevaleresques, épiques ou romanesques comme le Devisement du monde de Marco Polo, 1298. Febus échange aussi des manuscrits avec d’autres seigneurs.

Des troubadours à la cour de Febus

Aussi se pressent à sa cour trobadors e jonglaires (troubadours et jongleurs) et les grands seigneurs de l’Europe. Le chroniqueur Jean Froissart, ébloui, n’hésite pas à décrire la cour de Moncade comme supérieure à toute autre de son temps.
Febus entretient plus particulièrement un troubadour, Pèire de Rius, dont nous est resté le poème qu’il écrit sur le comte, Armas, amors e cassa, Armes amours et chasse. Ici une courte biographie de Pèire de Rius, les conditions de découverte de son poème et le poème lui-même.

Febus, troubadour : [A]ras can vey del boy fuylar la rama

Troubadour, Gaston Febus prince troubadour
Canso de mossen Gasto

Avec un tel amour des lettres, il fallait bien que le comte s’essayât à l’écriture ! Une canso est parvenue jusqu’à nous, [A]ras can vey del boy fuylar la rama, Ores quand je vois du bois feuillir la rame. Si elle a été conservée, c’est parce qu’il l’avait présentée aux Jòcs floraus de Tolosa. Il a même gagné le prix de poésie, la violette d’or appelée joya.

Consulter le texte original, sa traduction en français ainsi que des éléments de contexte.

 

Le groupe ÒmiOrs propose une version contemporaine et étonnante de ce texte.

Au-delà de la poésie, on peut apprécier l’ancien gascon dans les deux textes présentés dans cet article, du XIVe siècle, et peut-être penser qu’il reste lisible pour un contemporain. Les passionnés pourront même s’amuser à repérer les évolutions de la langue et des graphies.

grafia originau

canso
Gasto
aras
rama
etc.

grafia felibrenca

cansoû
Gastoû
are – ares
rame

grafia classica

cançon
Gaston
ara
rama

 

 

 

image_printImprimez la page

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *