Le Commissaire Magret, un policier pas ordinaire

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Les vacances ne sont-elles pas une bonne période pour découvrir ou redécouvrir quelques auteurs gascons contemporains, par exemple, les aventures savoureuses du Comissari Magret, ou Commissaire Magret ?

Jean-Louis Lavit, le créateur du commissaire Magret

Jean-Louis Lavit, auteur du Commissaire MagretJean-Louis Lavit, né à Lourdes en 1959, a une carrière de regent caminaire en Bigorre, puis de conseiller pédagogique. Toute sa carrière, il affirme sa conviction sur l’intérêt du bilinguisme pour les élèves.

Il publie son premier livre en 1994, Pelòt, pour lequel il obtient le Prèmi Pau Froment. Pelòt, rappelons-le, est ce bandit bigourdan qui se révolta contre le pouvoir central avec un panache et un cœur à la Robin des Bois. Depuis cette date, l’auteur a publié plus d’une dizaine de livres sur des sujets très divers.

Pour septembre 2018, il nous concocte le retour de son héros, lo comissari Magret, dans un nouveau roman policier qui s’intitulera Bèth peu de sau. Une contrepèterie qui présage un bon moment…

L’entrée en scène du commissaire Magret

Le Gasconhaliura, la boisson préférée du commissaire MagretZocalfar est un livre qui se passe dans la region autonòma de Gasconha-Dessús, plus précisément à Tarbes. Et il débute par la réception de bienvenue du nouveau commissaire aux Servicis Centraus dera Polícia Gascona. Vous le comprenez, nous sommes dans la fiction…

Le commissaire Magret apparaît tout de suite comme un héros de série. Son caractère et ses habitudes nous sont vite dévoilés. En bon gascon, il aime manger, il aime boire, en particulier un Gasconhaliura, cocktail à base d’armagnac. Son équipe tout aussi sympathique est présentée parfois par des surnoms comme Mata-Hari ou lo Cauerat.

Zocalfar, quel drôle de titre !

Pour comprendre le titre, il faut connaître l’affaire que va traiter le commissaire. Elle nous est présentée en quatrième de couverture :

Lo comissari Magret recentament nomiat e qui torna donc en lo son país autonòme de Gasconha-Dessús qu’es con.hrontat a ua enigma de las peludas ! Un lèd creat qui s’apèra eth-medix Zocalfar qu’a decidit de denegar l’especificitat gascona de la lenga occitana d’aqueth parçan de Gasconha.

E que magina un salopèr de virús qui hè perir las formas especificas deu parlar gascon tant dehentz los ordinators com preus gents qüand parlann… Urosament lo comissari Magret, ajudat per un pariadge de “hlics” d’elei, qu’enquista… e que sauverà lo parlar gascon d’ua acabada mau-volenta.

Le commissaire Magret récemment nommé et qui revient dans son pays autonome de Gascogne-sud, est confronté à une énigme bien compliquée ! Un affreux qui s’appelle lui-même Zocalfar a décidé de nier la spécificité gasconne de la langue occitane de ce morceau de Gascogne.

Et il imagine une saleté de virus qui fait disparaître les formes spécifiques du parler gascon tant dans les ordinateurs que chez les gens qui parlent… Heureusement le commissaire Magret, aidé par une équipe de “flics” d’élite, enquête… et sauvera le parler gascon d’une fin malveillante.

Sachant cela, Zocalfar peut se décomposer en zo cal far (on reconnaît des mots utilisés dans la région languedocienne) et on le traduira en gascon par ac cau har, il faut le faire.

Au-delà de l’histoire

Dessin du blog du commissaire Magret
Dessin du blog du commissaire Magret

Ce roman policier est plus humoristique que roman noir ou roman d’action. Le style lui-même est léger et imaginatif. Le vocabulaire illustre joliment les propos avec des mots qui utilisent la richesse du gascon et attirent le sourire comme
Miam ? ce prudentiquegi… / Miam ? dit-il prudemment…
ou
Hrancés Horcadet (…) que’s gaha a comengejadissar / François Hourcadet (…) se met à “jargonner commingeois”.

Et on passe un bon moment à lire les traits d’humour, les clins d’œil qui sont liés à des situations ou à des effets de vocabulaire, comme ce début de chapitre :
En bon gascon que quequeja:
– Que…, que…, que…, que…, que…
– E ben qué ? Que que(1)  o qué ?
(1)  deu vèrbe “quer”, forma lavedanesa de càder, précise l’auteur

Vous pouvez lire ce polar à l’ombre d’un tilleul ou laisser votre esprit vagabonder vers des souvenirs ou des degrés seconds.

Et si vous prenez plaisir à le lire, que diriez-vous d’attaquer la deuxième histoire du commissaire Magret, Lo tin-tin d’Ergé, écrite cinq ans plus tard ?

Dans tous les cas, bonne sieste, le sourire aux lèvres !

Références

Vous pouvez visiter le site du Comissari Magret.
ou lire les livres
Zocalfar, Joan-Loís Lavit, 1997, éditions Princi Negre.
Lo Tin-Tin d’Ergé, Joan-Loís Lavit, 2004, Crimis, IEO.

 

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