Les étangs landais, une longue histoire

L'étang landais d'Arjuzanx
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Les étangs landais, ce sont sur le littoral atlantique plus de 80 lacs ou étangs, tous parallèles à la côte, orientés nord-sud entre le Médoc et l’Adour, reliés entre eux par un réseau hydrographique. Le plus grand fait  5 500 hectares, le plus petit seulement 1,8 hectares. Allons à leur découverte.

Les étangs landais : une formation ancienne

Cette étrange disposition remonte à l’ère quaternaire. Les vents accumulent du sable sur la côte. Lors de la remontée des eaux en raison de la fonte glaciaire (jusqu’à 120 mètres), l’océan pousse le sable qui forme des tucs ou dunes quand la végétation ralentit son avancée.

L’accumulation de sable forme un cordon dunaire qui empêche les rivières d’arriver jusqu’à l’océan, la Mar grana ou le Gran tòs pour nous, les Gascons. Les rivières inondent les vallées derrière les tucs et forment des étangs et des lacs. Les nappes phréatiques remontent aussi et transforment le paysage en marécages.

Certains lacs et étangs sont reliés par des cours d’eau orientés sud-nord en raison de la barrière formée par les tucs. Elles donneront l’idée de les aménager pour créer une voie navigable.

Aujourd’hui, les lacs et les étangs sont en voie de comblement par l’apport d’alluvions et le faible renouvellement de l’eau.

Les projets de canal entre Arcachon et Bayonne

Le projet de canal entre la Gironde et l'Adour
Le projet de canal entre la Gironde et l’Adour

Vauban a l’idée de relier la Gironde à l’Adour par une voie navigable en 1681. Longue de 200 km, elle doit emprunter le chapelet de lacs et d’étangs des Landes. Le projet ne voit pas le jour, pas plus que d’autres, avancés au cours des XVIIe et XVIIIe siècles. Il faut fixer les dunes avant les travaux. On abandonne l’idée de canal pendant la Révolution.

D’autres projets sont imaginés : le canal des Petites Landes entre Nérac et Mont de Marsan empruntant la Baïse, la Gelise la Douze et la Midouze ; le canal des Grandes Landes entre Arcachon et Bordeaux par l’étang de Cazaux, la Leyre et Castres au nord et jusqu’à Bayonne en passant par les lacs et étangs vers le sud.

Le canal de Cazeaux
Le canal de Cazeaux

Jean-François Boyer-Fonfrède (1809-1875) est issu d’une famille d’armateurs bordelais. Il crée la Compagnie d’Exploitation et de Colonisation des Landes en 1833 et creuse un canal de 13,5 km pour relier les lacs de Cazaux, de Parentis et d’Aureilhan au bassin d’Arcachon grâce à sept écluses. On l’ouvre à la navigation commerciale en 1840 et touristique en 1845. La navigation cesse en 1860 en raison de l’ensablement et du manque de rentabilité.

La MIACA et l’aménagement de la côte atlantique

Seignosse le Penon
Seignosse le Penon

La Mission Interministérielle d’Aménagement de la Côte Aquitaine (MIACA) est créée en 1967. Elle a pour mission de définir un plan d’aménagement de la côte. Ses missions recouvrent la protection des dunes, la lutte contre l’érosion, la préservation de la nature et l’aménagement économique et touristique.

Si le littoral a échappé aux constructions de grands ensembles tels qu’on peut en voir sur la Méditerranée, la MIACA a créé des Unités Principales d’Aménagement, notamment par la création de Seignosse le Penon, Port d’Albret, Capbreton et Messanges.

On lui doit l’aménagement touristique des lacs et des cours d’eau, ainsi que l’ouverture à la navigation de plaisance du canal qui relie les lacs de Cazaux et de Parentis, vestige du grand projet de canal jusqu’à Bayonne.

En 2006, la MIACA a laissé la place à un GIP (Groupement d’Intérêt Public) qui associe l’Etat et les collectivités locales.

Les étangs landais : leur aménagement touristique 

Port de plaisance de Cazeaux
Port de plaisance de Cazeaux

Les lacs et étangs sont aménagés pour le tourisme. De nombreux campings et résidences secondaires se dispersent entre les plans d’eau et la côte atlantique. Malgré le faible nombre de zones ouvertes à l’urbanisme, de nouveaux équipements sont régulièrement construits.

Les activités autour des lacs et des étangs landais sont la baignade, les sports nautiques (ski nautique sur les lacs de Cazaux-Sanguinet et de Parentis-Biscarosse, jets skis sur le lac de Cazaux-Sanguinet), la navigation de plaisance (5 167 ancrages majoritairement situés sur le lac de Cazaux-Sanguinet), la voile, le canoé-kayak et la pêche de loisir. L’hydraviation se pratique sur le lac de Parentis-Biscarosse.

Sur des espaces aménagés, on pratique d’autre activités plus douces. Randonnées, cyclisme (piste de 170 km entre la pointe des Graves et l’Adour), équitation, golf.

Les activités touristiques doivent cohabiter avec les activités économiques. Par exemple, l’exploitation du pétrole sur le lac de Parentis ou les piscicultures pour l’élevage de truites.

La protection des lacs et des étangs

Le raisin d'Amérique
Le raisin d’Amérique

Des réserves naturelles se créent pour protéger les étangs landais afin de protéger la faune et la flore. Les espèces invasives sont nombreuses et la lutte s’organise. La Jussie, la Renouée du Japon, le raisin d’Amérique. Ou le poisson-chat, les écrevisses américaines, le vison d’Amérique, la tortue de Floride, etc.

L’exemple de l’étang d’Arjuzanx illustre le travail accompli. En 1958, EDF ouvre un gisement de lignite pour alimenter une usine électrique. Elle ferme en 1992 et EDF s’engage à participer à la réhabilitation des 2 716 hectares du site d‘extraction. C’est maintenant une réserve naturelle nationale.

Des travaux ont été nécessaires pour un montant de 14 millions €. Reprofilage des bords des anciennes excavations, fertilisation et travail du sol. Amélioration de la qualité des eaux, re-végétalisation, réalisation d’ouvrages hydrauliques.

On reconstitue la flore et la faune et on autorise des activités de pleine nature, telles que la baignade, le nautisme, la pêche ou la promenade.

Serge Clos-Versaille

écrit en orthographe nouvelle

Références

Syndicat Mixte pour la Sauvegarde et la Gestion des Etangs Landais

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