Le chien des Pyrénées ou pastor en gascon, patou est une ancienne race déjà décrite par Gaston Febus. Il accompagne les bergers pour protéger les troupeaux. Il ne faut pas le confondre avec le berger des Pyrénées.
Un grand chien de garde

Le pastor est un grand chien aux poils longs et blancs. On l’appelle aussi patòla ou patòc (pataud). C’est à la fois un chien de garde des troupeaux et un chien de compagnie. Il gardait même les châteaux au moyen-âge. Et on le voit plus tard à la cour de Louis XIV.
Au cours du temps, il s’est fait de plus en plus rare dans les campagnes. On le redécouvre en 1965 avec le feuilleton télévisé « Belle et Sébastien » de Cécile Aubry. Depuis, avec le retour des grands prédateurs (loup, lynx et ours), on l’utilise de nouveau pour la protection des troupeaux.
À quoi ressemble le pastor ?
Ce grand chien des Pyrénées mesure 80 centimètres de haut. Sa tête est énorme, sa queue est épaisse et rabattue. Lorsqu’il est en éveil, elle se redresse formant une roue jusqu’à toucher ses reins. On dit : que hè l’arrodèra (il fait la roue).

II a de quoi impressionner les gens qui ne le connaissent pas. Pourtant, il est calme et doux avec les enfants. Il est capable de reconnaitre des personnes qu’il n’a pas vu depuis longtemps mais, s’il détecte un intrus, il s’interpose et aboie. Et il aboie fort ! Plutôt que d’investir dans un couteux équipement d’alarme, il vaut parfois mieux mettre un pastor dans son jardin. Seul problème, il lui faut beaucoup d’espace. Petits jardins de ville à exclure donc.
Les bergers apprécient cette qualité de défense. Ils l’élèvent avec leurs moutons dès son plus jeune âge. Il nait souvent dans la bergerie. Ainsi, il considère les moutons comme sa famille. Cela peut poser d’ailleurs des problèmes dans les estives à cause des promeneurs qui s’approchent trop près des troupeaux. Un éleveur a d’ailleurs été condamné en 2021 à une amende avec sursis car son pastor avait mordu un touriste.
Un chien trop jeune cherche aussi à s’amuser. Il arrive qu’il blesse des moutons en s’amusant. Pour l’éviter, la présence d’un chien expérimenté est primordiale pour parfaire son éducation.
Le chien berger des Pyrénées ou labrit

Le chien de montagne est souvent confondu avec le labrit, un chien de bergers. D’ailleurs, dans un troupeau, on peut rencontrer les deux chiens, chacun ayant sa fonction particulière.
Le labrit est de plus petite taille, à peine 50 centimètres, au poil fauve, gris ou noir. Sa truffe est noire et il ressemble parfois à un ours. C’est un chien vif et robuste. Il résiste aux intempéries (il est rarement malade) et sait jeuner quelques jours. Il mange même de l’herbe pour tromper sa faim.

Tout comme le pastor, le labrit doit être élevé avec des moutons ou même des chats. Plus grand, il aboie contre des animaux qu’il ne connait pas.
C’est aussi un excellent compagnon. On voit rarement un labrit en dehors des montagnes.
Le labrit et la grande guerre

Il doit sa notoriété à la guerre de 1914-1918. À partir de 1916, on le recrute grâce à ses qualités olfactives. Il accompagne les patrouilles et cherche les blessés. Roublard et rapide, il fait une excellente estafette pour porter des messages à travers les lignes. Mais il paie un lourd tribut à la guerre.
Le Journal La protection des Animaux de la région lyonnaise de septembre 1923 raconte la mort d’un labrit au front : « Quand après vingt-six jours de tranchées, nous arrivâmes dans cette ferme incendiée pour gouter un peu de repos à l’abri de ses toits défoncés et de ses murs croulants, un chien nous fit les honneurs du logis. Je dis un chien, mais de prime abord, avec son pelage fauve, sa queue en panache, son échine courbe, ses yeux ronds et phosphorescents, on eût plutôt cru un renard famélique chassé des forêts d’Argonne par la mitraille, et rôdant là en quête de quelque vague aubaine [….] ».
Tout comme le pastor, le labrit doit être élevé avec des moutons ou même des chats. Plus grand, il aboie contre des animaux qu’il ne connait pas.
Le chien des Pyrénées et la lutte contre les prédateurs

Le grand chien des Pyrénées, le pastor, vit au milieu du troupeau. En cas d’approche d’un loup ou d’un ours, il s’interpose entre le troupeau et le prédateur. C’est pour cela que les bergers lui mettaient un collier à clous. En cas de bagarre, cela lui donnait l’avantage.
Les blessures survenues au cours de la bagarre concernent surtout les jeunes chiens. Car ils vont trop vite au contact du prédateur. Un chien plus âgé et plus expérimenté s’interpose seulement. Et s’il y a plusieurs chiens dans le troupeau, un seul va au contact, les autres se reposant sur lui.
En tout cas, il est certain qu’un troupeau protégé par des chiens de garde est moins souvent attaqué par les prédateurs. Les attaques diminuent en moyenne de 70 %, et même de 90 % dans certains cas. Lorsqu’on parle de prédateurs, on pense au loup, au lynx ou à l’ours. N’oublions pas qu’une grande partie des attaques est le fait de chiens errants.
Au col du Portillon, une étude est menée. À Juzet de Luchon où le troupeau est gardé par un berger et un pastor, une seule brebis est attaquée. Mais à Antécade où il n’y a ni berger ni pastor, ce sont 37 brebis qui sont attaquées. À Sode où il y a un berger mais aucun pastor, 22 brebis sont attaquées. Et le constat est le même dans toutes les estives.
Le pastor et l’ours
Le « Programme ours » lancé par l’État vise à faciliter la cohabitation entre l’ours et le pastoralisme. Il apporte des aides spécifiques, notamment une aide à l’achat, à l’accompagnement, à l’entretien et à l’utilisation du grand chien des Pyrénées.
Un éleveur raconte une attaque d’ours : « À l’arrivée de l’ours, les chiens ont fait face en aboyant de façon menaçante. Un des trois pastors est resté plus en retrait dans le troupeau et les brebis se sont décalées. Ensuite l’ours s’est dirigé sur un monticule puis il a lancé une charge et poursuivi un pastor, les deux autres sont arrivés à la rescousse. L’ours a reculé puis lancé une nouvelle et ultime charge avant de s’en aller au pas et de disparaitre. […]». Pendant environ 2 heures, l’ours fait des tentatives pour passer la crête et aller aux brebis, mais à chaque fois le chien s’est interposé entre lui et le troupeau, l’ours finit par abandonner ».
La protection idéale des troupeaux réside dans la présence d’un berger, de pastors, de clôtures et d’éviter que le troupeau se disperse en petits groupes.

Serge Clos-Versaille
écrit en orthographe nouvelle
Références
Pays de l’ours – ADET
Chien de montagne des Pyrénées, Woopets
Chien de montagne des pyrénées
20 races de chiens de montagne
Le Berger des Pyrénées : 0 races de chiens de montagne


merci belle documentation