Marcel Amont et la redécouverte du Béarn

Marcel Amont, un des derniers grands du music-hall, part à Paris faire carrière. L’âge avançant, il réalise son ancrage profond en Béarn et en témoigne. Dans la série Les Gascons de renom avec Joseph du Chesne, Jean Laborde, André Daguin et Ignace-Gaston Pardies.

Situons Marcel Amont

Escamillo, le premier succès de Marcel Amont
Escamillo, le premier succès de Marcel Amont

Marcel Miramon, surnommé Marcel Amont, est né le 1er avril 1929 à Bordeaux, d’une famille originaire d’Etsaut, en vallée d’Aspe. En 1950, il monte à Paris pour chanter dans des cabarets. Son père, confie l’artiste dans son dernier spectacle, n’approuvait pas son choix. Et avec son accent béarnais il lui dit : Et alors tu n’aurras pas de retraite et tu veux être payé pour chanter des connerries ?

Accueilli et aidé par Charles Aznavour qui restera son ami, il attend 1956 pour chanter en première partie des concerts d’Édith Piaf. Révélation de l’année, il enregistre son premier disque en public, Escamillo. Il obtient avec ce disque le prix de l’Académie Charles-Cros. Disques, tournées, émissions de télévision qu’il anime même, le chanteur est infatigable et ses tubes se succèdent.

Pas de retraite pour Marcel Amont

Marcel Amont à Borce
Marcel Amont à Borce

Marcel Amont revient régulièrement dans les montagnes de sa famille, à Borce. Il y a aménagé une ancienne grange, dans l’enceinte du parc national des Pyrénées. Mais, comme l’avait prédit son père, il ne prend pas de retraite, comme en témoigne sa discographie impressionnante. Il sort d’ailleurs un nouvel album, Par-dessus l’épaule, en octobre 2018. Il approche les 70 ans de carrière !

Si j’avais suivi la route qui m’était destinée, j’aurais été instituteur, mais j’ai choisi une carrière aventureuse et je ne sais rien faire d’autre, alors je continue. Je ne suis pas en pleine forme, mais tant que je peux tenir et que le public ne me rejette pas, je ne vois pas ce que je pourrais faire qui me passionne autant. Sinon quoi, m’asseoir sur un fauteuil en attendant que la mort vienne me prendre ? confie-t-il à La Dépêche du 7 octobre 2018.

Le temps de la réflexion sur la langue

La Hesta
Marcel Amont – La Hesta (1981)

À la mort soudaine de sa mère en 1976, Marcel Amont veut approfondir la langue gasconne. Il se met à parler béarnais avec son père, s’abonne aux revues Per Noste et Reclams. Il découvre alors, aux abords de la cinquantaine, que ce patois béarnais qu’il parle couramment, n’est pas qu’un patois. C’est une langue poétique, riche. Et c’est la langue de ses ancêtres.

Alors le chanteur compose des musiques sur des poèmes de ses contemporains ou qu’il écrit lui-même. Il publie des disques (avec des livrets bilingues) comme Que canta en biarnés (1979), Que conta en biarnés (1981), La Hèsta (1981). Il redécouvre les auteurs classiques de la littérature gasconne avec Marcèu Amont canta los poètas gascons (1987).

Une anecdote. Pour rappeler ses racines au Toulousain Claude Nougaro qui lui, écrit des chansons en français, Amont lui offre une surprise dans une émission de télévision dont il est l’animateur (extrait de la bande son – 3mn).

Marcel Amont chante en béarnais

Marcel Amont chante en béarnais
Marcèu Amont que canta en biarnés

Son premier album béarnais est plutôt sur des créations (deux extraits à écouter)

Per aquera carretera – Par cette Ruelle


Paroles : Marcel Amont
Musique : Marcel Amont / S.Doudy

No’t hiquis pas aiga en vin – Ne mets pas d’eau dans ton vin.


Paroles béarnaises : Gilabèrt Narioo
Musique : Hubbard

 

Marcèu Amont canta los poètas gascons (1987)

Roger Lapassade
Roger Lapassade (Flors desbrombadas)

Dans l’album de 1987, Marcel Amont crée des musiques nouvelles appuyées sur des poèmes de grands auteurs, comme :

Quan lo primtemps, de Jacob de Gassion
Auloron, de Xavier Navarròt
Esten ta parpana, de Filadelfa de Gèrda
Content de viver, de Simin Palay
Flors desbrombadas, de Roger Lapassada
etc.

Flors desbrombadas

Quan lo primtemps en rauba pingorlada
A hèit passar l’escosor deus grans hreds,
Lo cabiròu per bonds e garimbets,
Sauteriqueja au mietan de la prada.
Au bèth esguit de l’auba ensafranada
Prenent la fresca au long deus arrivets,
Miralhà’s va dens l’aiga argentada,
Puish suu tucòu hè cent arricoquets…
Deus cans corrents cranh chic la clapiteja ;
E se tien sauv … Mes, entant qui holeja,
L’arquebusèr lo da lo còp mortau !
Atau viví sens tristessa ni mieja,
Quan un bèth uelh m’anà har per enveja,
Au miei deu còr, bèra plaga lejau.

Fleurs oubliées

Quand le printemps en robe bariolée
A fait passer la brûlure du froid
Le chevreuil, à mille bonds et gambades,
Saute et joue au milieu de la prairie.
A la pointe de l’aube safranée,
Prenant le frais le long des ruisselets,
Va en se mirant dans l’onde argentée,
Puis sur le tertre fait cent cabrioles…
Des chiens qui courent il ne craint leurs abois
Et se tient sauf : mais pendant qu’il folâtre,
L’arquebusier lui donne un coup mortel.
Ainsi je vécus sans moindre tristesse,
Quand un bel œil me fit par jalousie
Au milieu du cœur une juste plaie.

Au-delà des chansons, Marcel Amont défend le Gascon

Marcel Amont Comment peut-on être gascon !
Marcel Amont Comment peut-on être gascon !

Depuis 1989, Marcel Amont publie quelques livres. Deux concernent son pays : Comment peut-on être gascon ! (2001) et Les plus belles chansons de Gascogne (2006).

Dans le premier, le chanteur livre tout son travail documenté sur l’histoire de la Gascogne, ses goûts littéraires. Il dit toute son admiration pour l’immense poète béarnais, Jean-Baptiste Bégarie, et il expose une réflexion modérée, intelligente, argumentée sur les langues régionales. On découvre les grandes connaissances de Marcel Amont des langues régionales ou minoritaires de France et du Monde, ainsi que sa compréhension de l’ancrage culturel.  L’intérêt pour les langues régionales ou minoritaires n’est pas un facteur de repli identitaire, comme l’écrit le « Comité République et diversité ». il est porteur d’ouverture et de tolérance, face à une vision uniformiste, écrit-il. Un livre de référence pour un Gascon !

Le deuxième livre, est une véritable anthologie. On y trouve le texte, la partition et l’histoire d’une centaine de chansons, choisies et travaillées avec soin avec le musicologue béarnais Jean-Jacques Casteret et l’Institut occitan d’Aquitaine (Billère). Ils remettent en perspective ces chants d’expression des émotions ou des rébellions qui ont traversé les siècles. Le tout est illustré de tableaux anciens.

Le monde sera jugé par ses enfants (Bernanos)

Le chanteur aura souffert de ses choix du béarnais, qui lui sont refusés par des éditeurs (ça n’intéresse personne) ou qui occasionneront sa « quarantaine » de la télévision.

Et Marcel Amont s’interroge sur l’héritage que sa génération laissera du gascon aux générations futures. Dans cette réflexion, il refuse d’entrer dans les batailles stériles sur les soi-disant orthodoxie du béarnais ou hérésie de l’occitan. Il déclare avoir trop souffert lui-même du rejet de sectaires pour s’y lancer à son tour. Et il ajoute même : Je pense qu’avec de la volonté, tout peut parfaitement cohabiter. On a chacun nos particularités, nos conventions, notre prononciation mais nous désignons les mêmes choses.

Et de conclure avec humilité et espoir : Avec beaucoup d’autres, chacun à notre façon, nous aurons essayé de « faire quelque chose » pour ce vieux pays, sa culture, sa langue. Quoi ? ce qu’on a pu. Tant bien que mal.

Références

Comment peut-on être Gascon !, Marcel Amont, 2001
Les plus belles chansons de Gascogne, Marcel Amont, 2006
Marcel Amont de Borce et d’Aspe, La république des Pyrénées, 24 juillet 2010




Le gascon, culture et langue indissociables ?

Devons-nous considérer comme indissociables la culture et la langue d’une région ? Les Gascons ont-ils une culture propre ? Et dans ce cas, les Gascons perdent-ils leur culture en oubliant leur langue ? Quelques réflexions pour la rentrée appuyées sur des travaux dont celui du philologue Léonce Couture.

L’expérience de chacun

Gascon Comprendre : Voudriez-vous une tasse de thé ?
Comprendre : Voudriez-vous une tasse de thé ?

N’avons-nous pas tous fait l’expérience de ce lien entre la culture et la langue, entre la façon de penser et la façon de s’exprimer ? Par exemple, nous pouvons généralement parler ou écrire un texte en anglais et nous faire raisonnablement comprendre d’un natif. Mais demandons à ce natif de traiter la même question que nous avons exposée et ne verrons-nous pas qu’il s’y prend tout à fait autrement que nous ? Sans compter les expressions idiomatiques qui révèlent une tournure d’esprit spécifique !

En fait, les linguistes savent bien que la langue reflète le regard posé par un peuple sur le monde et, en retour, la langue structure la pensée. Une langue fonctionne dans une culture. Et c’est bien normal puisque c’est une culture qui la développe, la fait évoluer.

Geneviève Zarate, agrégée de lettres et coordinatrice du projet Médiation culturelle et didactique des langues du Conseil de l’Europe répond clairement : la langue est une manifestation de l’identité culturelle, et tous les apprenants, par la langue qu’ils parlent, portent en eux les éléments visibles et invisibles d’une culture donnée.

Le génie gascon

L'abbé Couture et le gasconLéonce Couture (1832 – 1902) est un professeur érudit spécialisé dans la philologie, les langues romanes et la littérature gasconne. Reçu comme mainteneur à l’académie des Jeux Floraux de Toulouse, il prononce le 25 juin 1882 son discours d’entrée, discours intitulé Le génie gascon. Ce professeur a passé de nombreuses années à mettre en évidence le génie roman, le génie français, le génie italien… à travers l’étude de la poésie populaire ou cultivée.

Il reconnait deux traits forts aux Gascons, l’esprit militaire et l’esprit pratique. Et de rappeler que Montaigne disait dans ses Essais que le gascon plus que toute autre langue était un langage masle et militaire. L’histoire démontre abondamment que la Gascogne est un magasin de soldats dotés d’une prompte et merveilleuse vivacité et, d’autre part une souple et néanmoins très retenue prudence. Cette prudence qui lui sert au quotidien, en particulier dans les affaires ou la politique, précise Couture.

Couture avoue aussi que le Gascon a aussi l’esprit bravache, hâbleur et fanfaron. Christian Millau dans son Dieu est-il gascon ? affirme : Dieu et le Gascon racontent beaucoup d’histoires. Tous deux sont fiers, susceptibles, prompts à en découdre mais toujours prêts à pardonner, parce que au fond ce sont de bonnes pâtes.

La littérature gasconne

L’esprit gascon s’exprime forcément dans sa littérature. Aussi Couture étudie-t-il avec précision les éléments de reconnaissance de ce peuple qu’il connait bien puisqu’il est lui-même gersois.

L’imagination, la fantaisie sentimentale n’est pas la faculté maîtresse du gascon, comme de l’italien ; tranchons le mot, le gascon n’est pas lyrique retient Couture de ses études sur la poésie. L’article sur les fables de La Fontaine sur ce site en est d’ailleurs un exemple.

Gascon - Lou trumfo de la lengoua gascounoCouture relève que la prose française est claire, logique, ferme, alerte et lui oppose les écrits gascons comme Lou trimfe de la lengouo gascouo du grand d’Astros interprète railleur, familier, rustique ou Les commentaires et lettres de Blaise de Monluc et sa narration vive et passionnée, qui sent la poudre. En poésie, il cite les poèmes des saisons gasconnes toujours de Jean-Géraud d’Astros, qui représente bien la vie provinciale de son temps et la joyeuse humeur de ses compatriotes.

En pratique, Couture retient deux grandes caractéristiques gasconnes dans la littérature régionale :
Le gascon est gnomique et sentencieux ; il a sur tous les sujets des proverbes par centaines.
L
e gascon est encore narrateur, il a la tête épique. Et de citer ses contes merveilleux, homériques ou dantesques (…) presque aucun peuple n’a retenu aussi bien et ne redit aussi vivement ces étranges épopées, où se confondent les traditions mystérieuses de la chute et de la réparation.

On peut se demander combien de proverbes gascons et de contes gascons un Gascon d’aujourd’hui connait encore ? Et, d’ailleurs, quels contes murmurons-nous le soir à nos enfants ? Grimm, Perrault, Andersen…

L’humour gascon

À cet exposé de Couture, pourrions-nous ajouter un dernier élément ? On reconnait aux Anglais un humour particulier, leur Wit (esprit). Les récits gascons regorgent d’humour, dans les expressions, dans les situations. Une extravagance gasconne pour pouvoir parler de tout ? Un esprit léger et railleur comme dit l’abbé Sarran ? Une joyeuse humeur ancrée au plus profond des Gascons ?

En tous les cas, les histoires trufandèras abondent et on rit volontiers deu pèc o deu curè (du benêt ou du curé). L’agilité, la finesse, la vivacité et l’humour des écrits de Mèste Verdièr en sont bien caractéristiques.

Un dictionnaire ne nous dit que la correspondance des mots

Apprendre le gasconComme dit le linguiste Patrick Charaudeau : ce ne sont ni les mots dans leur morphologie ni les règles de syntaxe qui sont porteurs de culturel, mais les manières de parler de chaque communauté, les façons d’employer les mots, les manières de raisonner, de raconter, d’argumenter pour blaguer, pour expliquer, pour persuader, pour séduire.

Le Gascon n’apprenant que le français pense français, raisonne français. On peut exprimer une forme de pensée, c’est-à-dire un discours, dans une autre langue que sa langue d’origine, même si cette autre langue a, en retour, quelque influence sur cette pensée, prévient Charaudeau.

En bref, le Gascon qui veut raisonner gascon ne doit-il pas impérativement se réapproprier la langue et ses tournures typiques ? En ces temps de rentrée scolaire, ne nous faudrait-il pas reprendre le chemin de l’apprentissage du parlar gascon ? Et de réapprendre quelques comptines à transmettre à nos enfants, comme :
Lo pè, lo pè, lo pè, La man, la man, la man, E vira de costat Te vòi potonejar. (version mp3)

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Références

Le génie gascon, Léonce Couture, 1882
Médiation culturelle et didactique des langues, 2003, p. 57, Zarate G., Gohard-Radenkovic, A., Lussier D., Penz H., Strasbourg : Edition du Conseil de l’Europe.
Langue, discours et identité culturelle, 2001/3-4, Patrick Charaudau, p 343




Le grand amassaire Honoré Dambielle

Nos chansons gasconnes, un livre d’Honoré Dambielle, l‘amassaire de costumas (collecteur de traditions) vient compléter les 26 ouvrages de cet auteur déjà présents dans la bibliothèque de l’Escòla.

À n’en pas douter, les anciens aimaient chanter. Il existe des centaines, des milliers de chansons, dont beaucoup parlent de la vie quotidienne. Elles décrivent le travail, la vie, la nature… Elles sont souvent pleines de charme et de sensibilité. D’où viennent les chansons populaires, apprises de ses proches, répétées, transmises ? Souvent, il est difficile de le savoir. En revanche, elles accompagnaient les journées. Ne pas chanter était d’ailleurs signe de tristesse.

Nos chansons gasconnes est un recueil de huit chansons plutôt récentes qui ont été transmises de bouche à oreille. Heureusement, notre amassaire était là…

Amassem los libes de l’amassaire !

Couverture de Nos Chansons gasconnes de l'amassaire H. DambielleOnorat Dambielle (1873-1930), qu’amassèc forças arreproèrs e forças contes deu parçan de Samatan (Gèrs). Ua hont a hurgar dab plaser.

Lilian Riquet que’ns envièc Nos chansons gasconnes en version numerizada. Mercés a eth.
Adara, lo Libièr de l’Escòla Gaston Febus qu’a un libe de mes, e donc que son 27 escriuts per l’abat. Beròi, vertat ?

Voulez-vous continuer de nous envoyer des livres témoins de notre culture et de notre littérature ? Prenez contact avec nous !

Cançons et chansons du livre

Amassaire H. Dambielle collecteur de chansons

Les chansons reflètent la vie des hommes et des femmes qui les chantaient. Les huit chansons du livre, présentées avec paroles et musique, sont parfois des cançons de trabalh, c’est-à-dire des chansons que l’on chantait en travaillant pour alléger la peine ou pour partager des travaux collectifs comme L’Espigaira, La glaneuse ou Lo gran de blat, Le grain de blé. Une habitude très courante jusqu’au début du XXe siècle.

Les autres chansons collectées par notre amassaire sont plutôt destinées à accompagner la journée, animer  les velhadas, veillées d’hiver et racontent la vie. C’est le cas de Diga-s’òc présentée plus loin ou de La cançon deus esclops, La chanson des sabots. Mon anhèra, Mon agnelle flatte un métier, c’est une cançon de pastre. Deux parlent des animaux qui nous entourent comme La mia gata, Ma chatte, ou Petita Demaisela, Libellule. Enfin une permet même de danser, c’est un rondo Lo petit vailet, Le petit domestique.

Le livre présente la partition, le texte en gascon et un texte en français écrit par A. Cousso. Ce n’est pas une traduction fidèle car le traducteur a favorisé le rythme et l’accentuation. Ainsi les chansons peuvent être chantées indifféremment en gascon ou en français.

Digo-s’òc

La chanson DIGA-S’ÒC de l'amassaire H. Dambielle

Cette chanson, la dernière du livre de Dambielle, est un dialogue affectueux entre une grand-mère et sa petite fille.
DIGA-S’ÒC. Uei que dirén benlèu Diga s’ac.

Lire la chanson en version originale et avec traduction en français,
o legir ací en grafia classica :

L’ENFANT

Solo  Perqué son blancs, blancs coma nèu
Tons pèus polits qu’ondran ta tèsta
Duo  Ma memi, diga-m’òc
Se se pòt un per pòc
Diga, diga, diga-s’òc
Solo Los de mamà ne seran lèu
E quan ne sian haràn ua hèsta

L’AÏEULE

Solo  Se ta mamà a pas pèus blancs
A pas cernut pro de haria
Duo  Ma mia diga-t’òc
Se se pòt un per pòc
Diga, diga, diga-s’òc
Solo Se harà quan quate-vints ans
Se passegen sur son esquia

L’ENFANT

Solo Quate-vints ans ! i long mon Diu !
De demorar tota croishida
Duo Coma vos, diga-m’òc
Se se pòt un per pòc
Diga, diga, diga-s’òc
Solo Coma diu éster avejatiu
D’aver la pèth tostemps froncida

L’AÏEULE

Solo Avant l’iver, èra l’estiu
Avant l’estiu, èra la prima
Duo Entà jo diga-t’òc
Se se pòt un per pòc
Diga, diga, diga-s’òc
Solo Çò qu’ei froncit, èr’argent viu
Tot cambia car tot s’abima

L’ENFANT

Solo Pas vòste còr s’abima pas :
En tròbi plan la calorada.
Duo  I vertat diga-m’òc
Se se pòt un per pòc
Diga, diga, diga-s’òc
Solo Memi, memi, vos n’angatz pas
Devisaràn a la velhada

L’AÏEULE

Solo Arribas tu e jo m’en vau ;
Portaràs dòl, mia mainada
Duo  Ploraràs !… diga-m’òc
Se se pòt un per pòc
Diga, diga, diga-s’òc
Solo Tota vita s’espass’atau
Auei jo e tu nhaut’annada

Descobrir l’òbra e l’òme

Dambielle – Nos chansons gasconnes (version numérisée complète)
Liste et accès aux 27 ouvrages numérisés de la bibliothèque, écrits par Dambielle. Sur outil de recherche / sélection de l’auteur, choisir Dambielle.
Biographie et exemples de l’œuvre de Dambielle.
L’association Savès-Patrimoine a publié en 2014 un gros ouvrage (près de 500 pages) consacré à l’œuvre d’Honoré Dambielle, sous la direction de Christian Humbert et Guy Bergès : Mémoire gasconne : Honoré Dambielle.