Saint-Domingue, eldorado des Gascons

Saint-Domingue, partie ouest de l’ile d’Hispaniola est française depuis 1697. Elle donnera naissance à la République d’Haïti en 1804. Les Gascons émigrent si nombreux dans le centre de la colonie qu’on appelle cette région la Petite Gascogne.

Les boucaniers de Saint-Domingue

Deux cartes non datées de l'Île de Santo Domingo donnant la répartition de l'île entre la colonie française et la colonie espagnole
Deux cartes non datées de l’Île de Santo Domingo donnant deux répartitions assez différentes de l’île entre la colonie française de Saint-Domingue et la colonie espagnole. La carte de droite montre une frontière assez proche de la frontière actuelle entre Haïti et la République Dominicaine (voir carte ci-dessous).

Saint-Domingue, eldorado des Gascons - Michel le Basque - image d'une collection de Allen & Ginter Cigarettes (1888)
Michel le Basque – collection d’images pour Allen & Ginter Cigarettes (vers 1888)

En 1630, les Français s’établissent sur la partie ouest de l’ile Hispaniola, appelée aussi Santo Domingo, alors sous domination espagnole. Ce sont surtout des boucaniers. Ils tiennent leur nom du fait qu’ils boucanent leur viande à la manière indigène (séchée et fumée). Le terme est resté dans la langue française dans le sens de tapage, vacarme. De même, il donne en languedocien et en provençal bocan.

L’ile de la Tortue et l’ile de la Vache situées près des côtes de Saint-Domingue sont des repaires de boucaniers. Un des plus célèbres est Michel Etchegorria, dit Le Basque, de Saint Jean de Luz. Ils s’approvisionnent sur l’ile de Saint-Domingue et fondent des établissements côtiers, dont Cap Français en 1670 qui devient Port au Prince.

Haïti et la République Dominicaine aujourd'hui
Haïti et la République Dominicaine aujourd’hui

En 1664, le territoire occupé par les boucaniers devient une colonie française. Le traité de Ryswick de 1697 reconnait à la France la possession du tiers occidental de l’ile (le futur Haïti).

 

Premier gouverneur de Saint-Domingue, Jean-Baptiste du Casse,

Saint-Domingue, eldorado des Gascons - Jean-Baptiste du Casse, (vers 1700), d'après Hyacinthe Rigaud
Jean-Baptiste du Casse (vers 1700), d’après Hyacinthe Rigaud

Jean-Baptiste Ducasse (1650-1715) est un Gascon né à Pau vers 1650. Après de brillants états de service dans la marine royale, il finit sa carrière comme Lieutenant-général des armées navales, c’est-à-dire au plus haut grade de la marine.

Il est gouverneur de Saint-Domingue de 1691 à 1703 et développe la colonie. Il établit les boucaniers de l’ile de la Tortue sur des terres agricoles, ramène l’ordre et renforce ses défenses face aux appétits des Espagnols, des Anglais et des Hollandais qu’il combat dans les Caraïbes.

En 1694, il organise une expédition sur la Jamaïque et en ramène les installations de 50 sucreries qui seront le départ de l’industrie sucrière de Saint-Domingue.

Jean-Baptiste Ducasse encourage l’émigration des Gascons à Saint-Domingue à partir du port de Bordeaux.

Les Gascons à Saint-Domingue

Les Gascons arrivent nombreux à Saint-Domingue à partir de 1763. Ils se regroupent par origine. A La Marmelade, on retrouve des Barbé, Baradat, Cappé, Carrère, Peyrigué-Lalanne, tous originaires de Labatut Rivière Basse en Bigorre. Dans la partie centrale de Saint-Domingue, un canton s’appelle la Petite Gascogne.

Moulin à sucre
Moulin à sucre

Pierre Davezac de Castéra (1721-1781) est Tarbais. Il acquiert l’indigoterie de Macaya à Aquin, au sud de Saint-Domingue. Il y amène l’eau, fertilise toute la plaine et crée des moulins. Son petit-fils Armand Davezac de Castéra-Macaya de Bagnères de Bigorre entre en 1886 à l’Académie des Inscriptions et Belles lettres. Les Bigourdans Laurent Soulé et Bernard Lassus fondent le collège royal de Saint-Domingue.

Saint-Domingue - Coupe d'une sucrerie à Bas-Limbé
Saint-Domingue – Coupe d’une sucrerie

Les Gascons possèdent 70 % des habitations (plantations) et développent l’économie de Saint-Domingue. En 1789, Saint-Domingue assure 40% de la production mondiale de sucre et 60% de celle du café. Près de 1 500 navires y accostent chaque année. Elle compte 8 000 habitations, dont 793 sucreries, 3 150 indigoteries, 789 cotonneries, 3 117 caféières et 50 cacaoyères.

La révolte de 1791 à Saint-Domingue

La Révolution française de 1789 amène de nouvelles idées d’égalité et de liberté. Une révolte éclate en aout 1791 à Saint-Domingue. Près de 1 000 colons sont massacrés et leurs habitations incendiées. En 1793, la liberté des esclaves est proclamée et la Convention l’étend à toutes les colonies le 4 février 1794.

Toussaint Louverture
Toussaint Louverture (wikimedia commons)

Toussaint de Bréda ou Toussaint Louverture réunit 20 000 hommes et s’oppose aux Anglais et aux Espagnols qui tentent de prendre Saint-Domingue. Il était né dans l’habitation de Bréda qui appartenait au comte Louis Pantaléon de Noé.

Nommé général en 1796, il étend son autorité à toute l’ile et remet l’économie en marche en rappelant les anciens colons.

Il fait adopter la 1ère constitution de Saint-Domingue en 1801. Bonaparte envoie le général Leclerc avec 30 000 hommes. Toussaint Louverture est fait prisonnier et envoyé dans le Jura où il meurt en 1803.

En 1802, une nouvelle révolte conduit à un nouveau massacre de colons, à la défaite des Français à la bataille de Vertières et à leur évacuation de l’ile. Saint-Domingue devient Haïti et la république est proclamée le 1er janvier 1804.

Saint-Domingue est marquée par les Gascons

Les Gascons rescapés de Saint-Domingue émigrent dans les Antilles ou aux États-Unis. Ceux qui n’ont pas de biens rentrent en France et espèrent une indemnisation qui est dérisoire. Elle correspond à 1/10e de la valeur des habitations.

Saint-Domingue, aujourd’hui Haïti, conserve de nombreux toponymes gascons : Courjoles, Labarrère, Labadie, Carrère, Dupoey, Darrac, Gaye, Duplaa, Garat, Laborde, Marsan, Navarre, etc. Une rivière haïtienne porte encore le nom de Gascogne.

Deux présidents haïtiens d'origine gasconne
Deux présidents haïtiens d’origine gasconne : Sylvain Salnave (1826-1870) et Philippe Sudré-Dartiguenave 1862-1926)

Des présidents haïtiens sont d’origine gasconne : Sylvain Salnave (de 1867 à 1870), Philippe Sudré-Dartiguenave (de 1915 à 1922), etc.

Les deux premiers maires de Port-au-Prince sont Michel-Joseph Leremboure né à Saint Jean de Luz et Bernard Borgella de Pensié d’origine béarnaise qui est l’auteur de la constitution de Toussaint Louverture.

Projet financé par les Nations Unies pour l'Organisation des Paysans de Gascogne (Haïti)
Projet de pisciculture financé par les Nations Unies pour l’Organisation des Paysans de Gascogne (Haïti)

Il existe même une Organisation des Paysans de Gascogne (section de la commune de Mirebalais) financée par les Nations Unies pour la réhabilitation de canaux d’irrigation et la création de piscicultures pour augmenter le revenu des paysans.

 

Serge Clos-Versaille

Références

Un grand seigneur et ses esclaves – Le comte de Noé entre Antilles et Gascogne, Jean-Louis Donnadieu, Presses universitaires du Mirail, 2009
L’Eldorado des Aquitains. Gascons, basques et Béarnais aux Iles d’Amérique (XVIIe-XVIIIe siècles), Jacques de Cauna. Atlantica, Biarritz, 1998
Les Bigourdans à Saint-Domingue au XVIII° siècle, R. Massio, Les Annales du Midi, Tome 64, N°18, 1952. pp. 151-158
 » Bigourdans et gens de Rivière-Basse et de Magnoac à Saint-Domingue au XVIIIème siècle « , Bulletin de la société académique des Hautes-Pyrénées
Notes supplémentaires sur le comte de Noé dans Bulletin de la société archéologique du Gers
, 4e trimestre 1978.




Alexis Peyret, bâtisseur d’un nouveau monde

Alexis Peyret, un Béarnais exilé pour ses idées républicaines en Argentine, deviendra une figure majeure de la construction de ce nouveau pays. Il gardera contact avec son Béarn natal et avec sa langue jusqu’à écrire en gascon. Dans la série Les Gascons de renom avec Joseph du Chesne, Jean Laborde, André Daguin, Ignace-Gaston Pardies et Marcel Amont.

Alexis Peyret, un jeune républicain

Alexis Peyret porteur des idées républicaines - E. Delacroix - La Liberté guidant le peuple (1848)
E. Delacroix – La Liberté guidant le peuple (1848)

Alexis Peyret nait à Serres-Castet le 11 décembre 1826 dans une famille aisée.  Son père, Alexis Augustin Peyret, est un officier décoré de la Légion d’honneur et sa mère, Cécile Angélique Vignancour, est de la famille d’avocats palois bien connus.

Après avoir obtenu son bac à 18 ans, il étudie le droit au Collège de France à Paris où il suit les cours du philosophe Edgar Quinet et de l’historien Jules Michelet. Là, il embrasse les idées républicaines et écrit divers articles engagés durant la Révolution de 1848. De retour à Pau, il adhère au mouvement d’opposition républicaine, démocratique, laïque et socialiste du Béarn. Il restera toute sa vie un défenseur de ces idées.

De Pau à Concepción del Uruguay

Alexis Peyret

Candidat à la députation des Basses-Pyrénées en 1852, il doit s’exiler à l’arrivée de l’empereur Napoléon III. Dès son arrivée dans le nouveau monde, Alexis Peyret enseigne comme professeur de français et géographie au Colegio del Uruguay (Concepción del Uruguay, province d’ Entre Ríos), premier établissement laïque et gratuit du pays. Il écrit et écrira toute sa vie dans plusieurs magazines, El Comercio del Plata, El Uruguay, El Nacional

Alexis Peyret, Directeur de la Colonia San José

Contrat de colonisation entre le Gal de Urquiza et la famille Bastian (en français et espagnol) - Alexis Peyret directeur de la colonia San José
Contrat de colonisation entre le Gal de Urquiza et la famille Bastian (en français & espagnol)

Le 11 juillet 1857, Peyret devient le premier directeur de la Colonia San José que le Général de Urquiza vient de la créer sur les rives du fleuve Uruguay pour accueillir des migrants français et suisses francophones. Il met par écrit un texte fondamental, Emigration et Colonisation. La Colonie San José. Ce nouveau dirigeant favorise une immigration de bras utiles, d’artisans car il rêve d’une république de petits agriculteurs propriétaires. Il réussira à donner à sa colonie une place particulière, quasiment de république indépendante dans la province d’Entre-Ríos.

Alexis Peyret développe la colonie et essaie d’éviter de reproduire les défauts de l’Europe: illégalité, usure, exploitation de l’homme par l’homme (discours à la Colonie San José, 1878). Il crée Fraternidad, un pensionnat coopératif pour les plus pauvres qu’il annexe au collège, aide à l’enrichissement de la bibliothèque du collège, crée la bibliothèque populaire El porvenir, une coopérative agricole, la Sociedad de Socorros Mutuos, etc. Ses actions sociales et économiques sont très nombreuses.

Alexis Peyret, un passeur d’idées

P-J Proudhon (1864) inspirateur de la pensée politique de Alexis Peyret
P-J Proudhon (1864)

Pourtant, ce qui caractérise Alexis Peyret, c’est peut-être sa capacité à passer les idées. Il traduit en castillan Pierre-Joseph Proudhon, le précurseur de l’anarchisme, écrit une série d’ouvrages à partir de sa bibliothèque très fournie : La propiedad territorial –  investigaciones sobre su origen y fundamento (1884), Historia contemporánea (1885), El pensador americano (1886), Historia de las religiones (1886) et Los orígenes del cristianismo (1886).

Il fréquente toute l’élite intellectuelle, a de nombreux réseaux, dont les francs-maçons, qui vont diffuser les idées de l’exilé républicain.

Alexis Peyret - Projet de constitution pour la république française.En 1871, il adresse au nouveau président français, Adolphe Thiers un projet de constitution pour la république française. Dans la préface au président, il annonce que ce projet s’inspire de ce qui se pratique depuis 80 ans en Amérique : le self government. Il y fait l’éloge du gouvernement fédéro-national qu’il déclare inaccessible pour l’instant à la France.

Et il exhorte à abandonner le centralisme français au profit d’une forte décentralisation provinciale. Un texte qui mérite attention !

Alexis Peyret le pragmatique veut construire une civilisation nouvelle

Alexis Peyret
Alexis Peyret

Il ne faudrait pas penser qu’ Alexis Peyret est un utopiste. C’est un pragmatique. Par exemple, il développe une vraie connaissance des techniques agricoles qui le fera nommer représentant de l’Argentine à l’Exposition Universelle de Paris en 1889. Pendant les deux ans qu’il restera en France, Peyret va travailler à favoriser l’émigration des Français vers l’Argentine et à rédiger un rapport très documenté sur les machines agricoles. Ce sera une vraie mine de développement économique pour ce pays.

Malgré les appels de ces anciens amis français, Peyret ne reviendra pas en France. Peyret a envie de construire du neuf. La France lui paraît vieillissante, assoupie, avec ses avocats en toge rococo, ces députés qui parlent et n’écoutent ni ne construisent. D’ailleurs, il écrit sur Charivari: L’Europe en décadence. L’Amérique se lève et lui impose sa loi. Et il précise, le 11 janvier 1890 dans ses Notes de voyage: La France et l’Amérique. L’ancien monde et le nouveau. Il est plus facile de faire du neuf que de réformer l’ancien.

Alexis Peyret le Béarnais

Alexis Peyret - Countes biarnesAlexis Peyret a vécu son enfance dans une famille très bourgeoise et il y a utilisé le béarnais. Il s’est essayé jeune à la poésie qu’il aimait dans sa langue. Il fréquentait Auguste Hatoulet, bibliothécaire de la ville de Pau, et surtout expert de langue romane. C’est lui qui l’exhorta à écrire et publier ses poèmes. Dans la préface de ses Countes biarnes, notre poète livre sans détour son amour de la langue régionale :

Il est fâcheux, au point de vue philologique, littéraire, esthétique, que la victoire de Nord sur le Midi ait entraîné la disparition violente de la langue d’oc. La défaite des Albigeois fut une calamité pour la littérature. La langue française est peu poétique; elle était encore barbare au XIIIe siècle, lorsque la langue d’oc était en pleine floraison. Nos troubadours méridionaux furent les maîtres des grands poètes italiens Dante et Pétrarque. 

Vastin Lespy, le correcteur 
Vastin Lespy, le correcteur

Nul doute que, s’il lui eût été donné de vivre, leur langue n’eût produit une littérature aussi riche, aussi belle que celle que les siècles suivants ont vue s’épanouir au delà des monts, au lieu qu’il nous a fallu attendre des centaines d’années que nos conquérants eussent mis quelque ordre dans leur syntaxe et débrouillé le chaos de leur idiome sourd et monotone pour avoir le droit de chanter dans une langue appauvrie, peu nombreuse, rebelle au lyrisme, et d’une mélodie contestable.

Countes biarnes

Xavier Navarrot, l'inspirateur
Xavier Navarrot, l’inspirateur

À la mort de son ami écrivain béarnais, Xavier Navarrot (1799 – 1862), Alexis Peyret écrit deux longs poèmes dont un qui marque la nostalgie du pays, Soubenis de case / Sovenirs de casa / Souvenirs du pays. On les retrouve dans son recueil de poésies Countes biarnes, dont Vastin Lespy fit la correction pour la deuxième édition. Cela signifie qu’il n’a pas conservé l’orthographe que j’avais cru devoir adopter dans la première édition, et qu’il a supprimé tous les gallicismes qu’il a pu faire disparaître sans altérer la versification, précise l’auteur.

Dernière strophe de Soubenis de case :

Oun ey l’arriu oun se perd la memori?
Puixs tout aco n’ey pas que soûneya?
Sounyes d’amou, de bounhur e de glori,
Sounyes dauratz, que cau tout desbroumba.
You per aci tout soulet que demouri,
E bous autz qu’ètz à l’aut part de la ma :
Tout qu’ey fenit, e per arrè que plouri :
Lou temps passat nou pot pas m’ey tourna.
On ei l’arriu on se perd la memòri?
Puish tot aquò n’ei pas que saunejar?
Songe d’amor, de bonur e de glòri,
Songes daurats, que cau tot desbrombar.
Jo per ací tot solet que demori,
E vos auts qu’ètz a l’aut part de la mar :
Tot qu’ei fenit, e per arren que plori :
Lo temps passat non pòt pas mei tornar.

Où est le cours où se perd la mémoire ? / Mais tout cela n’est-il pas rêverie ? / Songes d’amour, de bonheur et de gloire, / Songes dorés, il faut tout oublier. / Moi par ici tout seulet je demeure, / Et vous autres au-delà de la mer : / Tout est fini, c’est pour rien que je pleure : / Le temps passé ne peut recommencer.

Navarrrot, l’inspirateur

C’était déjà à Navarrot qu’ Alexis Peyret avait dédié son premier poème tiré d’un conte régional, La casse deu rey Artus / La caça deu rey Artus / La chasse du roi Artus.

Lou Rey Artus qu’ey partit ta la casse,
Mes lou Curè que l’ha dit: Praube Rey!
Que podz cassa dab toutz lous caas de rasse,
Pendent mile ans, sens prene arré jamey.
Que t’es trufat de you, de la paroèsse,
Quoand èri prèst à dise Libera,
E qu’es sourtit à galops de la messe,
En entenént lou tou Flambèu layra.
Lo Rei Artus qu’èi partit tà la caça,
Mes lo Curè que l’a dit: Praube Rei!
Que pòts caçar dab tots los cans de raça,
Pendent mile ans, sens préner arren jamei.
Que t’es trufat de jo, de la paroèssa,
Quan èri prest a díser
Libera,
E qu’es sortit a galòps de la messa,
En entenent lo ton Flambèu lairar.

Le roi Artus est parti à la chasse, / Mais le Curé lui a dit: Pauvre roi ! / Tu peux chasser avec des chiens de race, / Pendant mille ans sans prendre nulle proie. / Tu t’es moqué de moi dans la paroisse, / Quand j’allais réciter le Libera, / Et tu es sorti pressé de la messe, / En entendant ton Flambeau aboyer.

La légende du roi Artus

D’après la légende, le roi Artus avait mille six cents chiens. Un jour, étant à la messe, il les entendit courir et partit immédiatement chasser. Dieu l’a puni en le condamnant à poursuivre une proie qu’il ne peut jamais atteindre. Dans ses notes, Peyret cite un couplet d’un vieux chant populaire du bas Armagnac :

De cent en cent ans
Que gahe ue mousque;
La partatye aus cans,
E autant j’a de cans
Qu’au cèu j’a lugrans.
De cent en cent ans
Que gaha ua mosca;
La partatja aus cans,
E autant i a de cans
Qu’au cèu i a lugrans.

De cent en cent ans / Il prend une mouche ; / La partage aux chiens, / Autant y a de chiens / Qu’au ciel y a d’étoiles.

Alexis devient Alejo Peyret

Médaille Alejo Peyret du Colegio de Urugauay a Concepción del Uruguay
Médaille Alejo Peyret du Colegio de Uruguay a Concepción del Uruguay

Non seulement, Peyret ne rentrera pas en France, mais, en 1895, il prend la nationalité argentine. Il a gardé des liens avec ses amis béarnais mais il s’est clairement éloigné de la France. Alejo Peyret. Il décède à Buenos Aires le 27 août 1902.

Références

Alexis / Alejo Peyret, María Marta Quinodoz, 2017 chercheuse au cercle généalogique de Entre-Rios en Argentine
Alexis-Alejo Peyret le passeur : émigration d’élites et transferts culturels, Laurent Dornel
San José (Entre Ríos), article wikipedia.es sur la Colonia San José et sa création (en espagnol)
Projet de constitution pour la République Française, Alexis Peyret, 1871, 53 p.
Countes biarnés, Alexis Peyret, deuxième édition, 1890