Jean-Charles de Borda, marin et scientifique

Jean-Charles de Borda est un officier savant du siècle des Lumières. C’est un enfant de la Gascogne, plus précisément de Dax. Il a réalisé ses deux passions : l’armée et les sciences.

Jean-Charles de Borda choisit le génie militaire

Jean-Charles de Borda
Jean-Charles de Borda (1733-1799) © Wikipedia

Il nait à Dacs (Dax) le 4 mai 1733. Son père, Jean-Antoine, est seigneur de Labatut et sa mère,  Marie-Thérèse de la Croix. C’est une famille nombreuse, de 13 enfants. Il fréquente le collège des Barnabites, à Dax, puis le collège jésuite de La Flèche, dans la Sarthe. Dans tous, il montre des dispositions hors du commun. Comme ses deux fils ainés sont militaires, Jean-Antoine de Borda pousse Jean-Charles vers le droit. Toutefois, avec l’aide de sa mère, celui-ci réussit à obtenir d’entrer lui aussi dans l’armée.

 

 

Jean Le Rond d'Alembert(1717-1783)
Jean Le Rond d’Alembert (1717-1783) © Wikipedia

En 1753, il donne au très réputé d’Alembert (1717-1783) un mémoire sur une question de géométrie ; il devient maitre de mathématiques. En 1756, il écrit un mémoire Sur la courbe décrite par les boulets et les bombes en ayant égard à la résistance de l’air, où il emploie un raisonnement mathématique nouveau et élégant, ce qui lui vaut de se faire remarquer par le mathématicien Alexis Claude Clairaut (1713-1765). Celui-ci écrit : « Un jeune Bordat [Borda] s’était présenté de la manière la plus brillante. L’ambition guerrière nous l’enlève. » Mais cela lui vaut d’entrer comme adjoint géomètre à l’Académie des Sciences.

L’école Royale du Génie de Mézière

L’École royale du génie de Mézières
L’École royale du génie de Mézières © Wikipedia

Alors qu’il participe à la guerre de sept ans en Allemagne, il entre en 1758 à l’École royale du génie de Mézières (qui ne prend qu’une vingtaine d’élèves), tout en étant dispensé de la première année, l’année théorique, à cause de son appartenance à l’Académie des sciences. Il ne suit donc que l’année de pratique.

Compétent dans plus d’un domaine, notre Landais, lors de son premier travail au génie militaire, s’intéresse aux roues hydrauliques, à l’écoulement des fluides. Et il va proposer une méthode de calcul de pertes de charges appelée désormais l’équation de Borda-Carnot.

L’engagement dans la marine

En 1767, Jean-Charles de Borda passe de l’armée de terre à la marine. Sa première affectation est à Brest en qualité de lieutenant de vaisseau et surtout, d’ingénieur du génie maritime.

Il fera plusieurs missions : en 1768 en Martinique, 1771 et 1772 aux Canaries puis aux Antilles, 1775 le long des côtes africaines et des Canaries. Ces missions sont scientifiques : il s’agit de déterminer la position précise des îles Canaries puis d’en dresser la carte, de tester de nouveaux modèles d’horloges et chronomètres marins, de faire des calculs de longitude pour l’Académie des sciences.

Carte des Iles Canaries dressée par Jean-Charles de Borda
Carte des Iles Canaries dressée par Jean-Charles de Borda © Gallica

Jean-Charles Borda est à la bataille navale de la Grenade le 6 juillet 1779
Jean-Charles Borda est à la bataille navale de la Grenade le 6 juillet 1779, tableau de jean-François Hue © Wikipedia

Ce qui ne l’empêche pas de participer à des guerres et des batailles, comme celle de Sainte-Lucie le 15 décembre 1778, de la Grenade le 6 juillet 1779.

 

Jean-Charles du Borda prend part également à la guerre d’Indépendance des Etats-Unis d’Amérique. Le 6 décembre 1782, alors qu’il commande Le Solitaire, un vaisseau de 64 canons, les Anglais du contre-amiral Richard Hughes le font prisonnier devant la Barbade (Petites Antilles). Mais, sa réputation est déjà très grande. Alors, ceux-ci le libèrent sur parole pour qu’il puisse assister à un congrès scientifique à Copenhague. À son retour, ils le libèrent définitivement.

Une invention célèbre : le cercle répétiteur

Cercle répétiteur de Jean-Charles de Borda, Musée du Conservatoire des Arts et Métiers
Cercle répétiteur de Jean-Charles de Borda, Musée du Conservatoire des Arts et Métiers

En 1772, Borda met au point un nouvel instrument de mesure appelé cercle de Borda ou cercle répétiteur, inspiré du cercle de réflexion de Mayer. Il permet de mesurer les angles de 0° à 180°, les distances, les latitudes et longitudes avec une précision encore inégalée. De façon astucieuse, on peut répéter les mesures, et éviter ainsi les erreurs de lecture. Cette invention assure au marin savant une belle renommée qui dure jusqu’à nos jours.

Jean-Charles de Borda, l’ingénieur

Vaisseau de 74 canons
Vaisseau de 74 canons retenu par J. Ch. de Borda

À son retour en France, Jean-Charles de Borda reprend son poste d’ingénieur de la marine française.  Dès 1783, il devient conseiller du ministre le maréchal de Castries, baron des États du Languedoc. Celui-ci charge notre savant de fixer les plans-types de nouveaux vaisseaux qu’on appellera plans-type de Borda-Sané. Bertrand Sané est un constructeur naval de Brest, un des meilleurs de son temps, surnommé le « Vauban de la marine ». Borda est très exigeant, il retient trois modèles : les deux-ponts de 74 et 80 canons, le trois-ponts de 118 canons qui équiperont la marine française pendant plusieurs décennies. Vu sa rigueur et sa capacité de travail, Borda fait aussi partie de la commission chargée de l’étude du projet de port militaire de Cherbourg.

Tables trigonométriques décimales de Jean-Charles Borda © Archive.org
Tables trigonométriques décimales de Jean-Charles Borda © Archive.org

Outre ses travaux pour la Marine, il a aussi des missions plus scientifiques. Par exemple, il conçoit des améliorations des systèmes de pompage. Il crée des tables trigonométriques pour la nouvelle division décimale du cercle en 400 grades au lieu de 360 degrés. Ou encore, il invente un appareil pour mesurer la longueur du pendule, appelé pendule de Borda… En octobre 1784, il prend même la charge d’inspecteur des constructions navales et de directeur de l’École des Ingénieurs.

il entre à la Commission des poids et mesures (1789), au Bureau de consultation des arts et métiers (1791), puis au Bureau des longitudes et à la section de mathématiques de l’Institut national (1795).

Jean-Charles de Borda et la Révolution

Antoine Lavoisier (1743-1794) © Wikipedia
Antoine Lavoisier (1743-1794) © Wikipedia

Centré sur ses recherches, Jean-Charles de Borda adhère sans difficulté à la Révolution. Toutefois, en 1793, il a l’audace de signer un texte de soutien à Antoine Lavoisier, le père de la chimie moderne. En effet, les vingt-sept fermiers généraux, dont Lavoisier, sont associés à la dévaluation qui fait rage et jugés comme traitres à la nation.

Borda est immédiatement destitué de la commission des poids et mesures (

Le système métrique

Loi relative aux poids et mesures 18 Germinal, an 3 de la république française une et indivible, © Archive.org-V2
Loi relative aux poids et mesures  du 18 Germinal, an III de la République française une et indivisible, © Archive.org-V2

Au XVIIIe siècle, personne en France ne mesure de la même façon. Entre les lègas (lieues), les pams (empans) les canas (toises)… ce sont plus de 700 unités de mesure différentes ! C’est un vrai casse-tête. Alors, sur proposition de Borda, une commission, composée de Condorcet, Laplace, Lagrange, Monge et lui-même va définir un système unifié. Borda joue un rôle essentiel dans le choix du système métrique qui définit le mètre comme la dix-millionième partie du quart du méridien terrestre.

Restait juste à calculer précisément ce méridien ! C’est ce que vont faire Pierre-François Méchain et Jean-Baptiste Delambre en utilisant le cercle répétiteur. Enfin, la loi « relative aux poids et mesures » institue le système métrique décimal le 18 germinal an III (7 avril 1795).

Et notre savant accompagne ce changement majeur en inventant des règles en platine et laiton afin de prendre en compte les variations de longueur lors des changements de température. En 1799, les archives de la république reçoivent un nouveau mètre-étalon en platine, dédié « à tous les temps, à tous les peuples ».

Le souvenir de Jean-Charles de Borda

Jean-Charles de Borda meurt à Paris le 20 février 1799. Sa ville natale lui rendra un hommage digne de ce grand savant, le 24 mai 1891, en érigeant une statue, place de la Halle, en présence du Président de la République, Sadi Carnot, du ministre de la Marine, Édouard Barbey et de plusieurs membres de l’Académie des Sciences. D’ailleurs, Le ministère de la Marine a offert le bronze et Jean-Paul Aubé, professeur aux Beaux-Arts de Paris, en est le sculpteur. Le lycée polyvalent ainsi qu’un musée de la ville portent son nom. Enfin, la société de Borda, société savante, prend naissance à Dax en 1876.

La Marine n’est pas en reste. Un buste est installé sur le vaisseau-école portant son nom. Le bâtiment de la marine, BH2C Borda, honore les progrès apportés par le savant en sciences nautiques. Il a d’ailleurs la ville de Dax pour marraine. Notons aussi que les élèves de l’École navale sont surnommés les bordaches ! Et son nom est donné à un quartier de l’École navale à Brest.

Bâtiment hydrographique Borda
Bâtiment hydrographique BH2C Borda © Wikipedia

À Paris, dans le quartier des Arts-et-Métiers, une rue porte son nom. Borda est aussi inscrit parmi les 72 savants sur le premier étage de la tour Eiffel, à la douzième place. Puis, on donne son nom à un cap de l’île Kangourou (Australie), à un cratère de la Lune et à l’astéroïde n° 175726, découvert le 29 aout 1997 par l’observatoire de Dax.

Anne-Pierre Darrées

écrit en orthographe réformée.

Références

Étienne Taillemite, « Un savant en son temps : Gaspard Monge (1746-1818) » (chap. « Monge et la Marine »), Bull. de la SABIX, no 41,‎ , p. 129-139
Biographie, Académie de marine
https://francearchives.gouv.fr/fr/pages_histoire/39863
Lettre de Clairaut, 16 juin 1756
La vie et les travaux du chevalier Jean-Charles de Borda (1733-1799). Épisodes de la vie scientifique au XVIIIe siècle, Jean Mascart, 2002.
Histoire de la mesure




Les colères de la Garonne, ce long fleuve tranquille

La Garonne, Era Garona, fleuve mystérieux, à la source longtemps inconnue, et dont les crues sont aussi bouillonnantes que les Gascons qui vivent sur ses rives !

Moi mon Océan
C’est une Garonne
Qui s’écoule comme
Un tapis roulant

Les paroles de la chanson de Claude Nougaro (1929-2004) s’appliquent bien à l’amour des Gascons pour ce fleuve tranquille qui connait parfois des accès de colère.

La Garonne est un fleuve gascon

La Garonne à Bosost (Val d'Aran)
La Garonne à Bosost (Val d’Aran)

Longue de 647 km, la Garonne prend sa source au val d’Aran, s’étire à travers la Haute-Garonne, le Tarn-et-Garonne et le Lot-et-Garonne, avant de se mélanger avec la Dordogne au Bec d’Ambès pour devenir la Gironde et se jeter dans l’Océan.

Elle traverse des plaines et des coteaux fertiles riches en fruits et légumes qu’elle nourrit de ses alluvions déposées par ses crues régulières.

La Garonne et l’Hôpital de la Grave à Toulouse

La Garonne a un régime torrentiel jusqu’à Toulouse qui s’atténue après l’embouchure du Tarn. En hiver, les crues sont provoquées par des pluies intenses sur tout le bassin. Au printemps, ce sont les pluies et la fonte des neiges. En automne, ce sont les orages sur la Gascogne.

le Pont de Pierre à Bordeaux
La Garonne et le Pont de Pierre à Bordeaux

 

Les crues de la Garonne

Inondations et crues de la Garonne (doc. SMEAG)
Caractéristiques des crues de la Garonne (doc. SMEAG)

Les crues de la Garonne sont régulières et parfois dévastatrices. Après la crue de 1196, le duc d’Aquitaine Henri II Plantagenêt (1133-1189) fait construire des digues de protection et exempte de tous droits ceux qui s’y emploient.

En 1777, la Garonne est en crue dans le Bordelais. Le curé de Bourdelle raconte : « Soit pour mémoire que le dix sept May de cette présente année que la Rivière de Garonne étant débordée pendant trois diverses fois a noyé et perdu totalement la Récolte de la parroisse de Bourdelles qui obligea les habitants a faucher les Bleds foins, et qu’il ne ramasser que quatre boisseaux moins deux picotins froment, neuf de Bled d’Espagne, et du tout de vin. »

D’autres crues importantes ont lieu en juin 1875, en mars 1930, en février 1952 et en décembre 1981.

Agen, la ville aux 150 inondations

En 580, l’historien Grégoire de Tours (538 ?-594) enregistre une inondation. Depuis, c’est 150 inondations qui ont été répertoriées ! Un record en France.

Inondation / crue de 1930 à Agen – Prison et rue de Strasbourg
Agen – Inondation de 1930 – Prison et rue de Strasbourg

En 1599, la crue centennale renverse une partie des murs d’Agen du côté l’église Sainte Hilaire. En 1604, une nouvelle crue centennale détruit quatre ponts, les murailles et de nombreuses maisons dans les quartiers exposés de Saint Georges et Saint Antoine.

Lo gran aigat lors des Rameaux de 1770 trouve son apogée après neuf jours de pluies et de vents. Les eaux de la Garonne grossissent et deviennent boueuses. Pendant trois jours, le fleuve déborde et ravage Toulouse, Moissac, Agen, Marmande. À Agen, l’aigat renverse le mur d’enceinte entre les portes Saint Antoine et Saint Georges. Les religieux et divers habitants arrivent à évacuer. Les flots charrient des arbres, des barriques, des charrettes, des animaux et des hommes surpris dans leurs maisons par la montée des eaux. Des radeaux sont construits à la hâte pour leur apporter des vivres et leur porter secours. Les dégâts s’élèvent à 20 millions de livres.

La grande crue de la Garonne de 1875

Toulouse - inondation / crue de la Garonne de 1875
Toulouse – Inondations de la Garonne de 1875  : Rue des Arcs St Cyprien / Pont Suspendu Saint-Michel / Jardin Raymond VI

La grande crue de la Garonne des 22, 23 et 24 juin 1875 reste dans toutes les mémoires comme l’une des plus dramatiques. C’est à Toulouse que les dégâts sont les plus importants.

La hauteur d’eau atteint 8,32 mètres au Pont Neuf. Le débit relevé est supérieur de 36 fois à la normale. Vers 1 heure de l’après-midi du 23 juin, le pont Saint-Pierre s’écroule. Vers 6 heures du soir, c’est celui de Saint-Michel.

Dans la nuit du 23 au 24 juin, la Garonne franchit le cours Dillon et submerge le quartier Saint-Cyprien. L’eau arrive au 1er étage des maisons qui commencent à s’écrouler, emportant avec elles ceux qui s’étaient réfugiés sur les toits.

Le niveau de la Garonne baisse pendant la nuit et les secours s’organisent. Les dons affluent. Les curieux aussi. Le conseil municipal vote en urgence un secours de 400 000 Francs.

On dénombre 209 morts qui sont enterrés au carré des noyés au cimetière de Terre-Cabade. La moitié des maisons sont emportées. Les autres abîmées doivent être détruites à la dynamite.

Que d’eau, que d’eau !

Le Maréchal de Mac Mahon visite Toulouse pour voir les déga^ts causés par les inondations de la Garonne (1875)
Patrice de Mac Mahon: « Que d’eau, que d’eau ! »

Le 26 juin, le Maréchal de Mac Mahon se rend à Toulouse pour voir les dégâts. Ne sachant que dire, il s’écrie « Que d’eau, que d’eau ! ». Le préfet lui répond : « Et encore, Monsieur le Président, vous n’en voyez que le dessus ! ».

La solidarité s’organise. Le conseil municipal vote un secours de 100 000 Francs. L’Assemblée Nationale vote un crédit de 2 Millions de Francs. Des dons affluent de partout. Même le Pape Pie X fait un don. Le journal La Dépêche ouvre une souscription dans ses bureaux.

Le quartier Saint-Cyprien est reconstruit après d’importants travaux de protection. Oui, l’inondation de 1875 reste encore dans toutes les mémoires…

Bordeaux à son tour noyée par la Garonne en 1883

Les inondations / crues de Bordeaux de février 1879
Les inondations de Bordeaux de février 1879

Les crues qui touchent la moyenne et la haute Garonne sont mieux connues que celles qui touchent Bordeaux. Les archives sont plus rares et la marée joue un rôle de vidange des crues qui occasionnent moins de dégâts à Bordeaux.

Pourtant, le 5 juin 1883, l’orage gronde sur Bordeaux. Des averses s’abattent sur Langon et la Réole en fin de matinée. En début d’après-midi, c’est le tour de Bordeaux et de Talence. Il tombe 64 mm d’eau en 1 heure 30.

Inondation de la Garonne à Langon en 1952
Les inondations de la Garonne à Langon en 1952

La rue Sainte-Catherine et les rues avoisinantes deviennent des torrents. Des rigoles de 20 cm se creusent sur les places Dauphine (place Gambetta aujourd’hui), du palais de justice et de Rohan. Les caves sont inondées dans l’enceinte du marché des Grands hommes.

Les rues sont dépavées, des verrières brisées et des bâtiments endommagés. Sur la route de Bayonne, entre le passage Cellier et l’impasse Conti, les plafonds et les cloisons intérieures de plusieurs maisons s’effondrent. Des toitures s’écroulent et des murs menacent de tomber.

La Garonne, sujet d’inspiration artistique ?

André Chénier (1762-1794)
André Chénier (1762-1794)

La Garonne est, finalement, assez peu chantée. André Chénier (1762-1794) cite L’indomptable Garonne aux vagues insensées, dans son poème À la France. Le poète suisse Jacques Herman (1948- ) écrira un poème entier La Garonne qui finit par ces vers :

On est encore loin
D’entendre retentir le nom
Du fleuve comme un cri
La Garonne
La Garonne
Quand elle aura quitté son lit

 

…

Le chansonnier limougeaud Gustave NADAUD (1820-1893) écrit une chanson Si la Garonne avait voulu qui termine ainsi :

Gustave NADAUD (1820-1893)
Gustave Nadaud (1820-1893)

Si la Garonne avait voulu,
Lanturlu !
Humilier les autres fleuves.
Seulement, pour faire ses preuves,
Elle arrondit son petit lot :
Ayant pris le Tarn et le Lot,
Elle confisqua la Dordogne.
La Garonne n’a pas voulu,
Lanturlu !
Quitter le pays de Gascogne.

…

Finalement, la Garonne est peut-être plus présente dans sa première partie, en Val d’Aran et Comminges. Ainsi, la poétesse saint-gaudinoise, Paulette Sarradet (1922-2015) écrit le poème « La Garonne » dans son recueil Dans le jardin des rimes.

Mossen Jusèp Condò i Sambeat (1867-1919)
Mossen Jusèp Condò i Sambeat (1867-1919)

Mossen Jusèp Condò i Sambeat (1867-1919) sera primé aux Jòcs Floraus dera Escòla des Pirenèus pour sa Cançon ara Garona. Longue chanson en aranais car dès 1912, Bernard Sarrieu l’amènera à écrire dans sa langue.

E tot en un còp me torni
fresca, fòrta e arroganta;

Un fleuve apaisé

Philippe Delerm
Philippe Delerm

Philippe Delerm (1950- ), originaire du Tarn-et-Garonne, consacre tout un livre, À Garonne. Il raconte ce fleuve dont la couleur des eaux a changé par les travaux qui ont forcé son apaisement, quand on a traîtreusement jugulé la vie de l’eau. Il se souvient d’aller à Garonne, c’est-à-dire Pas sur la rive, mais dans tout le royaume voué au fleuve.

Références

L’étymologie de la Garonne J-U Hubschmied, A. Dauzat, 1955
Agen la ville la plus inondée de France, 2015
La grande inondation de 1875,
E. Bresson. Fascicule vendu au profit des sinistrés.
Crue de la Garonne en 1875
La photo de tête est tirée d’une série de photos de Thierry Breton parue dans un article de Sud-Ouest du 12 décembre 2019 et intitulé « Lot-et-Garonne : la crue et les inondations vues du ciel »