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Quand planent les vautours


Plusieurs variétés de vautours, petits et grands, planent dans les cieux de nos montagnes. Des oiseaux de mauvaise réputation. Que diriez-vous de mieux les connaitre et de faire une randonnée dans les Pyrénées pour les admirer  ?

Des vautours dans les Pyrénées

S’il nous parait naturel, aujourd’hui, de voir des vautours dans les Pyrénées, ces magnifiques planeurs avaient pourtant pratiquement disparu dans les années 1920 à 1950. Leur allure, leur présence en groupe autour des cadavres et leur mauvaise réputation de charognard les avaient rendu si impopulaires qu’on les empoisonna en masse.

Parmi nos vueitres, le plus commun est surement le vautour fauve. Très présent dans les Pyrénées, il est moins installé sur le sol français. Le plus élégant est probablement le gypaète barbu. Enfin le plus petit est le percnoptère d’Egypte.

La maria bèra ou le vautour fauve

Vautour fauve
Le vautour fauve (Wikipedia)

Appelé généralement en gascon par le mot générique vutre, votre, voire, vueitre , voltre, voter [vautour], il s’appelle arrian, arrianglo, trango dans la vallée de Luchon et le val d’Aran. Dans le Lavedan, le vautour fauve prend le nom sympathique de maria bèra [belle marie, où belle laisse entendre que la bête profite bien, a de belles proportions].

Le gyps fulvus (en latin) est un oiseau lourd de 2,40 m à 2,80 m d’envergure qui se délecte des animaux morts. Champion de la collaboration, Il prospecte le terrain en groupe. Une fois le cadavre localisé, lo voltre descend rapidement en spirales. Ses voisins comprennent le message et le rejoignent bien vite. Cet attroupement de panamòrts [vole-morts litt., croquemorts] peut être assez impressionnant.

On le reconnait à son vol pesant, sa courte queue carrée et sa petite tête blanche rentrée dans sa collerette blanche à rousse. De plus près, on pourra voir son ventre fauve et ses ailes sombres. On le reconnait aussi à sa sociabilité. Il chasse et il dort avec ses copains. Les fientes sur les falaises permettent de localiser les dortoirs. Peut-être aussi, l’entendrez-vous croasser ou même siffler ?

      1. Gyps.fulvus

Lo cap arroi ou le gypaète barbu

Vautour gypaete barbu
Le gypaete barbu (Wikipedia)

Le gypaetus barbatus (en latin) est un magnifique animal de 2,70 à 2, 80 m d’envergure, donc à peu près comme le vautour fauve. À cause de ses ailes étroites, il ne ressemble pas vraiment à un vautour, plutôt à un faucon géant. Sa queue sombre forme un grand losange. Son ventre est d’un orange flamboyant en liberté, alors qu’il reste blanc en captivité ! Cet orange se retrouve aussi autour de son cou alors que son œil est souligné d’un épais sourcil noir qui finit comme une barbe sous le bec. Michel Camélat évoque dans Belina : la sanguinouse courade dou butre / la sanguinosa corada deu vutre [le sanglant collier du vautour]

Ce solitaire se tient éloigné des lieux d’agitation, plutôt à proximité des pierriers, et est plus difficile à voir et même à entendre car c’est un taiseux.

      2. Gypaetus.barbatus

El quebrantahuesos (© Fundación para la Conservación del Quebrantahuesos)

Comme les autres vautours, le cap arroi est un charognard mais c’est lui qui intervient en dernier sur le cadavre, car il mange les tendons, les ligaments, les os et leur moelle. Avec un gosier élastique et un estomac solide, il avale les petits os, jusqu’à 20 cm de long et 3 cm de diamètre. Il casse les gros os avant de les ingérer. Les Espagnols l’appellent d’ailleurs le quebrantahuesos [le casse-os]. Pour les casser, il peut emporter l’os dans les airs et le laisser tomber sur des pierres.

La maria blanca ou le percnoptère d’Egypte

Percnoptère (© https://www.aigles-daure.com/)
Le percnoptère (© https://www.aigles-daure.com/)

Il doit son nom à sa couleur blanche : maria blanca [marie blanche], pora blanca [poule blanche], bota dera bucata [buse de la lessive] selon les vallées.

Le neophron percnopterus  (en latin) se contente d’une envergure de 1,50 m à 1,80 m.  Très facile à reconnaitre par sa couleur blanche et ailes noires, sa queue blanche en forme de losange, il vit comme son gros cousin dans la montagne. Il se joint aux vautours fauves pour manger quelque carcasse mais aime bien aussi finir les restes, les détritus ou se servir dans les dépôts d’ordure.

      3. Neophron.percnopterus

La maria blanca est un migrateur qui passe l’hiver en Afrique où il ne dédaignera pas d’ouvrir un œuf d’autruche avec un caillou pour manger l’intérieur. Il fait partie des animaux qui savent utilise des outils.

La réputation des vautours

Nekhbet, la déesse
Nekhbet, la déesse vautour

Le vautour a été un animal vénéré dans d’anciennes civilisations. En Egypte, la déesse vautour Nekhbet protège le pharaon et l’Egypte. Des vautours vont repérer, pour Rémus et Romulus, l’emplacement de la ville de Rome. Chez les Grecs, le vautour est, à la fois, un messager de Zeus et celui qui mange le foie de Prométhée.

Mais au XVIe siècle vont apparaitre des peintures où des vautours (et des corbeaux) attendent leur proie à côté d’un gibet. Et de bonne augure, le vautour devient un oiseau de mauvaise augure.

Les dessins animés reprendront cette image. Et nos civilisations, plus urbaines et plus industrielles, en s’éloignant de la Nature, le discréditent.

Docteur Vautour

Vautours fauves
Extrait de la vidéo de Laurent Courier

Si l’homme se charge de recycler et traiter ses déchets, la Nature a tout un système de nettoyeurs qui font la même chose.  Les vautours, les corbeaux, les chiens errants, les rats entre autres se chargent d’éliminer les cadavres. Malheureusement, les chiens ou les rats par exemple, étant au contact de l’homme, peuvent aussi lui transmettre des maladies : peste, rage…

Le vautour, lui, est un équarrisseur… bienveillant ! En effet, en nettoyant les cadavres, surtout dans des endroits peu accessibles pour l’homme, il évite la propagation de maladies aux autres animaux et, par conséquence, à l’être humain. Une collaboration gagnante ! Eñaut Harispuru, accompagnateur en montagne, précise : L’avantage du vautour, c’est qu’il a un estomac très acide, qui permet d’aseptiser ou de supprimer tous les virus.  (La Dépêche, 2017)

Une montagne sans vautour ?

Dans Biological Conservation, déjà en 2016, deux chercheurs américains attirent l’attention sur la disparition extrêmement rapide des vautours dans le monde. Ainsi, le percnoptère d’Egypte est menacé d’extinction au niveau mondial. Dans les Pyrénées, on n’en compte plus qu’une vingtaine de couples. Le gypaète barbu ne compterait plus qu’une quarantaine de couples. Et le vautour fauve dans les 500 couples côté nord des Pyrénées.

Vautours fauves au Pays Basque
Vautours fauves au Pays Basque (© jpbphotos)

Les causes en sont la disparition des zones d’équarrissage naturel en Espagne et en France et la diminution du pastoralisme (appauvrissement de leur ressource alimentaire), la destruction de leur habitat, le dérangement par les randonneurs durant la couvaison, et l’empoisonnement en particulier par des cadavres de bêtes domestiques traités par des produits vétérinaires dangereux comme l’anti-inflammatoire, le diclofénac.

La mobilisation pour les vautours

Les deux frères Michel et Jean-François Terrasse font leur thèse en 1973 sur le vautour fauve. Ils comptent environ 60 couples dans les Pyrénées. Ils vont attirer l’attention sur cet oiseau et œuvrer pour lui, créant une association, le Fonds d’Intervention pour les Rapaces.

L’ONU a produit en 2019 un gros rapport montrant que nous débutons la sixième extinction de masse (la cinquième est l’extinction des dinosaures). Un million d’espèces sont menacées d’extinction.  Sa particularité est d’être générée par l’homme. Mais l’homme peut agir et arrêter le phénomène.

Le Vautour fauve, ses œufs, ses nids sont protégés au niveau national depuis juillet 1976 et par l’arrêté du 29 octobre 2009. Aujourd’hui, le rôle essentiel de ce nécrophage est mieux compris et plusieurs associations s’en préoccupent. Leur nombre a déjà augmenté (dix fois plus qu’au début des années 70).

Anne-Pierre Darrées

écrit en nouvelle orthographe, de 1990.

Références

Ausèths, Francis Beigbeder, 1986
vautour percnoptère, Parc National des Pyrénées
oiseaux mal aimés
Vautours en danger : pourquoi l’homme devrait s’en soucier, Félix Gouty, 2016
Vautour fauve et pastoralisme, LPO
Biodiversité, sixième extinction de masse, ONU, 6 mai 2019




Oiseau, ausèth, d’où vient ton nom?

Une suite à l’article Oiseaux du pays… Ausèths deu país

Après la parution la semaine dernière de l’article Oiseaux du pays… Ausèths deu país, Francis Beigbeder, l’auteur du livre dont nous nous sommes inspirés, a réagi en nous envoyant un de ses articles, passionnant, Les noms d’oiseaux en gascon, traces de mythologie. Merci à lui. En voici quelques éléments, piochés çà et là, pour mieux connaitre nos ausèths.

Adam a nommé tous les animaux de la terre et tous les oiseaux du ciel

Dieu a confié ce travail à Adam. Et cela a suscité des débats ! Dans le De vulgari eloquentia, Dante se demande comment Adam a parlé quand Dieu a amené les bêtes devant lui. Sur quelle base a-t-il nommé les animaux ? En donnant des noms qui convenaient à leur nature ? Des noms ad placitum, arbitraires ? Et bon sang, dans quelle langue ? Un débat qui durera assez longtemps et qui fait écho d’ailleurs aux préoccupations de Platon dans son Cratyle sur la question de la rectitude des noms.

Le Gascon a dû refaire le travail d’Adam

C’est sûr, Adam ne parlait pas gascon, nos ancêtres ont dû refaire le travail ! Francis Beigbeder nous renvoie à Pleitejat deus elements / L’aire, Lou Trimfe de la lengouo Gascouo de Jean Géraud d’Astros, 1642 et Lo concert deus ausèths de Géraut Bedot, 1642. Sans tout dévoiler, voici quelques exemples de noms d’ausèths.

Ausèths - La caga pluja. Pinson annonciateur de pluie.
La caga pluja. Pinson annonciateur de pluie.

Ausèths - La debassaira (tisseuse de bas). Mésange à longue queue.
La debassaira (tisseuse de bas). Mésange à longue queue.

Ausèths - Lo cahús minjamèca. Chouette effraie accusée de manger les mèches des cierges dans les églises.
Lo cahús minjamèca. Chouette effraie accusée de manger les mèches des cierges dans les églises.

Ausèths - Lo curè. La macreuse pour son habit de curé
Lo curè. Macreuse, pour son habit de curé.

Ausèths - La Maria blanca. Le percnoptère d'Egypte
La Maria blanca. Percnoptère d’Egypte.

 

 

 

 

 

Des noms d’ausèths pleins d’imagination

Grosso modo, les dénominations gasconnes sont liées à leur apparence physique ou à leur comportement. Bien sûr, nos ausèths peuvent avoir plusieurs noms. Cependant, on distingue rarement le sexe, même si lo perdic et la perdigau sont Monsieur et Madame perdrix.

Les noms peuvent faire référence à des personnages comme Jacon, hibou ou Joan de las cerisas, geai, à des costumes comme curè, macreuse ou Lueisha, linotte (qui semble effectivement avoir des lunettes), à des métiers comme la debassaira.

Les Gascons se réfèrent aussi à des êtres légendaires. Ainsi, Francis Beigbeder nous apprend que le rouge-gorge aurait tenté de décrocher les clous des mains du Christ, rougissant ainsi son poitrail d’où son nom pit-arroi (poitrail rouge) ou son titre de roi rei-pinçan. De même, Lo rei-Artús, le chat-huant, rappelle que le roi Arthur fut puni pour avoir quitté un office religieux afin de poursuivre un sanglier :
Lo rei Artús caça a travèrs los aires, e cacerà dinc au jorn deu jutjament. Mès lo praube òme hè pas grana presa. Gaha pas qu’ua mosca cada sèt ans. [Le roi Arthur chasse à travers les aires, et chassera jusqu’au jour du jugement dernier. Mais le pauvre homme ne fait pas grande prise. Il n’attrape qu’une mouche tous les sept ans.]

Et, plusieurs de nos ausèths portent des noms dérivés de Maria. Est-ce en lien avec le génie de la montagne basque, Mari ?

Tot aquò, es de bòn! Pourtant, les quinze pages du naturaliste vous en apprendront bien plus. Vous êtes curieux ? Allez voir !

Anne-Pierre Darrées

écrit en orthographe nouvelle




Oiseaux du pays… Ausèths deu país

Le guide des oiseaux de Gascogne

Le Guide des oiseaux d’Europe, livre de Roger Peterson, 1954 est la référence depuis plus de 60 ans. Il a été traduit en douze langues, vendu à plus d’un million d’exemplaires. Les illustrations sont claires, les contenus succincts et précis. Chaque oiseau est présenté sous son nom latin, anglais, allemand, espagnol, français, hollandais, italien, suédois. Oui… mais pas en gascon !

Heureusement, Francis Beigbeder publie en 1986 Ausèths. Avec une infinie patience, l’auteur a collecté les noms donnés aux oiseaux sauvages dans les différentes régions de la Gascogne. Il nous présente aussi tous les mots pour décrire un oiseau du bèc ou peruc jusqu’à la coda ou la coa (queue) en passant par le gaver, guiser ou gola (gorge) ou le curron ou le cuu (croupion).

Des noms d’oiseaux

Oiseaux en gascon - le martin pêcheur

Le joli martin-pêcheur s’appelle kingfisher en anglais, Eisvogel en allemand, Ijsvogel en hollandais, Kungsfiskare en suédois, Martin-pescatore en italien et Martin pescador en espagnol.

En Gascogne, l’oiseau s’appelle enfant blu (enfant bleu) ou ausèth blu (oiseau bleu) dans le Gers, guardarriu (garde rivière) ou sent Martin (saint Martin) en Gascogne maritime. On utilise aussi viravent (tourne vent) ou encore Bernat pescaire, Martin pescaire ou Guilhèm pescaire (en remplaçant pescaire par pesquèr selon les coins) selon les trois prénoms Bernard, Martin ou Guillaume-pêcheur.

Des oiseaux symboles

Le Gascon qui aime les images, se réfère à des oiseaux. Il comparera

– le paresseux à un bruant : Que hè coma la verdaula, deu lheit a la taula / Il fait comme le bruant, du lit à la table,
– un dépensier à une poule : Hès pas coma las garias, grapas pas en esparricar / Ne fais pas comme les poules, ne gratte pas [la terre] en éparpillant,
– un ingrat à un corbeau : Neuritz corbaishs e que’vs tiraràn los uelhs / Nourrissez des corbeaux et ils vous arracheront les yeux,
– ou une bavarde à une oie : Ua hemna e un aucat que tenguerén tot un marcat / Une femme et une oie tiendraient tout un marché.

Oiseaux en gascon - dessin d'un corbeau rigolardBien des proverbes utilitaires se réfèrent aussi aux oiseaux comme ce conseil : Quan canta lo corbàs, pren ta capa se t’en vas / Quand chante le corbeau, prends ta cape si tu sors.

Que disent les oiseaux gascons ?

À Aucun dans les Hautes-Pyrénées, les oiseaux parlent. La catla [caille] dit Tres per un, le pinçan marin [bouvreuil] Sofrit, sofrit et le pinçan [pinson] au chant si mélodieux Zi zi zi racalòri, Quan la cerisa sia madura, Jo que serèi neurit.

Enfin Elie Bonneau, de Montaner, a proposé un bien joli texte au concours bigourdan d’expression gasconne, La taula de multiplicacion, un conte que vau mes escotar que léger :

Quan la catla torna per noste au mes de mai que canta au miélher qui pòt, de matin, lo ser
e a l’escurada. Los qui comprenen lo parlar deus ausèths que saben çò qui canta. Que ditz :
« Sèt per ueit… set per ueit… »De segur qu’ei anada quauque drin a l’escòla mes, cap d’ausèth, que s’a desbrombat. Non hè pas sonque pausar la question.E las bèstias qui l’entenen que responen tà har créder que son mes sapientas qu’era. Jo qu èi volut saber, en las escotant, si cantavan la bona responsa. Qu’èi d’abord telefonat a Monsur lo Ministre de la Cultura tà saber si, au darrèr de totas las reformas de l’ensenhament, aquerò n’avè pas cambiat despuish que sòi sortit de l’escòla. Que m’a assegurat que non e que’u hèi confiança. Alavetz qu’èi passat quasi ua setmana a escotar cantar las bèstias deu parçan, las qui an duas patas, las qui n’an quate, las qui n’an mei e las qui n’an pas nada, tà’m har ua idèa deu lor saber. E ben ! Que v’èi a díser que las bèstias que cantan n’impòrta qué ! Aqueras feniantas qu’an de segur panat l’escòla hèra de còps. Mes alavetz quan « òm non sap pas, òm se cala ! ».Que’vs vau díser ací quauquas responsas qui èi entenut. Lo mensh qui pòdi díser, non son pas d’acòrd. Escotatz donc quan hè, segon eras, sèt per ueit !
Lo petit sapo, lo qui aperan cuc, que ditz : « Un, un, un ».
Lo gran harri, drin mei malin : « Dus, dus, dus ».
La. sèrp : « Tresss tresss tresss ».
La graulha : « Quaaate, quaaate ».
Lo pau : « Cinc, cinc, ciiinc ».
Lo vielh guiròt : « Sheisss, sheisssss ».
L’anhèth : « Sèèèt, sèèèt, sèèèèèt ».
La tora : « Ueiiit, ueiiiiit ».
Lo can : « Nau, naullh, nauhhhh ».
Lo martinet : « Vint, viiint, viiiint ».
La tortera : « Proooo, proooo ».
L’aulha : « Mei, meeeei, meeei ».
L’aso : « Seishanta, seish-anta ».
Lo chivau : « Hi, hi, hi », que s’arrid de l’aso mes no’n sap pas mei qu’eth.
Lo cocuth : « Beau-coup beau-coup ». Qu’ei un cocuth de París mes non conesish pas la responsa. E que disen que los parisencs qu’ac saben tot !E totun que n’i a un qui a trobat. Lo lapin ! Que s’a trobat la combina o que l’avé apresa a l’escòla. Qu’a lo parat de har petits cagalhòts. Que se n’a hèit ueit pielòts de sèt cada un e que’us a contats tots. Mes un lapin qu’a tanben lo malur de pas poder cantar. Alavetz non pòt pas díser la responsa ad arrés.E donc totun qu’èi entenut un ausèth a cantar la bona responsa. Si ! Si ! la garia deu vesin. Quan sòrt de har l’ueu que canta autant hòrt qui pòt : « Cinquanta sheis, cinquanta sheis » a tot copar ! Mes que’ vs vau díser ua causa : Si hè autant la fierosa, enter nosautes, n’a pas nat merit ! Que saberatz qu’ei la garia deu regent.

Et les oiseaux dans la littérature gasconne ?

Francis Beigbeder termine son livre sur les Auseths avec une sélection de textes que les meilleurs auteurs gascons ont consacré aux oiseaux. Nous avons choisi un poème d’un de nos grands poètes Joan-Geraut DASTROS (1594-1648), un représentant tardif de ce que Pierre Bec appelle « Le Siècle d’Or de la Poésie Gasconne »

Oiseaux en gascon - Auseths de Prima - poésie de Joan-Geraut DASTROS (1594-1648) avec traduction en français
Ausèths de prima – Joan-Geraut DASTROS (1594-1648)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

MOTS : catla, caille. — sapo, harri, crapaud. — pau, paon — guiròt, jars. — tora, buse. — tortera, tourterelle. — parat, chance, occasion. — cuc, alyte accoucheur, petit crapaud qui chante la nuit.

Anne-Pierre Darrées

Références

Ausèths, Francis Beigbeder, 1986